Pendant que les républicains font référence aux relations de Barack Obama avec Bill Ayers, un radical qui a fait partie du mouvement Weather Underground au début des années 70, les démocrates, pour leur part, ramène au premier rang de l’actualité les relations de John McCain avec l’homme d’affaires de l’Arizona Charles Keating, président de la Lincoln Savings&Loan, une caisse d’épargne californienne très florissante. McCain et quatre autres sénateurs - les Keating five - auraient usé de leur influence pour aider le banquier face aux régulateurs de l’activité bancaire et lui permettre de poursuivre ses activités risquées. Ce qui devait arriver arriva. L’entreprise de Keating a fait faillite et plus de 3,5 milliards de dollars appartenant aux épargnants se sont volatilisés. 20.000 épargnants californiens ont perdu leurs économies. Les faillites - 747 organismes de prêts aux particuliers font faillite - qui ont suivi ont provoqué des pertes de l’ordre de 120 milliards de dollars, pertes qui ont été épongés par le contribuable américain.
Le comité d’éthique du Sénat a, en 1991, conclu que McCain avait « manqué de jugement », faut-il s’en surprendre, en s’associant avec Keating.
La vidéo montre un homme qui n’hésite pas à se moquer ouvertement de ceux qui ont tout perdu, qui ne sont que des « pleurnicheurs ».
1987. Le banquier Charles Keating est déjà ciblé par la justice. Nonobstant cela, Keating, un ami proche de la famille, part en vacances au Bahamas avec John McCain et son épouse Cindy. Keating est également un financier de John McCain. Un chèque de 112 000 dollars, signé par Keating, est destiné à son ami sénateur de l’Arizona. La commission d’enquête parlementaire chargée de l’affaire Keating s’interroge sur les relations du sénateur McCain avec l’investisseur Keating.
McCain trempe jusqu’au cou dans ce scandale financier qui met à mal son image de héros américain du Vietnam brave et sans reproches. Quatorze mois d’auditions et de pénibles interrogatoires ébranlent McCain qui tente tant bien que mal de préserver son image d’homme intègre. Keating écope de douze ans de prison. La commission d’enquête blanchit McCain mais retient contre lui son « erreur de discernement ».
Le lancement de cette vidéo sur McCain tient d’Hollywood. Les démocrates ont créé un véritable mini-documentaire, en s’inspirant des grandes recettes de Hollywood. Une machine fantastique a été mise en marche, marketing, teasers et envoi de mails. Rien n’a été laissé au hasard. Le narrateur est nul autre qu’un ancien responsable des autorités de régulation.
Il ne sera pas difficile pour l’américain moyen de tracer un parallèle avec la citoyenne actuelle aux États-Unis. L’effet boomerang risque d’être dévastateur pour John McCain.
D’ailleurs, selon le "fact checking" de CNN, les informations de cette vidéo sont véridiques.
C’est bien d’avoir développé ce que j’avais signalé à Cent papiers avec la video ET Le lien www.keatingeconomics.com mais j’aurai apprécié que mon billet ne disparaisse pas !
J’attend des explications.
@Paul : Nous avons eu un petit pépin avec la publication de votre vidéo puisque le lien vers Youtube ne fonctionnait pas (http://www.youtube.com/watch% ?v=IDofbll86dY). Puisque Pierre R. avait soumis un article sur le même sujet, nous avons publié ce dernier.

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