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    • Étienne Blais
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    Grande Guerre : la première de deux guerres mondiales

    Une querelle à grande échelle

    le 4 novembre 2007 | 900 visites | 4.11 / 5 | 1 commentaire(s)
    Une querelle à grande échelle
    photo : pingnews

    À l’approche des commémorations du 11 novembre, le rappel de la fin des hostilités en Europe est toujours aussi vivace malgré le temps et la distance. Les Canadiens se rappellent par une mémoire suggérée au travers les signes et symboles déployés par le gouvernement canadien et l’association des anciens combattants.

    Guerres et conflits modernes ont pour point commun un tournant décisif de l’histoire européenne : la Première Guerre Mondiale. Nous pouvons tenter de jeter un regard nouveau sur cet épisode difficile de l’histoire de l’humanité. La grande majorité des participants de cette époque ayant disparus, il devient intéressant de renouveler l’étude de ce phénomène particulier, le recours à la mémoire peut ainsi laisser place à l’approche historique qui se veut plus objective.

    La Première Guerre Mondiale dans l’impasse

    Des stratégies furent mises de l’avant dès 1915 pour relancer la guerre de mouvement. Suite à la course à la mer et la formation d’un front statique à l’Ouest, les belligérants se trouvaient finalement dans un cul-de-sac. Pour soulager la pression énorme exercée de part et d’autres, les antagonistes auront recours à différents moyens pour se dégager de l’immobilisme. Les grands assauts démesurés se multiplient mais ne parviennent pas à changer l’allure du conflit. Du coté allemand, nous constatons une intensification des activités subversives (assistance à Lénine, livraison d’arme en Irlande). De plus, l’état major allemand va débuter l’utilisation d’armes nouvelles tels que les gaz moutardes, les zeppelins et le fameux U-Boot. La guerre sous-marine va tenter d’enrayer le flot continu de ravitaillement et étouffer l’économie adverse. Ensuite, pour se dégager de l’étau de la Triple Entente, l’Allemagne va chercher à s’allier avec l’Empire Ottoman pour créer un axe « Berlin, Bosphore, Bagdad ». En effet, elle fournira un soutien matériel et militaire pour aider à la formation de soldats turcs par l’octroi de conseillers militaires. L’Allemagne cherche de nouveaux alliés et veut s’assurer des ressources minières et pétrolières.

    Du coté franco-anglais, des démarches similaires vont permettre à l’Angleterre de signer une entente avec le Japon. Celui-ci va envahir les possessions allemandes en Extrême Orient et dans le Pacifique. L’ouverture de nouveaux fronts est envisagée. Gallipoli en Turquie et l’Arabie en sont des exemples. Les minorités nationales dans l’Empire d’Autriche Hongrie seront excitées dans le but de détourner l’attention de l’Allemagne et de ses alliés. Nous pouvons remarquer une ébauche de collaboration pour synchroniser les efforts de guerre avec la Russie tsariste.

    Finalement, on utilise les blocus économiques pour s’étouffer, on recherche de nouvelles armes pour surprendre l’autre, on applique de nouvelles techniques d’ingénierie pour se terrer d’avantage et résister à l’artillerie quotidienne, la guerre « totale » impliquant la société entière se met en branle, on tente d’appliquer l’efficacité industrielle et une logistique sans faille pour mettre fin dit-on à cette guerre le plus rapidement possible.

    La thèse controversée de Fritz Fisher

    L’historiographie allemande s’est orientée vers la négation de la responsabilité de la guerre. Au plus, elle reconnaît ses torts mais ne veut pas se voir attribuer la totalité de la faute. Fisher, un auteur allemand, a causé une onde de choc suite à la diffusion de sa thèse. Elle touche directement la sensibilité allemande sur un sujet litigieux : la responsabilité allemande lors de la Grande Guerre tel qu’écrit dans le Traité de Versailles (art. 231). Sa thèse soulève le point suivant : l’Allemagne impériale de 1914 a souhaité la guerre. Les faits énumérés dans sa démonstration énoncent l’ébauche d’une Europe germanisée imaginée par le Chancelier Hollweig. L’hégémonie allemande sur les états conquis (particulièrement la Belgique et la France) était souhaitée suite au conflit. Les mines et industries occupées devaient être orientées vers les besoins allemands. Les forts et toutes forces susceptibles de nuire neutralisés, la grande tutelle européenne pouvait devenir possible. Fisher a voulu démontrer la responsabilité de l’Allemagne par l’analyse de son plan de « match » qui se préparait avant le conflit. L’attitude de Guillaume II que l’on qualifiée de belliqueuse et erratique sont des éléments à considérer dans la poursuite de ce plan de domination continentale. L’État allemand industriel et moderne, avec un gouvernement socialiste démocrate, était coincé par une institution politique archaïque fortement influencée par la caste militaire qui se livre à des choix arbitraires. Les citoyens allemands payaient les frais sans mot dire de ce régime autoritaire.

    1917 : le vent tourne

    Suite aux échecs de Verdun et de la Somme, le conflit semblait continuer à s’enliser dans une bataille de « grignotage » de terrain. Deux événements majeurs vont venir perturber cet état des choses : la révolution bolchévique à l’Est et l’intervention américaine sur le théâtre opérationnel de l’Ouest. En premier lieu, malgré des succès en Galicie, le front de l’Est est en proie à la dislocation. À l’intérieur de l’État russe se prépare un changement politique inégalé. Le régime des Tsars est soumis à une pression continue des révolutionnaires communistes. Dès que l’armistice sera signé entre l’Allemagne et le gouvernement provisoire russe, l’état major allemand pourra disposer d’une partie de ses troupes et les renvoyer vers l’Ouest. Le rapport de force sera à l’avantage de l’Allemagne qui est maintenant dégagée de l’encerclement allié.

    La fin de l’isolationnisme américain et son intervention en Europe sera le 2e événement majeur de 1917. L’arrivée massive de troupes fraîches et de matériel de guerre va donner des ailes aux troupes franco-britanniques épuisées et hagardes. La production industrielle et civile américaine sera un atout majeur pour mettre à genou les empires centraux. L’avantage va alors tourner en faveur des alliés de l’Entente. En réaction, l’Allemagne va débuter une guerre sous marine à outrance, liquidant même les survivants des naufrages. Ce tournant du conflit signifie aussi la fin des tentatives de rapprochement et de paix. De plus, les armes sophistiquées comme le tank seront mieux déployées. Les grandes offensives telles le Chemin des Dames (Nivelle) seront soigneusement évitées. En effet, les soldats exigent des officiers une planification rationnelle du combat autrement ils se mutinent ou désertent. Les grèves s’intensifient en France. Pour sa part, l’Allemagne a faim, elle se préoccupe plus de ses enfants que de la misère des combattants. Elle se voit contraint à un match nul ou la défaite.

    L’Allemagne seule responsable de la guerre ?

    Le conflit est issu d’une multitude de facteurs diverses. L’Allemagne est l’une des factions ayant été responsables de l’échec de la paix. Voyons maintenant les causes profondes de ce conflit pouvant expliquer pourquoi l’Allemagne n’est pas seule responsable de ce désastre. Tout d’abord, l’échec du système diplomatique et de la politique d’alliance par bloc. Pour briser l’isolement ou être capable de se défendre, les états ont choisi de nouer des alliances commerciales et militaires pour s’assurer une sécurité et viser la suprématie. Par exemple, nous pouvons citer la « cordiale entente » entre Français et Anglais concernant le partage de l’Afrique (l’assistance mutuelle lors de l’intervention allemande au Maroc). Aussi, nous pouvons énumérer la constitution de la Triplice (Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie) ainsi que la Triple Entente (Angleterre, France et Russie) qui constituent des pactes défensifs et stratégiques. Ce système contraignant peut provoquer des étincelles surtout lorsque deux états antagonistes ont des visées communes (Panslavisme russe et zone influence allemande aux confins de l’Empire Ottoman). Ensuite, nous pouvons observer une recrudescence des rivalités économiques par l’augmentation du tonnage en mer. L’Angleterre suivant sa politique de 3 vaisseaux anglais pour 1 vaisseau concurrent, est alors poussée a produire de plus en plus de navire pour garder son avantage. L’Allemagne, nouvelle puissance industrielle, débute la construction d’une flotte imposante. Elle aspire aussi à devenir un joueur d’impact dans le commerce international. La flotte anglaise réparti dans le monde et la flotte allemande concentrée en mer baltique vont créer des tensions nouvelles. Même si Guillaume II va visiter l’amirauté anglaise en habit d’amiral britannique, il est évident que les deux états développent un antagonisme de plus en plus corsés.

    Par après, les politiques de laisser-faire et la culture d’une psychose de guerre sont responsable du débordement généralisé. Citons le « splendide isolement » anglais et l’isolationnisme américain qui ont servi au développement de l’impasse. Une intervention dans les affaires mondiales auraient pu amoindrir les conflits et réduire les prétentions belliqueuses. De plus, les crises sociales et nationales n’étaient pas comprises ni réglées. Le pacifisme et le socialisme ont été des courants qui furent écartés par les tenants de l’ordre ancien, la nouvelle bourgeoisie capitaliste ou bien les militaires. Dans les écoles et les journaux, la peur de l’Autre et la promotion nationale font en sorte de créer une aversion de l’état voisin. La guerre se prépare sur plusieurs plans et semble inévitable.

    Finalement, plusieurs thèses ont tenté d’expliquer les causes profondes de ce conflit. L’auteur Kautsky énonce qu’il faut imputer la faute à l’ancien régime militariste allemand et non à l’Allemagne républicaine. Lénine pour sa part déclare que cette guerre est avant tout idéologique où l’impérialisme économique est le responsable de la débâcle. Bradshaw a fait sa thèse sur l’échec de la diplomatie par bloc et dans l’inefficacité des traités secrets. Il s’inspire des quatorze points du président Wilson pour démontrer comment ce système était condamné à l’échec. Ensuite, Renouvain nuance la responsabilité de l’Allemagne par une explication de lutte entre empires. En résumé, les pays européens se sont construit des plans « défensifs » rigides (plan 17 français et plan Schlieffen allemand) de mobilisation et de calculs logistiques ferroviaires qui vont s’associer à un manque de communication créant une force irrésistible les poussant à se fracasser les uns sur les autres.

    POST-SCRIPTUM : Sources : Cours 1ere Guerre Mondiale, HST 414, Université de Sherbrooke.
    Publie.ca!
    Mots-clés : france , canada , allemagne , europe , Angleterre et Politique

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  • 1 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • SAINT-PAUL MARIE JOHANA

    EST-CE QUE APRèS LA 1ERE GUERRE MONDIALE SE QUI S’EST PASSè ?

    8 novembre 2007 | répondre | permalien

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