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    Une pilule de 1,2 milliard de dollars difficile à avaler

    le 24 mai 2006 | 1073 visites | 3.65 / 5 | 5 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Une pilule de 1,2 milliard de dollars difficile à avaler

    C’était en première page de presque tous les quotidiens montréalais la semaine dernière. Ironiquement, même les vieux journaux ouverts et piétinés abandonnés dans le métro affichaient la nouvelle. La société française Alstom ne digère vraiment pas la plus récente décision du gouvernement québécois dans le dossier du remplacement des voitures du métro montréalais. Compréhensible ? À vous de juger.

    D’un côté, on peut difficilement être opposé à la décision du gouvernement Charest. Les retombées économiques découlant de cette décision sont énormes pour la province. Même à coût égal, Alstom n’offrait pas les mêmes avantages, elle qui n’aurait même pas fabriqué les voitures au pays. Cette désision a également une certaine valeur symbolique pour le Québec. Dans le cabinet Charest, on se défend bien de vouloir protéger la santé fragile de l’économie québécoise.

    Cependant, il est aussi facile de comprendre la frustration des dirigeants de la société française qui estiment avoir été victimes du favoritisme du gouvernement. Plus important encore, Alstom n’aura même pas eu la chance de mettre une proposition officielle sur la table, le gouvernement ayant attribué le contrat à Bombardier sans appel d’offre.

    Les propos du président d’Alstom, Patrick Kron, ont été des plus sanglants lors de son plus récent point de presse. Celui-ci refuse d’entendre le principal argument du gouvernement québécois voulant que la décision ait été approuvée par les instances légales. M. Kron a même affirmé qu’il ne serait pas impossible qu’il en appelle de cette décision devant les tribunaux de France, de l’UE et de l’OMC.

    Ce qui pourrait être encore plus grave pour Bombardier, en supposant que cet appel devant les tribunaux ne serve à rien, c’est que cette soif de vengeance pourrait amener Alstom et les autorités françaises à servir cette même médecine à Bombardier, mais du côté de l’Europe. C’est ce que semble souhaiter M. Kron.

    Cette querelle n’est certainement pas souhaitable considérant la situation actuelle du commerce entre le Canada et l’Europe. Selon le Conference Board, nos exportations vers l’Europe compteraient aujourd’hui pour seulement 5,6 % du total des biens et services qui sortent du pays. Il semble également que la situation de l’investissement direct étranger ne se porterait pas réellement mieux.

    Bref, il ne reste qu’à souhaiter que le président d’Alstom avale sa pilule et accepte cette déception de 1,2 milliard de dollars. Espérons aussi que cet épisode ne soit pas le premier d’une longue série de politiques économico-nationalistes, bien en vogue ces temps-ci ailleurs dans le monde.

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    Mots-clés : montréal et Économie

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  • 5 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Selon certains employés de la STM, il paraît qu’il était beaucoup plus agréable de traiter avec Alstom qu’avec Bombardier, parce que les premiers parlaient français, contrairement à Bombardier...

    24 mai 2006 | répondre | permalien

    Ce qui rend le malaise encore plus énorme dans cette histoire, c’est que le gouvernement Charest a servi l’argument du carnet de commandes vide pour attribuer le contrat à Bombardier. Or, depuis l’annonce, Bombardier se fait littéralement enterrer par de nouveaux contrats venant d’un peu partout à travers le monde. Pour eux, le "timing" est excellent, mais nous pouvons coire que les dirigeants d’Alstom n’ont pas fini de rager !

    24 mai 2006 | répondre | permalien
    • ANONYME

    Bombardier est très présent en Europe, et si les états européens décidaient de boycotter cette entreprise à leur tour, les bénéfices de Bombardier plongeraient. On joue le jeu ou on ne le joue pas. Si on devient toujours plus protectionniste, les autres font pareil, et on se retrouve avec des barrières douanières et des histoires vieilles de dizaines d’années (négociations très difficiles à l’OMC). Franchement, c’est n’importe quoi ! Ils auraient dû faire un appel d’offre et prendre les meilleurs (et c’est probablement Bombardier qui aurait gagné -> fabrication locale notamment, ce qui compte pour être le "meilleur") etc...

    25 mai 2006 | répondre | permalien
    • Michel Fortin

    • site

    Je suis tout à fait d’accord. Ils auraient au moins du lancer un appel d’offre pour que la compagnie française puisse montrer ce qu’elle avait à offrir. Donner le contrat sous la menaces de fermeture d’une usine me semble un peu ridicule, mais bon, ça a marché. :-|

    26 mai 2006 | répondre | permalien
    • ANONYME

    une hypthese pour la position d’Alstom : un contrat de renouvellement de la flotte de transilien vieillissant est en cours de signature (NAT), le marché porte sur quelques 200 rames de 7 voitures et devinez qui est bien placé dans la nego.... Bombardier. Alstom se servirai donc de ce pretexte pour deposer un recours devant les tribunaux en disant que c’est grace a la marge degagée sur les marché quebecois que BT a reussit a casser les prix... mais ceci n’est qu’un hyptohese

    15 juillet 2006 | répondre | permalien

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