
Le Directeur général des élections a décidément la mèche courte dans cette campagne électorale. Des blogs sont inspectés, des mises en demeures transmises à certains sites et associations étudiantes, des séquences vidéo retirées de Youtube, rien n’échappe au DGE. Le but de ces opérations est louable : toute manoeuvre politique durant la campagne électorale doit être comptabilisée si elle favorise ou défavorise l’un ou l’autre des candidats ou des partis.
La coalition des manufacturiers Québécois, avec l’ancien ministre libéral Robert Dutil en tête, a été mise à l’amende en raison d’une publicité illégale favorisant un parti dont vous devinerez facilement le nom. Même S.O.S. Parc Orford pourrait écoper : la manifestation qui se tiendra ce dimanche à Orford pourrait faire l’objet d’une poursuite du DGE si elle s’avérait trop politique. Le message de la part du DGE est clair : l’époque ou les groupes de pression pouvaient librement ajouter leur grain de sel à une campagne électorale est révolue.
À bien y penser, l’est-elle vraiment ?
Le gouvernement du Canada, par le biais du premier ministre Stephen Harper ainsi que du ministre des Transports Lawrence Cannon, vient probablement de commettre la plus grotesque ingérence durant la présente campagne électorale. En évoquant que le gouvernement du Canada ne corrigera le déséquilibre fiscal qu’avec un gouvernement fédéraliste à Québec, le fédéral défavorise clairement (et c’est bien sûr le but de cette stratégie) le Parti Québécois. Tout le système démocratique québécois s’en trouve, ce faisant, désavoué.
On peut comprendre que les conservateurs aient des affinités (le mot est faible) avec Jean Charest. De manière similaire, il est dans l’ordre des choses que Gilles Duceppe favorise le Parti Québécois. Il s’agit de gestes politiques. Or, que les conservateurs se servent du gouvernement du Canada, financé à même nos impôts, pour s’ingérer dans le débat démocratique québécois constitue une faute incommensurablement plus grave que celle commise par les fédérations étudiantes ou la coalition des manufacturiers.
Voilà une occasion pour le Directeur général des élections de prouver réellement son utilité.
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