
Mercredi dernier, l’auteur et polémiste Victor Lévy-Beaulieu critiquait ouvertement et sans retenue la chef du Parti québécois dans La Presse et Le Devoir. En fait, si Lévy-Beaulieu est sorti, une fois de plus, de ses gonds, c’est que Pauline Marois a affiché son désir de permettre aux Québécois d’apprendre l’anglais de façon plus intensive, dès le primaire. Certains ont interprété cette déclaration comme un affront envers la langue française, mais Mme Marois précise bien, dans la lettre qui suit, qu’elle ne veut pas que le Québec devienne une province bilingue, mais bien que les Québécois aient l’opportunité d’apprendre l’anglais. Voici donc, dans son intégralité, la lettre de la chef du PQ à ce sujet.
Bonjour,
Avant que des propos plus excessifs ou plus incohérents soient encore dits ou écrits, j’aimerais remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne mes propos sur l’apprentissage intensif de l’anglais. Car loin de moi l’idée de faire du Québec un État bilingue !
Il faut faire la différence entre le bilinguisme d’une personne et celui d’une société et de ses institutions. Je suis et serai toujours farouchement pour que l’on vive et travaille en français au Québec.
J’assiste à une levée de boucliers de personnes qui confondent les chances égales aux luttes que nous avons dû mener, et que nous devons continuer de mener, pour protéger notre existence comme francophones au coeur de l’Amérique. Il y a confusion des genres.
Le Québec doit renforcer les critères d’application de la Loi 101, intensifier la protection de notre langue, garantir sa visibilité, s’assurer d’un meilleur apprentissage du français tant pour ceux qui arrivent ici que pour nos propres enfants. C’est un projet de loi qui va exactement dans ce sens que j’ai déposé à l’Assemblée nationale. Car là est notre premier défi. Et notre vraie lutte !
En fait, qu’ai-je dit en parlant de l’apprentissage intensif de l’anglais ? Deux choses.
D’abord, et on semble l’oublier, que nos enfants parlent, écrivent et lisent leur langue maternelle avec plus de rigueur.
Comment ? En faisant en sorte que de la première à la quatrième année, ce soit le français qu’ils apprennent, et le français seulement, pour que, avant de savoir les mots d’une autre langue, ils soient capables d’écrire, de lire, d’épeler la leur.
Voilà ce que j’ai d’abord dit.
J’ai aussi dit que, dans l’époque où nous vivons, dans la réalité dans laquelle nous plonge la mondialisation, je souhaitais que le monde s’ouvre à tous les enfants du Québec et qu’il n’y ait pas de limites à leurs aspirations. La méconnaissance d’une langue est souvent une barrière importante. C’est pourquoi j’ai proposé qu’à compter de la cinquième ou la sixième année, tous les enfants aient la possibilité d’apprendre de manière intensive l’anglais. Pas seulement une certaine élite, pas seulement ceux qui vivent dans les milieux urbains, tous les enfants du Québec. Parce qu’aujourd’hui, nous sommes à un clic de souris du monde et que nous devons inscrire la réussite de nos enfants et celle de notre société dans cette réalité. Et je ne propose pas de modèle uniforme.
Actuellement, dans de nombreuses écoles à travers le Québec, de telles initiatives existent et souvent depuis longtemps. La plupart du temps d’ailleurs à la demande des parents. Comment cela se passe-t-il ?
Très souvent, dans certains cas, dès la quatrième année, les enfants étudient toutes les matières de leur programme scolaire au cours du premier semestre. Au deuxième semestre, ils se livrent uniquement à des activités d’apprentissage en anglais.
Dans d’autres cas, l’apprentissage des matières du programme scolaire se fait le matin et l’anglais intensif l’après-midi. L’exemple des cours d’histoire était-il un bon exemple ? Pas du tout ! J’en conviens. Il est vrai que, pour que les matières essentielles soient bien assimilées, elles doivent être bien comprises.
Mais sur le fond des choses, la réalité reste la même.
Au Lac-Saint-Jean, à la commission scolaire du même nom, le programme d’anglais intensif existe depuis 13 ans. Aujourd’hui, 17 des 21 écoles primaires y participent. Dans la majorité des écoles, le programme est ouvert en sixième année. Quelques écoles le donnent en cinquième année. La région du Lac-Saint-Jean est-elle devenue bilingue ?
Est-ce que l’on peut réussir en ne parlant que français ? Bien sûr ! Mais est-ce qu’on ajoute aux chances de nos enfants en leur offrant d’apprendre correctement une deuxième et une troisième langue ? Certainement ! Et c’est ce que je veux pour les enfants du Québec, pour qu’ils puissent aller aussi loin que leurs rêves les porteront.
Pauline Marois
Chef du Parti Québécois
/BOUCLE_video>Madame Marois n’avait pas à intervenir sur cette question. C’est entièrement inutile. N’importe quel citoyen du monde peut devenir bilingue s’il le désire. Vraiment maladroit de la part de la cheffe d’un parti souverainiste (on se demande parfois s’il est encore...) de faire la promotion de l’apprentissage de l’anglais.
Vous êtes sans doute une fière partisane du Parti Québécois et une admiratrice de Mme Marois. Mais vous n’avez pas à servir de mégaphone pour l’exécutif du parti. Il n’y a pas de mal à critiquer son chef de temps à autre. Surtout lorsqu’elle s’éloigne des priorités du parti à des fins populistes. Nous avons Mario Dumont, c’est assez !
D’être fier et de parler sa langue maternelle et une chose. D’être habile dans d’autres langues, et pas seulement l’anglais, et une compétence très spéciale et importante, surtout dans le contexte nord-américain et mondial. Plus nos enfants seront éduqués auront de compétences, plus ils seront en mesure de prendre part au futur du Québec et de percer dans le monde entier. L’important c’est de mettre notre culture et notre langue en importance et d’être fier de notre héritage.
Seriez-vous contre la culture ?une deuxième langue n’a jamais fait de mal bien au contraire et puis l’avenir ;désolé ; c’est l’anglais et l’arabe.quand à "deux verbes qui se suivent le dernier se met à l’infinitif "c’est une vieille histoire.
@ Lutopium
Loin de moi l’idée de servir de mégaphone pour l’exécutif du PQ. En fait, ce que j’ai cherché à faire, en publiant cet ’article’, c’est de permettre aux gens de voir les deux côtés de la médaille. D’une part, la version de Lévy-Beaulieu et, d’autre part, celle de Mme Marois.
Je pense que tous ces ’gossages’ politiques rendent le milieu malsain et peu attrayant pour le commun des mortels. Il serait bien de s’accorder un peu et de se mettre en accord pour faire avancer le Québec, avec des compromis, certes, mais en conservant une certaine ligne directrice.

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