• Manx

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    • Je m'appelle Maxime, mais mes amis m'appellent Manx, à cause de l'Île de Man (que je ne connais pas)... Allez savoir pourquoi. J'étudie en génie des bioressources à l'université McGill et j'aime bien parler d'enjeux environnementaux, d'agriculture ou d'autres sujets. Je mords si on me mord, sinon j'arrive à être gentil.

    Un commerce écologique

    22 octobre 2008 | 0 commentaire(s) | 112 affichage(s)

    Mis à part dans l’esprit des plus obtus, les gens sont arrivés à accepter que l’économie et le commerce peuvent se mêler grâce à des mesures gouvernementales qui exigent que les entreprises adoptent des comportements jugés acceptables par la population. Comme une entreprise n’a, pour base, que le but de générer des profits, il faut donc qu’il soit profitable d’avoir des comportements plus écologiques. Le protocole de Kyoto avait d’ailleurs inclus un point important qui était de diminuer progressivement les investissements dans les secteurs émettant beaucoup de GES (le gouvernement Canadien continue encore à financer le pétrole, un secteur très rentable).

    Les moyens pour transformer cette économie en écologie ne font toutefois pas toujours l’unanimité. Malgré tout, le Québec fait finalement partie d’une bourse du carbone, qui n’a pas attendu après le gouvernement Canadien pour se former. D’ici 2012, le système devrait être implanté. Le governator lui-même a d’ailleurs raillé un peu les institutions fédérales du Canada et des États-Unis, plus lentes à agir que les 4 provinces et les 7 états pionniers d’Amérique du Nord qui travaillent à l’implantation de ce système, ouvertement appuyé par la CCM (Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain) et autres chambres de commerce du Québec.

    En vérité, les entreprises, comme les gouvernements, ont une entropie majeure au niveau de l’environnement. Malgré le Colorado Institute et les entreprises qui, chiffres à l’appui, ont prouvé qu’il était rentable de prévenir le gaspillage et de construire pour économiser les ressources et limiter les produits sortants, peu d’entreprises ont pris ce virage à moins d’y être forcées. La bourse du carbone sera-t-elle le moyen de les faire réagir ? Wal-Mart, 3M (qui innove dans le domaine depuis 30 ans), Interface et plusieurs autres n’en ont pas eu besoin pour agir et sauver de l’argent, mais si c’est ce que ça prend pour innover…

    Une autre solution existe aussi, et c’est celle d’aider les consommateurs (citoyens et corporatifs) à adopter les bons comportements en émettant une taxe sur le carbone. Le concept est relativement simple ; pour qu’une telle action soit acceptable, il ne faut pas que cette taxe soit une nouvelle dépense pour un ménage. Il faut que ce soit une taxe neutre, c’est-à-dire que l’argent que le gouvernement empoche en taxes doit être économisé ailleurs dans la poche du citoyen (en impôt, c’est la façon la plus logique de faire). En mettant un prix sur les émissions de carbone via des taxes sur les produits qui en émettent traditionnellement le plus (les combustibles fossiles comme le charbon et le pétrole, par exemple), on donne un coût aux dommages environnementaux.

    Pour l’instant, une bonne partie des revenus gouvernementaux vient de l’imposition aux entreprises et aux particuliers. La taxation, c’est une façon de faire payer les gens pour un comportement. Pour l’instant, on taxe, via l’impôt progressif, les gens pour s’enrichir. C’est logique, car ces personnes ont plus d’argent à leur disposition, mais d’un autre côté, dans un monde où l’on prétend que la création de richesse passe par l’enrichissement, cela paraît étrange de pénaliser les gens financièrement parce qu’ils s’enrichissent.

    Au lieu de cela, utilisons notre système de taxation pour inciter les gens à avoir un comportement préférable, comme l’action de moins polluer. Pour cela, il suffit de retirer une partie de notre imposition et de le transférer sur une taxe sur le carbone. Au lieu de pénaliser les gens qui s’enrichissent et ont les moyens de payer (il faut le faire malgré tout, à mon avis, et je crois que cela est un service social), pénalisons aussi les personnes qui ont un comportement qui fait qu’ils émettent plus de gaz à effet de serre nuisant à la qualité de l’air, ou qui utilisent des sources d’énergie non-renouvelables. En temps normal, une règle de pouce dit que les gens plus riches émettent plus de GES, et cela ne devrait pas changer de beaucoup les revenus des gens. Par contre, cela conscientisera les gens que de savoir qu’une partie de l’argent qu’ils donnent au gouvernement est due à leur empreinte écologique et qu’une manière d’économiser de l’argent en impôt, c’est de polluer moins.

    C’est pour cela que durant la campagne, 230 économistes ont donné leur appui à un système de taxes sur le carbone, comme le proposait le PLC. Selon eux, une économie saine passe par un environnement sain. Il faut dire que le système de taxe sur le carbone est une idée lancée depuis longtemps et qui obtient de plus en plus d’appuis. Paul Hawken a révolutionné le monde corporatif dans les années 1990 en montrant, dans son livre The Ecology of Commerce, que les environnementalistes, à ce moment les ennemis jurés des entreprises, avaient raison de protester et qu’il existait des façons (comme la taxe sur le carbone) pour repenser l’économie mondiale et réussir à rallier les mots “écologie” et “économie” sans avoir recour au greenwashing.

    Le climat économique actuel nous montre que ce n’est pas l’implantation d’une perspective écologique à l’économie que nous devons craindre. Ce que nous devons craindre, c’est l’imprudence démesurée et la mauvaise gestion économique. Plusieurs personnes voient, dans cette crise actuelle, une occasion de transformer l’économie, de “repenser le capitalisme actuel”. Lui permettre de mieux répondre aux perspectives environnementales d’avenir, via un système de taxe sur le carbone, devrait aussi être envisagée.

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