• Un bon garçon ?

    8 novembre 2007 | 4 commentaire(s) | 3 affichage(s)

    Résultat : un des deux incompris quitte la chaussée et fauche une gamine de 3 ans qui jouait sur son terrain. Elle meurt sur le coup. Les deux jeunes, paniqués parce qu’ils viennent soudainement de sortir de leur profond coma d’adolescents attardés, réalisent à la dure qu’une automobile devient une arme mortelle lorsqu’elle est dans les mains d’irresponsables inconscients comme eux.

    Trop tard. Ils sont arrêtés et amenés en prison. Après quelques jours passés derrière les barreaux, ils doivent se présenter devant le juge pour recouvrer leur liberté. Le juge Robert Lafontaine acquiesce à la demande des avocats de la défense moyennant une caution monétaire distincte, 7000$ pour Brandon Pardi et 4000$ pour l’autre jeune dont l’identité ne peut être révélée parce mineur.

    Dans son argumentaire, le bon juge, dans sa grande sagesse, affirme, et je cite : « que le jeune Pardi est un bon garçon avec une bonne famille ». Je relis pour être certain de ne pas rêver. Et je m’étouffe, littéralement. Moi qui croyais avoir affaire à une accusation grave de conduite dangereuse ayant causé la mort. On ne devrait pas remettre en liberté des gens accusés d’un tel crime.

    Mais il vient de tuer une enfant en faisant une course automobile, dans l’auto de son frère, ALORS QU’IL N’A QU’UN PERMIS PROBATOIRE. Et vous appelez cela un bon garçon ? Le juge, que je soupçonne de sénilité, n’a pas pris en compte le fait que le frère de Brandon, Chad, ait permis à son frère de prendre sa bagnole alors qu’il est seulement un apprenti. Et je ne parle même pas de la cocotte de cannabis qu’on a trouvé dans l’auto de ce « bon garçon ».

    Et que font les parents de ce petit voyou ? S’ils n’ont pas été capables de l’encadrer avant sa course folle dans l’Île Perrot, comment feront-ils pour le contrôler après-coup ?

    Est-ce quelqu’un peut m’expliquer où est l’intérêt public dans tout cela ? Qui protège le public dans cet autre épisode burlesque de la justice en folie ? Je comprends l’avocat de la défense qui cherche à réduire au minimum les conséquences judiciaires de son client. Mais le juge, lui, a l’obligation de prendre l’intérêt public en délibéré avant de rendre une décision aussi importante que celle de remettre en liberté deux écervelés. Même si on leur enlève leur permis de conduire, rien ne peut garantir qu’un sans génie qui conduit seul avec un permis probatoire peut respecter la décision d’un juge qui lui enlève ledit permis. Les remords seuls peuvent leur faire comprendre le bon sens. Et pourquoi faut-il attendre jusque-là pour se mettre un peu de plomb dans la tête ?

    Et la responsabilité parentale dans tout cela ?

    Cette tragédie doit nous interroger sur les responsabilités parentales. Vivant à Vaudreuil depuis 5 ans, je gagne ma vie de travailleur autonome en traduction de la maison. Aussi, je joue fréquemment au tennis à Vaudreuil et Dorion. Je suis donc bien présent pour observer les comportements délinquants de ses habitants.

    Hormis les nombreux cas de vandalisme sur les installations publiques, notamment les terrains de tennis, il y a des problèmes que je qualifierai de civilisationnels dans les rapports qu’entretiennent les parents avec leurs enfants. En effet, plusieurs dizaines de jeunes flânent régulièrement dans les stationnements du centre communautaire et du parc jouxtant l’école primaire (derrière Première Moisson), à Dorion.

    Durant l’été, il n’est pas rare qu’on retrouve en ces lieus entre 20 et 40 jeunes dont la seule occupation est de crier, faire crisser les pneus, flâner, intimider les plus jeunes qui passent et faire des courses en auto et en scooter.

    Évidemment, la police a un rôle à jouer dans le maintien de la paix sur notre territoire. Mais la question que je me pose, et que je vous pose en même temps, est la suivante : où sont les parents ? Que font-ils de leurs enfants ? D’après le code civil du Québec, ils ont l’obligation légale de les éduquer pour qu’ils soient respectueux des règles de vie en société. Autrement dit, que font-ils pour ne pas que leurs enfants deviennent des voyous ?

    Il est trop facile de mettre le blâme sur les policiers qui ne font pas leur travail. On ne peut quand même pas mettre un policier derrière chaque individu. Pour faire de bons citoyens, ça prend des valeurs (vous savez, savoir distinguer le bien et le mal), une éducation et une autorité morale qui les suivront partout où ils iront dans la vie. Des qualités que trop peu de parents peuvent s’enorgueillir de posséder aujourd’hui, au Québec.

    Il est cependant beaucoup plus difficile de faire son autocritique parentale. Cela prend du courage, de la lucidité et de l’humilité. Se poser, par exemple, les questions suivantes : élevons-nous des enfants-rois capricieux, inconscients, égoïstes et à la limite du barbarisme ? Sommes-nous trop laxistes, mous et incapables d’autorité pour transmettre des valeurs qui vont au-delà d’un amour puéril et inconscient du parent-ami ? Abdiquer son rôle de parent, c’est éviter d’imposer son autorité lorsque les circonstances l’exigent, pour guider et replacer des enfants qui vont dans la mauvaise direction. Tout le drame de notre société se trouve précisément là. Ce qui fait que des meurtres par inconscience se reproduiront jusqu’à ce que notre société remette aux parents les responsabilités qui leur reviennent. Pas avant. Amen !

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  • 4 commentaires

    • Renart L’éveillé

    Bravo ! Excellent texte qui décrit bien notre société sclérosée où le manque de temps nous oblige à prendre des raccourcis…

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   9:12, le Jeudi 8 novembre 2007
    • Pierre R.

    Monsieur Bolduc

    Votre article m’inspire deux questions :

    a) le juge a-t-il rendu son verdict à ce jour ?

    b) avez-vous fait une enquête approfondie sur la famille Pardi ?

    Salutations

    Pierre R.

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   11:25, le Jeudi 8 novembre 2007
    • Daniel Bédard

    Le fait d’avoir volontairement retiré mon dernier commentaire m’inspire tant qu’à moi celui-ci :

    La mission du Conseil de presse à l’égard de ces journalistes-citoyens est-elle aussi de faire en sorte que ceux-ci puissent assurer ce droit du Public à l’information tout en ayant droit pour se faire à la liberté de Presse.

    Est-ce que Pierre R. aurait par hasard des droits que les autres n’ont pas dans Cent-papiers ou ailleurs ?

    On voit que vous avez à gagner encore en maturité. Mais il faut bien que tous fassiez vos erreurs. Mais encore serait-il louable de simplement les avouer pour le bénéfice de tous les lecteurs !

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   10:29, le Vendredi 9 novembre 2007
    • Anonyme

    bravo akristian bolduc vous n avez jamais si bien dit de tout les commentaires que j ai vu a date c est le plus sense voila ce qui arrive avec les enfants ROIS PAULYNE DE LA BEAUCE

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   1:29, le Dimanche 18 novembre 2007

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