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    The Incredible Hulk -Se tirer dans les murs, littéralement

    le 27 juin 2008 | 293 visites | 4.00 / 5 | 0 commentaire(s)

    Cet article de Charles-Louis Thibault est gracieusement offert par Sep7. La version originale a été publiée à cet endroit.

    The Incredible Hulk -Se tirer dans les murs, littéralement

    Un film de Louis Leterrier, avec Edward Norton, Liv Tyler, Tim Roth, William Hurt, Tim Blake Nelson, Christina Cabot, Lou Ferrigno, Martin Starr et Ty Burrell. États-Unis, 2008, 114 min. (« L’incroyable Hulk » en version française)

    Bruce Banner, l’alter ego de Hulk quand il est relaxé, s’impose un exil volontaire loin de ceux qu’il aime, pour tenter de trouver un remède à sa condition. Dans une favela brésilienne misérable, il mène ainsi ses recherches et apprend à contrôler ses émotions afin de pouvoir maîtriser le monstre qui l‘habite, à défaut de s’en débarrasser. Mais le général Ross, obsédé par la capture du géant vert, le traque jusqu’au Brésil et le force à revenir au pays. Un des soldats chargés d’appréhender Banner, Emil Blonsky, fasciné par la puissance de Hulk, s’associe avec Ross et se fait imprégner à son tour de rayons Gamma dans le but de devenir un « supersoldat ». Mais l’expérience tourne mal, et Blonsky se transforme en Abomination, un béhémoth aussi belliqueux qu’osseux, qui sème rapidement terreur et destruction dans New York. Ross doit alors se retourner vers Banner et le Hulk, le seul qui puisse contenir cette nouvelle menace.

    Après le drame psychologique concocté pas Ang Lee en 2003, et qui avait laissé tout le monde sur sa faim malgré des qualités indéniables, il tardait aux bonzes de Marvel de servir un film du Hulk en bonne et due forme pour reconquérir le coeur des fan-boys (et relancer une franchise impotente). Louis Leterrier (The Transporter), à qui incombait l’ingrate tâche de réussir là où Ang Lee avait échoué (bonjour la pression), peut se féliciter d’avoir accompli sa mission avec brio.

    The Incredible Hulk, attendu de pied ferme tant par la critique que par les fans, ne se limite pas à (re)raconter l’origine du monstre vert facilement irritable, il nous offre un spectacle ahurissant, lardé de scènes de bagarres déchaînées et garnies d’effets spéciaux saisissants. Bref, ce Hulk nouveau livre la marchandise que tout le monde espérait.

    Il est cependant malheureux que le film s’arrête là. En voulant trop se distancer du psychodrame, The Incredible Hulk se borne à n’être qu’un simple film d’action. Un film d’action ridiculement bien foutu, soit, mais un simple film d’action tout de même. Peut-être que personne ne s’intéresse à un Bruce Banner introspectif, aux émotions ambiguës, déchiré par la colère, l’amour, le devoir et la vengeance. Peut-être aussi que les origines de Hulk, trop ancrées dans une série de mythes archi-usés (Dr. Jekyll and Mister Hide, Frankenstein, King Kong, à la limite Prométhée), ne lui permettent pas d’aller plus loin que le « Hulk Smash, BANG ! dans le mur !!! » qui nous est ici présenté. Après tout, il ne s’agit que d’un gros bonhomme vert qui se fâche à rien et qui tape sur tout ce qui bouge. Le sous-texte de la bête qui vit en nous et qu’il faut apprendre à maîtriser n’est qu’à peine effleuré et cette tentative moraliste grossière ne convainc personne. Heureusement que très peu de pellicule y est consacrée.

    Chose assurée, cette nouvelle mouture est pilotée par une distribution éclatante, à commencer par un Edward Norton (American History X) toujours au bord du gouffre, l’oeil vacillant et la colère au bout des lèvres, prête à exploser. William Hurt, méconnaissable sous sa moustache broussailleuse, rend cette vipère de général Ross parfaitement vitriolique, un peu à l’image de sa prestation dans An History of Violence. Liv Tyler (Jersey Girl) ajoute un aspect romantico-émotif au récit avec son charme et sa naïveté habituelle, tandis que Tim Roth (Reservoir Dogs) interprète avec restreinte son méchant mégalomane en se gardant de ne jamais tomber dans la caricature.

    Il demeure néanmoins navrant, qu’après des adaptations aussi complètes et profondes que Batman Begins, Spider-Man 2 et même le récent Iron Man, The Incredible Hulk se cantonne dans un genre cinématographique facile, puéril et générique. À sa défense, le résultat final réussit tout de même à nous tenir en haleine et à éviter les pièges de la facilité que d’autres superhéros, Ghost Rider en tête, ont frappés de plein fouet.

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