Cet article de François Petitclerc est gracieusement offert par Sep7. La version originale a été publiée à cet endroit.

Réalisé par Roger Donaldson et écrit par Dick Clement et Ian La Frenais avec Jason Statham, Saffron Burrows et David Suchet. Angleterre, 2008, 110 minutes.
Basé sur un vol de banque commis à Londres au début des années ’70, The Bank Job nous ramène à une époque où l’on pouvait encore creuser des tunnels pour devenir riche. Cependant, certains squelettes ne devraient jamais être exhumés.
Terry (Jason Statham), un concessionnaire de voiture avec des difficultés pécuniaires, revoit une ancienne flamme, Martine (Saffron Burrows), qui lui propose le vol audacieux d’une banque. Après avoir réuni des malfrats experts dans la criminalité, Terry et sa bande utilisent la voie souterraine pour arriver à leur fin et ainsi accéder aux coffres confidentiels de clients qui n’aiment justement pas rendre des comptes aux institutions financières et gouvernementales. Certaines découvertes mettront les services secrets britanniques et la police anglaise à leur trousse, mais pas pour les bonnes raisons.
The Bank Job s’inscrit dans le genre très typé du film de vol (d’où ma très brève description ci-dessus). Pourtant, l’intrigue du récit divertit à souhait, tant et si bien qu’aucune redondance n’affecte la production. Ainsi, la chance incroyable des voleurs n’est jamais exagérée, les cartes que joue Terry pour se sortir de l’impasse du larcin relèvent de l’intelligence, et les prétextes pour faire avancer le récit ne sonnent jamais faux. Exit les cascades et les explosions, omettant aussi la psychologie des personnages, le réalisateur Roger Donaldson se concentre sur les jeux de pouvoirs exercés par les différents partis impliqués dans ce vol. Pas besoin de travailler les motivations des protagonistes pour un braquage, quand la réponse est très claire : l’argent. Le montage efficace de John Gilbert appuie un récit où chaque seconde compte, sans pour autant aller à fond de train. La transposition de l’ambiance et la frivolité de l’Angleterre des années 1970, avec l’aide des costumes et des voitures, est très bien réussie, et ajoute à la qualité de la production. Un seul bémol : le recours incessant à la musique de fond. Ainsi, cette trame sonore insiste lourdement sur les émotions qu’évoque le film et devient vite agaçante.
Aussi, les mérites du long métrage imposent aussi ses limites qui se situent justement dans sa facture très américaine. Tout ce qu’il y a d’anglais dans cette production semble être les acteurs et les quelques lieux où le récit prend place. Rien de « British » n’est mis en valeur et toute l’intrigue aurait pu être transposé aux Etats-Unis, tellement l’œuvre s’inspire de films commerciaux américains. Comparaison facile entre les « chips » britanniques et les « fries » américaines puisqu’au bout du compte se sont des pommes de terres coupées et cuitent dans l’huile, peu importe le nom qu’on leur donne.
Avec The Bank Job Roger Donaldson nous offre un divertissement très bien ficelé qui a le mérite de tenir le spectateur en haleine, sans jamais le prendre pour une valise. Le film semble parfait pour tuer un moment d’ennui.
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