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    • Mario Asselin
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    Opinion : TQS : l’ère du mouton citoyen est-il arrivé ?

    le 2 juin 2008 | 794 visites | 4.55 / 5 | 3 commentaire(s)
    TQS : l'ère du mouton citoyen est-il arrivé ?

    Les audiences du CRTC sont à peine commencées au sujet du transfert de la licence de TQS que les nouveaux propriétaires du mouton noir avance un recours au journalisme civique. Démocratisation de l’information, adaptation d’une chaîne généraliste au Web participatif (dit Web 2.0) ou opportunisme économique ?

    Le positionnement de la chaîne de Télévision Quatre Saisons a fait connaître l’expression « mouton noir », ciblant ainsi les personnes ayant un comportement différent de celui de la masse des citoyens. Puisque chacun de nous croit souvent posséder en soi un p’tit côté marginal, on pouvait penser qu’il n’y aurait pas si peu de gens pour syntoniser le canal à un moment ou à un autre de la semaine.

    L’histoire récente nous a appris que cet énoncé de positionnement n’a pas permis d’éviter la faillite. Soi, la programmation n’avait rien pour supporter le message ou soi, le message n’a pas plu. De toute façon, les frères Rémillard ont maintenant le contrôle des destinées de la station et hormis les prérogatives du CRTC, c’est le plan de ces messieurs qui succédera à celui des dirigeants de COGECO et de CTVglobemedia.

    Cette semaine, nous commençons à apprendre de quoi se compose ce plan qui a débuté par le saccage des salles de nouvelles. On apprend par Paul Journet de La Presse que l’envie des patrons de Remstar pour TQS est de « démocratiser l’information ». Aujourd’hui lundi, et demain, les audiences du CRTC étudient le transfert de licence et les gens présents risquent d’entendre l’expression « journalisme citoyen » que le journaliste Michel Dumais a récemment rebaptisé à juste titre « journalisme civique ». Parlant de Dumais, il commente justement ce matin « la nouvelle » couleur que voudrait se donner TQS et se demande si on doit parler de participation citoyenne ou d’exploitation ? Bonne question...

    « Journalisme civique. Web 2.0. Participation des internautes. Dans le contexte de crise que vivent les médias en ce moment, dites-vous bien que nous risquons d’entendre régulièrement cet argument de la participation citoyenne. Sauf qu’il ne faudrait pas que cela devienne une justification à démanteler des salles de nouvelles et à remercier des journalistes. Le journalisme professionnel et le journalisme civique peuvent très bien cohabiter ensemble. Mais favoriser l’un au dépend de l’autre est une erreur qui, à terme, risque de ne pas connaître du succès. »

    M. Dumais cite dans son texte Francis Pisani et Nicolas Carr à juste titre puisque ces deux observateurs de l’utilisation des nouvelles technologies sont à même de nous présenter les avantages et les pièges de cette nouvelle réalité du citoyen informateur féru d’un Internet plus participatif ou un maximum de contenu est généré par l’utilisateur ! De mon côté, j’en suis à mes premiers mois d’expérience ici sur CentPapiers même si je blogue depuis octobre 2002. Je suis convaincu de pouvoir offrir une contribution intéressante dans un type de réponse au besoin des gens de s’informer, mais JAMAIS je ne revendiquerai la compétence d’un vrai journaliste.

    J’incarne et je revendique la subjectivité totale, je ne maîtrise pas bien les exigences reliées à ce devoir de consulter tous les côtés à une médaille et pour ce qui est de la contre-vérification de mes sources, je vais habituellement au plus rapide et à ce qui sert mes opinions. Est-ce que c’est assez clair ?

    Le moment où on ferme les salles de nouvelles me semble le pire pour tenter une vraie expérience de journalisme civique dans un grand média. Remstar semble avoir quelques bonnes idées (dont celle de produire une émission matinale à Québec pour l’ensemble du réseau), mais nous devrons demeurer vigilants pour la suite des choses. Comme le dit si diplomatiquement Hugo Dumas « Flash n’a jamais débusqué de Watergate ou, à une échelle plus locale, de Virginiegate, mais a toujours compté dans ses rangs des reporters talentueux, capables de mener rondement des entrevues. »

    Vive le journalisme civique libre !

    POST-SCRIPTUM : Michel Dumais a écrit au Devoir un texte de référence sur le sujet qui date d’août 2003, qui a bien vieilli et qui mérite d’être lu pour plus d’informations sur cette « naissance » d’un nouveau type de journalisme qui n’en est pas peut-être pas un, finalement. Quant à moi, sur mon blogue, je divague un peu sur la génèse de l’expression « mouton citoyen ».
    Publie.ca!
    Mots-clés : québec , Médias et Télévision

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  • 3 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Est-ce qu’il faudra inventer l’expression « citoyens scabs » ? L’approche de TQS semble intéressante et pourrait fonctionner, mais l’entreprise doit la mener avec ses journalistes, pas en les congédiant. La façon dont les frères Rémillard ont mené leur barque jusqu’ici leur a valu deux prises contre eux. Ça part mal...

    Je vais y aller d’une analogie que vous allez comprendre ;-) pour bien indiquer les limites à ne pas franchir. Imagineons que les commissions scolaires décident de congédier tous les enseignants, et de profiter du Web 2.0 pour créer une nouvelle forme d’enseignement citoyen. En revanche, l’exploitation par un enseignant du potentiel qu’offre le Web 2.0 pour intégrer la participation d’adultes non-enseignants aux apprentissages des élèves est un bonne idée.

    2 juin 2008 | répondre | permalien
    • Christian

    Manifestement, le directeur Asselin, spécialiste de la pédago si je me souviens bien, dont nous apprécions tous les billets au Carnet, a complètement écarte du débat le fait que TQS n’est pas seulement une télé généraliste, avec une salle de nouvelles.

    C’est aussi une entreprise privée, qui fonctionne avec des revenus et des coûts d’exploitation. Et qui a déclaré faillite, avec 71 millions de pertes, en décembre dernier. Dont 18 millions de pertes juste l’an dernier et 1,2 million par mois en ce moment. Donc, TQS devrait normalement se trouver en ce moment aux enchères, pour procéder à la vente de ses actifs, afin de payer les créanciers détenteurs de la dette. Sans quoi, ce sont ces créanciers qui se verront dans l’obligation de déclarer faillite. Voici la citation...

    « La faillite de TQS Licencier est un geste qui reflète l’échec d’une entreprise. Mais cet échec n’est pas le nôtre. TQS est une compagnie en faillite pure et simple depuis décembre 2007. Nous ne sommes pas responsables des 71 millions de pertes accumulées, ni des 18 millions de pertes de l’an dernier, ni de celles qui s’accumulent depuis janvier 2008 au rythme de 1,2 million par mois. Nous ne faisons que tenter de ressusciter une entreprise cliniquement morte. (...) La récurrence des pertes, qui totalisent 225 millions de dollars depuis 20 ans, ne fait que confirmer la mort du modèle d’affaires actuel de TQS. Jamais dans toute l’histoire de la télévision au Canada, un réseau n’a connu un aussi triste record de rentabilité. Maxime et Julien Rémillard, Coprésidents de Remstar Le Devoir - Édition du lundi 02 juin 2008 »

    Mais non, TQS n’est pas aux enchères parce que Cogeco et CTVGlobemedia ont déniché et choisit un acheteur parmi le lot. Malgré sa situation financière cadavérique cet acheteur a accepté de débourser de ses poches 1,2 million par mois pour combler les pertes courantes et proposé un paiement de 20% de la dette garantie de 31 millions, évitant ainsi qu’elle soit fermée déjà. C’est un geste charitable, quoi.

    Depuis, cet acheteur a confectionné un plan de sauvetage qui inclut une amputation, pour sauver le reste du corps, soit 400 emplois. L’amputation du membre responsable de 40% des pertes, soit 28 millions, les salles de nouvelles classiques, syndiqués. Dont la moyenne des salaires se situe dans le 80,000 $ le journaliste, au lieu du 45,000 $ chacun pour une télé de classe C, troisième classe. Citation...

    « Les nouvelles - Depuis 2004, les bulletins de nouvelles de TQS ont enregistré une baisse d’audience de 39 % et sont responsables de 40 % des pertes de l’entreprise. Ce déclin majeur s’explique notamment par la forte concurrence des puissants réseaux convergents comme TVA-Quebecor et SRC-La Presse, ainsi que par la migration du public vers les chaînes d’information continue et Internet. Maxime et Julien Rémillard, Coprésidents de Remstar Le Devoir - Édition du lundi 02 juin 2008 »

    Heu... Si vous connaissez quelqu’un qui veut sauvegarder les salles de nouvelles syndiquées de classe C et payer 21 millions l’an en coûts d’exploitation, soit le double de leur valeur réelle, après une chute de 39% des cotes d’écoute, faite moi signe. Personne ici n’en a trouvé un seul.

    Qui plus est, les adversaires du plan Remstar, tous opposés farouchement à l’amputation des nouvelles, dont le célèbre maire de Québec Labaume et les 4 syndicats, d’aucun n’a voulu s’avancer et proposer de financer à leur compte les salles de nouvelles classiques. Tiens tiens...

    Tous ces opposants veulent, en quelque sorte, garder les bénéfices des nouvelles de classe C, mais faire payer par d’autres les pertes financières certaines, sans fin. Non mais... Quelle belle bande de lâches !

    Le 11 juin prochain, de nouveau devant le CRTC, l’idéal serait que Remstar se dise incapable de se faire hara-kiri et maintenir les nouvelles. De cette manière la licence lui étant refusée, il pourrait se retourner et offrir TQS au prochain acheteur. Ce qui assurerait le retour normal de ce dernier acheteur, dans un an, avec des pertes de quelques 12 millions qui occasionneraient de manière certaine, cette fois, sa fermeture et vente aux enchères. Faites votre choix !… S’il vous plait !... ch

    8 juin 2008 | répondre | permalien

    Vous avez bien raison M. Huot de ramener à l’avant-plan la situation précaire de TQS.

    Je discute moins la pertinence d’avoir fermé les salles de nouvelles que d’avoir en même temps évoqué la possibilité de faire appel aux journalistes civiques.

    Je respecte votre point de vue à l’effet que les frères Rémillard ne bénéficient pas d’une grande marge de manoeuvre pour faire en sorte de retrouver l’équilibre financier pour cette entreprise dans un court laps de temps, mais ils n’ont pas fait leurs devoirs sur cette question de l’utilisation du Web participatif. Ils me semblent avoir agi en opportunistes.

    Et s’ils l’ont fait sur cette question, ils l’ont peut-être fait aussi sur d’autres. Ils ont avancé aux derniers moments des audiences que c’est un permis de diffuser qu’ils veulent sous-entendant que la production ne les intéresse pas... La pertinence d’avoir acheté une chaîne généraliste plutôt qu’une autre « thématique » me semble se poser dans les circonstances.

    Quant au geste que vous qualifiez « de charitable », hum... je suis d’avis qu’ils ont les mêmes motivations que moi qui suis entrepreneur, ie, faire des sous en réalisant la mission de l’entreprise. La charité ne me semble pas avoir beaucoup à voir ici. Ce n’est que normal de vouloir que les finances s’équilibrent, voire, qu’il y ait un profit au bout du compte. Il y a plusieurs façons de s’y prendre pour « remonter » une entreprise et personne ne me fera avaler que le modèle Rémillard est le seul pouvant être considéré.

    Cette semaine, le CRTC a semblé penser qu’un plan « avec salles de nouvelles » devrait faire parti du scénario. Voyons la suite...

    Convenez avec moi que l’idée du journalisme civique dans ce contexte de fermeture des salles de nouvelles prête flanc à l’utilisation un peu tordu du « potentiel citoyen » en matière d’information et que tout plan en ce sens devra éviter de faire croire qu’un, peut remplacer l’autre !

    8 juin 2008 | répondre | permalien

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