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    Opinion : Sylvie Tremblay : échec au roi ?

    le 1er mai 2008 | 174 visites | 4.20 / 5 | 3 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Sylvie Tremblay : échec au roi ?
    photo : elecnix (Flickr)

    Je me rappelle encore lorsque mon père avait accepté l’offre de son beau-frère l’invitant à se joindre aux Chevaliers de Colomb. Comme il se sentait souvent seul et négligé par ceux qui avaient « réussi dans la vie », il s’imagina tout à coup privilégié de rejoindre ce club sélect de chevaliers dévoués au pape et à la charité chrétienne. Cependant, ce n’est pas la découverte d’un signe secret ou le rapprochement vers le Vatican qui l’attirèrent vers ce cercle religieux mais plutôt cette impression mystique de faire partie d’un regroupement distingué où le réseautage est à la portée de la main. Si un jour il perdait son job, il n’aurait aucune difficulté à se replacer, car les nobles de la paroisse seraient solidaires avec son bonheur familial.

    Tout comme la vision que peut leur donner la hiérarchie d’une église, la très grande majorité des citoyens croient que les partis politiques sont exclusivement associés à leur chef et aux députéEs. On pense rarement aux membres qui lui donnent sa crédibilité et sa raison de vivre et encore moins aux associations locales qui assurent le bon déroulement des campagnes électorales, incluant la traditionnelle pose de pancartes. Et pourtant, dans notre système démocratique moderne, une grande part des décisions et des positions des politiciens proviennent de ces structures. Un parti politique qui ne se construit pas autour d’instances locales, régionales et nationales ne pourrait survivre très longtemps.

    Les jeunes partis politiques doivent donc travailler sans relâche pour construire ces structures afin de solidifier l’organisation, rejoindre directement et efficacement les électeurs tout en ayant accès à des sources de financement fiables et renouvelables. On se rappelera donc que Mario Dumont, suite au succès qu’a connu l’ADQ aux élections de 2003 et aux partielles qui ont suivi, a compris l’importance de solidifier - voir de démarrer - les associations locales de son parti un peu partout au Québec. Et c’est à ce moment que Mme Sylvie Tremblay, inconnue du public québécois jusqu’à la publication de sa lettre de démission la semaine dernière, a décidé de joindre les rangs d’un parti politique qui avait grandement besoin de militants. Lors de son passage à Tout Le Monde En Parle dimanche dernier, Mme Tremblay mentionnait que, même si elle « n’avait jamais voulu s’en aller en politique auparavant », elle a décidé de joindre l’équipe de l’ADQ car elle était attiré par la « transparence de son chef ». Maintenant, elle va jusqu’à le traiter de dictateur, rien de moins, et lui rappelle que « quand on crache en l’air ça nous retombe (sic) ».

    Toute cette histoire autour de l’ex-candidate de l’ADQ dans la circonscription de Verdun me laisse extrêmement perplexe. Les raisons qui l’ont amenées à joindre un parti politique ne sont pas claires. A-t-elle subitement décidé de joindre Mario Dumont afin de « dénoncer les manques de démocratie » ? Quels sont les liens entre son expérience du monde des affaires ou de sa passion pour l’écriture de livres sur la croissance personnelle et son soudain désir de s’impliquer au sein d’un parti politique ? Une question de Guy A. Lepage lui a permis d’expliquer un volet de sa démarche : « … j’ai beaucoup de drive, beaucoup de leadership, j’ai beaucoup de personnalité, j’ai une personnalité assez forte. Je ne savais pas que le comité exécutif était contrôlé. Moi je suis une ambitieuse aussi, alors les portes étaient ouvertes pour moi pis je suis rentrée (sic). »

    À mon avis, le court passage de Mme Tremblay parmi l’association de circonscription de Verdun et l’exécutif national de l’ADQ dévoile un des problèmes que peuvent vivre les jeunes formations politiques. Parce que la participation aux différentes instances est faible et que des postes importants sont disponibles, il y a toujours le danger qu’un inconnu s’y présente et démontre une ambition spectaculaire. Alors que le chef et les piliers de l’organisation investissent temps et énergie pour solidifier les comités et regroupements qui assureront la pérénnité du parti, il peut apparaître une nouveauté qui ne cadre pas tout à fait avec le plan de match. Il faut alors trouver un compromis entre la démocratie participative, qui relie l’exécutif national à ses associations de comté, et l’ambition essentielle de quelques candidats qui aspirent à grimper les échelons de l’organisation.

    La question à se poser est de connaître les vraies raisons qui ont amené Mme Tremblay à joindre l’ADQ et s’y faire une place de premier plan. Était-ce l’action citoyenne, le combat pour la justice sociale, l’abolition des commissions scolaires ? De son côté, mon père a trouvé cette réponse rapidement : il adorait prendre une bière avec les autres chevaliers les vendredis soirs et se sentait utile lorsque son conseil participait à des collectes de fonds charitables. Il n’a jamais eu réellement besoin d’un réseautage d’affaires et d’un tremplin vers des opportunités personnelles. Et vous Mme Tremblay ?

    L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe. - Jonathan Swift

    Les citations en italiques proviennent de l’entrevue donnée par Mme Sylvie Tremblay à l’émission Tout Le Monde En Parle diffusée le 27 avril dernier.

    Mots-clés : québec , Mario Dumont et Télévision

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  • 3 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Je ne connais Sylvie Tremblay ni d’Ève ni d’Adam. Je n’habite plus au Québec et ne vois toute l’épopée adéquiste qu’avec beaucoup de recul.

    J’ai l’impression d’une occasion ratée. Dumont a eu une chance exceptionnelle de marquer le Québec et, au moment où il fallait agir, il ne l’a pas fait. Il n’a pas tiré quand le canard passait dans sa mire. Maintenant il est trop tard

    Dommage, car on a perdu le "momentum" d’une volonté de chagement au Québec et l’avenir est bouché

    Dumont doit se recycler et je lui souhaite bonne chanc, mais l’ADQ sans Dumont n’est strictement rien. Le parti Libéral et Charest incarnent la continuité dans l’insignifiance, alors que le PQ et Madame Marois offrent la persévérance dans un changement que la population a clairement rejeté.

    Qu’est-ce qu’on fait au Québec ? On compte sur des Sylvie Tremblay ? Il nous faudrait un autre Dumont - ou son contraire, peut-être - mais la pointure au dessus...

    Pierre JC Allard

    1er mai 2008 | répondre | permalien

    Je ne peux vous dire combien de députéEs Mario Dumont apprécie mais on en compte cinq ou six qui semblent pouvoir et vouloir se débrouiller dans ce rôle. D’après ce qu’on peut comprendre, Mme Tremblay semble s’être faufilé en douce dans un exécutif de circonscription fragile, ouvrant grand les portes à une personne qui semblait démontrer une ambition qu’on associe souvent à une bonne candidate.

    C’est la nature de son ambition qui n’est pas claire. Désir de faire de la politique, on peut en douter. Détermination à élargir un réseau de contacts et d’influences, on peut y songer facilement.

    Combien de députés de l’ADQ ont ce profil ? Qui a su profiter d’une organisation jeune et frêle afin de se faufiler vers un pouvoir qui leur paraissait inaccessible ?

    1er mai 2008 | répondre | permalien

    Y a t-il vraiment un secret quand un homme entre dans ce club réservé aux hommes seulement, les Chevaliers de Colomb ?

    Quel est ce secret ?

    Est-ce vraiment correct si cela marcherait de même, pour une organisation sociale et religieuse ?

    Tant de questions mais jamais de réponses !

    Patricia

    3 mai 2008 | répondre | permalien

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