• Stephen Harper n’a pas eu de « plaisir » au débat des chefs

    2 octobre 2008 | 2 commentaire(s) | 22 affichage(s)

    Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, Stephen Harper n’a éprouvé aucun plaisir lors du débat des chefs. Il s’est plaint devant la presse d’avoir été la cible des quatre autres chefs. Bon. Cela étant dit, à quoi s’attendait l’ex-premier ministre du Canada ?

    Duceppe a ouvert le bal en accusant les conservateurs d’être en rupture avec les valeurs des Québécois. Tout en soulignant que les électeurs devront choisir entre deux visions, « celle de Harper et celle du Québec. Monsieur Harper ne s’en doutait pas ?

    Stéphane Dion a attaqué le chef conservateur sur sa gestion de l’économie. Gilles Duceppe a accusé Stephen Harper d’avoir eu des politiques d’économie qui ont profité d’avantage aux pétrolières de l’ouest. Elizabeth May a fait valoir qu’un rapport de l’OCDE a critiqué les décisions en matière d’économie du gouvernement Harper.

    Gilles Duceppe a accusé Stephen Harper de mépriser la démocratie. « Vous avez considéré les fonctionnaires comme des adversaires politiques et vos adversaires politiques comme des ennemis », a également accusé Stéphane Dion. Les trois chefs ont stigmatisé les positions de Stephen Harper sur la légitimité du Bloc québécois à Ottawa.

    Stephen Harper s’est dit surpris des attaques de ses adversaires et il s’est ainsi retrouvé sur la défensive parce que les autres chefs l’ont accusé de demeurer immobile face aux risques qui menacent l’économie canadienne. Stéphane Dion a critiqué le plan des conservateurs qui souhaitent sévir davantage contre les jeunes contrevenants. Sur l’avortement, Stephen Harper a déclaré : « J’ai été clair pendant toute ma carrière politique : je n’ai pas l’intention d’ouvrir la question de l’avortement, a-t-il déclaré. Je ne l’ai pas fait dans le passé et je ne ferai pas dans l’avenir. Oui, il y aura des gens au sein du Parti conservateur qui souhaiteront que je le fasse, tout comme il y en a chez les libéraux qui pensent de même. (…) Or, je n’ai pas l’intention de commencer aujourd’hui ».

    Stephen Harper s’est vu reprocher d’être trop près de Georges W. Bush et d’adopter la même approche de laisser-faire économique, une image que plusieurs citoyens gardent bien ancrée dans leur imaginaire, depuis quelques semaines. Sur un ton rarement lapidaire, Stéphane Dion a lâché : « Le risque économique, c’est vous », accusant lui aussi Stephen Harper d’avoir adopté une approche de laisser-faire économique. Stephen Harper a répété que, de tous les chefs de partis, il était le plus prudent dans la gestion des finances publiques. Selon lui, la situation actuelle n’est pas propice à des dépenses de plusieurs milliards de dollars, comme le proposent ses adversaires. Selon les quatre chefs, Stephen Harper manquerait « de leadership devant la menace d’une crise économique au Canada ».

    Qu’a rétorqué Stephen Harper à ces attaques ? Selon lui, la solution n’est pas d’« augmenter les dépenses, augmenter les taxes, créer des nouvelles taxes, créer des déficits. A la fin, nous aurons une récession ». L’ex-premier ministre a brocardé Stéphane Dion qui « a fait des promesses de dépenses pendant cette campagne au rythme moyen de plus de 70 000 dollars la seconde ». En 13 jours de campagne, Stéphane Dion a fait des annonces pour près de 80 milliards, selon Stephen Harper.

    Et l’environnement maintenant ? Jack Layton a accusé le gouvernement conservateur de M. Harper d’avoir rejeté « la volonté de la majorité de la chambre » en matière d’environnement. Pour Gilles Duceppe, la seule chose à faire en matière de protection de l’environnement est d’appliquer « réellement » le protocole de Kyoto.

    Stephen Harper n’allait pas rater l’occasion d’attaquer le tournant vert de Stéphane Dion. Le Premier ministre a martelé à nouveau son message selon lequel le chef libéral voulait imposer des taxes sur le carbone « nocives pour l’économie et les Canadiens ». « Le plan économique de M. Dion se résume en six mots : une nouvelle taxe, un nouveau déficit. C’est assez simple », a lancé Stephen Harper.

    Selon un sondage CROP-La Presse effectué en fin de soirée, 18 % des répondants évaluaient la performance de Stephen Harper de façon positive, contre 54 % pour Gilles Duceppe, qualifiée d’« excellente » ou « très bonne » et 48 % pour Stéphane Dion (Cyberpresse).

    Selon Antonia Maioni, directrice de l’Institut d’études canadiennes à l’Université McGill, citée par Le Devoir, le débat des chefs était, pour Stephen Harper « sa dernière chance de renverser la vapeur au Québec s’il veut faire des gains. Pour Harper, c’est un débat important en français ».

    Selon un autre sondage CROP-La Presse, les conservateurs de Stephen Harper et les bloquistes de Gilles Duceppe sont coude à coude : Gilles Duceppe récolte 31% des intentions de vote dans la province contre 30% pour Stephen Harper. Le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique sont à égalité, à 16% chacun. Le Parti vert récolte 8% des appuis. Un sondage national de la firme EKOS donne une avance de sept points au Parti conservateur du Canada. Les conservateurs obtiennent 34% d’appuis, les libéraux 27%, les néo-démocrates 19 % et les verts 10 %. Ce sondage de la firme EKOS a été effectué du 26 au 29 septembre auprès de 2300 personnes.

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  • 2 commentaires

    • Catherine-Aimée Roy

    Monsieur Chantelois,

    Je n’ai malheureusement pas pu regarder le débat en français. Toutefois, j’avoue qu’après la lecture de votre papier, j’ai pratiquement l’impression d’y avoir assisté. Il s’agit d’un excellent résumé.

    Merci,

    Catherine-Aimée Roy

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   4:05, le Jeudi 2 octobre 2008
    • Pierre R. Chantelois

    Catherine

    Merci pour ces bons mots.

    Pierre R. Chantelois

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   6:09, le Jeudi 2 octobre 2008

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