3 octobre 2008 |
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Vous aurez l’impression d’avoir déjà lu ces prochaines lignes. Comme j’avais l’impression d’avoir déjà écrit ces lignes. C’est le propre des débats des chefs qui se déroulent une fois en français, une autre fois en anglais. Réalité linguistique oblige.
Débat des chefs en anglais. Décidément, Stephen Harper n’en sort pas. La situation économique américaine vient le hanter jusque dans ses derniers retranchements. Les chefs de partis n’ont pas raté, une nouvelle fois, de stigmatiser ce qu’ils ont qualifié de « laisser-faire ». Du Centre National des Arts d’Ottawa, le débat est nettement plus vigoureux. Est-ce en raison du fait que trois chefs sur cinq sont d’origine anglophone ? Que dire de Stephen Harper si ce n’est qu’il était nettement plus solide que la veille.
Toujours est-il que Stephen Harper a bien tenté de démontrer que ses politiques en matière d’économie n’étaient pas alignées sur celles de son voisin particulièrement encombrant : « Les politiques américaines ont été irresponsables. Nous avons fait des choix différents au Canada. La situation économique et financière aux États-Unis est désastreuse ». Stephen Harper est bien conscient que ses adversaires lui reprochent unanimement ses accointances avec Georges W. Bush. Le chef conservateur a répété, comme il l’a fait à de multiples reprises, que le secteur bancaire est en meilleure posture que celui de nos voisins. Il reste qu’au cours de la journée, la Bourse de Toronto a plongé dramatiquement, entrainée par la chute des ressources premières. Il en veut pour preuve que le gouvernement enregistre des surplus budgétaires. Qui plus est, il se crée au Canada plus d’emplois qu’il ne s’en perd.
Stephen Harper a tenté une attaque contre Stéphane Dion lui reprochant d’avoir paniqué, la veille, lors du débat des chefs en français en tentant de proposer un plan applicable en 30 jours. « Ce qu’un leader a besoin de faire est d’avoir un plan et de ne pas paniquer », a lancé le chef conservateur. « En consultant le programme des libéraux, les canadiens verront que les augmentations de taxes sont deux fois plus élevées que les réductions d’impôts », a lancé monsieur Harper. Jack Layton lui a posé la question : « Ou est votre plan ? Ou est votre programme ? Sous votre chandail ? »
La riposte ne s’est pas fait attendre de la part du chef libéral : « Vous mentez » a répliqué Stéphane Dion. S’adressant au public, ce dernier a invité les canadiens à ne pas faire confiance « à ce genre de leader » tout en précisant que pour chaque dollar prélevé avec sa taxe sur la pollution, il y aurait une baisse d’impôt équivalente pour les familles. S’adressant à Stephen Harper, monsieur Dion a lancé : « Je n’ai pas de leçon à recevoir de vous sur la manière de présenter un budget équilibré, je peux vous le dire ! »
Au tour de Jack Layton d’apostropher Stephen Harper : « Soit vous vous en fichez, soit vous êtes incompétent ». Il a reproché au chef conservateur d’avoir « baissé les taxes pour les compagnies pétrolières et les banques, des secteurs qui engrangent des profits ». Reprenant l’argumentation néo-démocrate, Elizabeth May a déclaré qu’il fallait accorder la priorité aux domaines manufacturier et forestier, et de créer des emplois « là où les gens vivent ».
Jack Layton, plus agressif que la veille, a insisté cette fois pour faire payer les pollueurs et imposer des limites d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Il a brocardé Stephen Harper en l’accusant d’être à la solde de l’industrie pétrolière parce qu’il lui accorde des largesses fiscales au grand dam de l’environnement. Elizabeth May a renchéri : « On ne peut pas polluer gratuitement ».
Comme la veille, les compressions dans le secteur de la culture sont revenues hanter Stephen Harper. Fait particulier, Steven Paikin, l’animateur, a demandé si les conservateurs étaient des « barbares » dans leur approche en matière de culture. Le chef libéral a accusé Stephen Harper de considérer les artistes comme des ennemis. Jack Layton a reproché à Stephen Harper de « censurer la liberté d’expression », tout en l’accusant d’aider les banques aux dépens des artistes. Stephen Harper a toujours soutenu que les programmes destinés au milieu culturels n’étaient pas efficaces. Gilles Duceppe a mis au défi le chef conservateur : « Si les études démontraient que ces programmes n’étaient pas efficaces, pourquoi ne pas les avoir rendues publiques ? »
L’Afghanistan est revenu sur le tapis. Quoi de neuf ? Stephen Harper explique que la mission en Afghanistan n’est pas une commande Georges W. Bush mais une mission sous l’égide des Nations-Unies. Il a rappelé sa décision de mettre un terme à la mission canadienne de combat en 2011. Jack Layton a dit ne pas croire le chef conservateur. Un gouvernement néo-démocrate consacrerait plus d’argent à la lutte contre la pauvreté et à l’aide internationale, au lieu de dépenser dans la guerre.
Comme la France qui entend passer sa jeunesse au « karcher », Stéphane Harper est revenu sur son crédo en matière de délinquance juvénile : « Lorsqu’il y a un crime sérieux et violent, il faut une peine sérieuse ». Et d’ajouter : « 40% des personnes assignées à résidence pour des infractions violent leurs conditions ». Et les mêmes arguments de la veille sont revenus sur le tapis : « le Québec s’en sort mieux au chapitre de la criminalité. Il croit qu’il faut mieux éduquer les jeunes et s’attaquer aux criminels endurcis », a déclaré le chef bloquiste.
Stéphane Dion a eu une riposte sévère à l’endroit de Stephen Harper : « Je fais confiance aux juges et pas vous, c’est cela la différence », a dit Stéphane Dion, tout en estimant nécessaire de miser sur la prévention et de chercher les causes de la criminalité, évoquant la drogue et la santé mentale. « Vous voulez dire aux juges comment juger, vous voulez que les politiciens décident d’emprisonne des enfants de 14 ans pour la vie », a soutenu Stéphane Dion. Gilles Duceppe a renchéri : « Les juges, les avocats, les policiers, les experts ont tous dit que nous avons un système qui fonctionne bien au Québec. Nous n’avons pas besoin de cette philosophie importée des États-Unis qui permet plus d’armes en circulation et plus de gens en prison ».
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