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    • Olivier Pierson
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    La langue de Molière au sein du club de hockey Canadien

    Opinion : Sous la rondelle, le français

    le 7 novembre 2007 | 279 visites | 3.29 / 5 | 2 commentaire(s)
    Sous la rondelle, le français

    Saku Koivu ne parle pas français. La belle affaire !

    L’épineuse question de l’identité québécoise s’est donc invitée sur un terrain de hockey. Ce n’est pas la première fois. Souvenez-vous de Maurice Richard. C’était la fierté transfigurée, l’espoir au bout des patins. Si le Rocket était devenu à ce point un symbole, c’est parce qu’il transposait la fierté québécoise sur le terrain universel du sport. C’est en atteignant l’excellence qu’il est devenu un ambassadeur. Oui, il parlait français, mais le peuple québécois lui était reconnaissant pour autre chose. On le vénérait pour sa capacité à défendre sa belle province à grand renfort de coups d’éclats. Maurice Richard faisait la job, tout simplement. Et chaque fois qu’il faisait trembler les filets, c’est une nation qui grandissait.

    En 2007, alors qu’on célèbre le 20e anniversaire de la mort de René Lévesque, on apporte un plat réchauffé dans le vestiaire du Canadien.

    Et qui de mieux qu’un capitaine, véritable porte drapeau de son équipe, pour focaliser ce sempiternel débat sur l’usage du français. Car le tort de numéro 11 est tout à coup de ne pas "speaker french". Aurait-on oublié que le hockey est un sport qui se joue en anglais dans cette partie du globe, et que Montréal affiche un bilinguisme qui par définition permet le choix entre deux langues, parfois au détriment de l’une ou l’autre. Il faut se rendre à l’évidence : on peut vivre dans la métropole sans parler français - ce qui est plus compliqué dans l’autre sens en raison du facteur économique - et il est sans doute un peu tard pour faire machine arrière.

    Les détracteurs de Koivu oublient aussi sans doute que ce dernier parle trois langues, ce qui mérite en soi un peu de considération, pour ne pas dire du respect. En pointant du doigt sa prétendue lacune, on le transforme en vilain petit canard, en repoussant ses compétences sportives au second plan. Saku Koivu me fait penser à un bouc émissaire, un lampiste au cœur du maelström linguistique.

    La même nation qui se mettait à rêver en assistant aux exploits de Maurice Richard, se prend désormais à douter en écoutant parler Saku Koivu. C’est l’anglais qui cogne aux portes d’un Québec endormi. Sans sous-estimer cette réalité, je demeure sceptique quant au procédé utilisé ici pour éveiller les consciences. La survie du français est l’affaire avant tout des politiques et non d’un sportif. Ne mélangeons pas les maillots !

    Ce que demandent à Koivu les partisans du Canadien, c’est d’être un meneur d’hommes exemplaire et de mener le Tricolore au sommet. Rien d’autre. Si le Canadien brandit un jour à nouveau la coupe Stanley, on pourra dire merci aux joueurs de tous bords qui composent cette formation mythique. Et l’on retiendra surtout que c’est une équipe québécoise qui a gagné. Parce qu’elle maîtrisait la rondelle et non la langue de Molière.

    Mots-clés : québec et Société

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  • 2 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    Je ne trouve pas illégitime s’aspirer à ce que le capitaine du Canadien parle français en plus de compter des buts. Ça ne me dérange pas particulièrement, mais je comprends tout à fait ceux que ça dérange.

    Il me semble que justement, le partisan ne veut pas uniquement que l’équipe gagne, peu importe le moyen employé. Rendu là, c’est du fanatisme au sens religieux du terme.

    Si pour être fidèle à une équipe nous devons la supporter aveuglement et faire abstraction de la réalité et de nos convictions, alors je suis un infidèle.

    Mais ce n’est pas vrai qu’il ne faut pas mélanger sport et politique. L’histoire du Canadien démontre que les deux sont liés, et que ce lien se soit évanoui au cours des ans explique bien pourquoi l’équipe se sacre de ses fans en ce moment...

    7 novembre 2007 | répondre | permalien

    « il est sans doute un peu tard pour faire machine arrière. »

    Mais pourquoi ?

    Pour ne pas mélanger sport et politique ?

    Il y a un lien avec le facteur économique justement parce qu’on a baissé les bras, et l’histoire de Koivu n’est qu’un exemple parmi tant d’autres... Quand le facteur social sera plus important que le facteur économique, peut-être qu’il y aura du changement dans le bon sens.

    C’est de la paresse que de toujours clamer l’économie pour justifier une défaite sociale, parce que cette idéologie du « c’est pas grave si Montréal est une ville bilingue où il est plus facile de ne pas savoir le français que l’anglais » est une défaite, et assez symbolique à mon sens. Elle représente l’abnégation de notre propre identité au profit d’une plus globale, quand elle devrait être un simple ajout, mais dont la base serait jalousement protégée par un désir d’inclusion et non en permettant un double standard tel qu’on le voit avec un taux d’environ 22% de la population sur l’île de Montréal qui ne parle pas français.

    7 novembre 2007 | répondre | permalien

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