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    J’ai serré la main du diable : les soldats de l’impuissance

    le 4 octobre 2007 | 338 visites | 4.05 / 5 | 2 commentaire(s)
    J'ai serré la main du diable : les soldats de l'impuissance
    photo : sevilla productions

    L’absurdité tient à peu de choses. A un béret parfois. Dans J’ai serré la main du diable, qui relate le génocide rwandais au début des années 90, elle se pare de bleu. Celui de l’ONU et de ses soldats censés maintenir la paix et condamnés à observer l’horreur sans pouvoir intervenir. Ce film rappelle que la mémoire est parfois une passoire. Après la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, des voix s’étaient élevées pour dire « Plus jamais ça. » La belle intention a jauni. D’autres massacres ont fait tourner la chair à canon.

    Ce film, porté à bout de bras par un Roy Dupuis très convaincant, est une ode à la paix, au courage et par-dessus tout à l’espoir. L’espoir qu’un officier canadien ravive au milieu de cadavres tués à coups de machette, d’une humanité en lambeaux. En faisant barrage à l’indifférence internationale, il entretient la flamme. Non, tout n’est pas pourri en ce bas monde.

    Confronté à l’horreur et à la bureaucratie sans états d’âmes, voilà donc un homme, militaire de surcroît, qui a franchi le Rubicon en refusant un ordre. Un écart de service qui a permis de sauver la vie de milliers d’innocents. Un héros comme tant d’autres enfantés par les pages noires de l’Histoire, qui a tenté de déplacer une montagne d’indifférence avec sa conscience pour seul renfort. C’est David contre Goliath.

    Roy Dupuis, dont la ressemblance avec le lieutenant-général Roméo Dallaire est saisissante, signe ici une composition juste et émouvante, sans effets spéciaux ni théâtralisme pompeux. Deux heures durant, on revit l’ascension de l’atrocité, et l’incompréhension d’une bande de colombes en uniformes contraintes d’assister à l’épuration sans broncher.

    Ce n’est certes pas le premier film sur ce génocide, mais il a le mérite d’exister, comme les autres. Il prouve comme ses prédécesseurs que les portes d’Auschwitz ne se sont jamais refermées. Hier les nuages de cendres humaines, aujourd’hui les machettes, les armes de destruction massive et le terrorisme… Qu’on se le dise : l’Humanité qui faillit fera encore les choux gras du 7e art.

    Le film réalisé par Robert Spottiswoode prouve finalement que le diable serre la main de beaucoup de monde. Un pacte sous-jacent à la nature humaine, sans doute. Détruisez-vous les uns les autres. Voilà le dogme des temps modernes.

    Publie.ca!
    Mots-clés : québec , rwanda , Cinéma et romeo dallaire

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  • 2 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Magelline Gagnon

    Texte juste et sensible aux atrocités commises par la frénésie humaine. Humains : sorte de grands singes dits supérieurs.... Ce diable qui nous habite tous et toutes, tue pour des prétextes qui ne tiennent pas dans le temps. Merci pour cette belle analyse. MGhttp://www.branchez-vous.com/reseau/ Le réseau

    4 octobre 2007 | répondre | permalien
    • ANONYME

    Que dire de plus, a part qu’il faut encore des films comme celui ci, émouvant, frappant de réalisme, pour nous faire ouvrir les yeux et nous montrer de quel degré d’atrocité et de cruauté est capable encore l’être humain, soit-disant civilisé.

    Bon maintenant pour dire aussi que plus besoin d’aller voir le programme chaque semaine pour faire son choix, il y a juste besoin de lire tes critiques pour connaitre The Film a aller voir. (LOL) Sensei_eric

    4 octobre 2007 | répondre | permalien

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