• Siemens : l’Iowa plutôt que le Saguenay Lac Saint-Jean

    25 mars 2007 | 2 commentaire(s) | 6 affichage(s)

    Le Devoir, sous la plume de Louis-Gilles Francoeur rapportait hier que le gouvernement Libéral avait refusé une offre de la compagnie allemande Siemens, désireuse d’implanter au Saguenay Lac Saint-Jean une usine où aurait été développé un nouveau modèle d’éoliennes nordiques. La compagnie aurait aussi envisagé la construction d’un centre de recherche à Montréal. L’usine sera plutôt construite en Iowa.

    Radio-Canada, qui semble être le seul média à avoir repris la nouvelle (et bizarrement, dans son édition « Abitibi-Témiscamingue »), résume ainsi certaines caractéristiques inhérentes à l’offre de Siemens :

    « La multinationale Siemens offrait de faire du Québec son centre de production éolienne pour l’ensemble du marché nord-américain, prévoyant entre autres faire affaire avec des entreprises québécoises de composantes éoliennes. Elle était aussi prête à verser des royautés à Hydro-Québec pour la vente du modèle dans le monde.

    Siemens offrait de plus de plus la diminution du coût de revient de l’électricité éolienne à 6 cents le kilowattheure, plutôt qu’à 6,5 cents, comme obtenu lors du premier appel d’offres éolien de 1000 mégawatts en 2002. »

    De plus, Louis-Gilles Francoeur explique que :

    « Ce projet, selon Siemens, aurait « confirmé la place du Québec comme leader nord-américain dans la production d’énergie verte », aurait généré des investissements de 4,5 milliards de dollars, aurait assuré pendant sept ans un minimum de 600 emplois directs en région ainsi que 2000 emplois permanents dans des secteurs connexes et aurait placé le Québec en tête de la production éolienne en Amérique du Nord. »

    Néanmoins, le gouvernement Québécois, par l’entremise du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, a refusé l’offre de Siemens, choisissant plutôt d’aller de l’avant avec une procédure d’appel d’offres pour 2000 MW (procédure à laquelle Siemens ne participera pas, selon les sources du Devoir).

    Le Saguenay Lac Saint-Jean fait parti des cinq régions périphériques dites « ressources ». Généralement, les entreprises voulant s’y installer bénéficient de primes de localisation aux entreprises. Il semble que ce ne soit pas le cas ici et que Siemens aura principalement voulu bénéficier du fort potentiel éolien de la région.

    Région qui est relativement dépendante de la multinationale Alcan qui y exploite quelques barrages privés alimentant en électricité ses usines de transformation de l’aluminium. L’usine d’Alcan à Alma serait la plus polluante au Québec, et l’entreprise comptait en 2005 pour 6,9% des émissions polluantes du Canada.

    Dans sa plateforme électorale, le Parti Libéral du Québec rappelle que :

    « Nous avons consacré l’engagement du Québec dans les énergies renouvelables en relançant le développement hydroélectrique et en propulsant le Québec parmi les principaux producteurs d’énergie éolienne en Amérique du Nord. »

    En regard du souci croissant de la population envers les changements climatiques, on peut se demander s’il n’y aurait pas eu là une erreur de jugement (ou trois erreurs, comme l’explique Fernand Saulnier, expert consulté par Le Devoir) de la part du gouvernement de l’époque ?

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  • 2 commentaires

    • Pierre R.

    Cette décision du gouvernement Charest est incompréhensible et inexcusable. Françoise David, de Québec solidaire, en a fait également mention. Il est dommage que cette information ait été publiée en dehors de la session parlementaire. Qui interpellera le gouvernement Charest sur cette décision la plus bête qui soit ?

    Pierre R.

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    • Pierre JC Allard

    j’ai lu aussi l’article de Francoeur avec stupéfaction. Que cette nouvelle ne soit pas à la une de tous les journaux en cette veille d’élection en dit long sur le contrôle des médias, l’ineptie de l’État, la vision obtuse des fonctionnaires, l’impuissance des structures citoyennes régionales à se faire entendre.

    J’ai passé le plus clair ma vie à négocier en pays dits “en voie de développement”, une activité qui a été cyniquement décrite comme ne reposant pas sur ce qu’on vend, mais sur qui on achète. J’ai hâte de savoir qui obtiendra ce contrat des 2 000 MW. En attendant, je garde toute ma confiance en l’honnêteté de nos dirigeants. Je veux croire qu’ils ne sont que bêtes.

    Pierre JC Allard

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