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    • Pierre JC Allard
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    Opinion : Santé : La « baboune » selon Dubuc

    le 26 février 2008 | 440 visites | 3.12 / 5 | 30 commentaire(s)
    Santé : La « baboune » selon Dubuc
    photo : ladyb (Flickr)

    Je ne suis pas toujours d’accord avec Alain Dubuc, mais je le suis généralement avec sa façon de s’exprimer : c’est clair et c’est français. Je suis donc bien heureux que ce soit lui qui soulève la « Question » dans la presse du 24 février. La Grande Question La question qui demande pourquoi le secteur public en santé est si moche et comment on pourrait y réintroduire la motivation et la notion de service. J’aime bien cette question. C’est une question à laquelle j’ai proposé une réponse il y a une douzaine d’années...

    Il va falloir donner suite au rapport Castonguay. Il faudrait en profiter pour revenir à une medecine sans « baboune ». Une médecine humaine. J’ai 80 textes sur cette question d’une médecine plus humaine...

    Bien sûr, il y aura de nombreux gestes à poser pour mettre en place une médecine humaine. Avant tout, cependant – pour arrêter la « baboune » - il faut arrêter le paiement à l’acte. Cette forme de rémunération est acceptable quand les interventions sont clairement identifiées, mais quand il s’agit de consultation permanente, d’un suivi, de compassion et du travail du médecin en qui l’on met toute sa confiance, le paiement à l’acte crée des situations surréalistes.

    Votre médecin vous parle, c’est un acte médical. Il vous a entrevu par la porte de votre chambre d’hôpital ? S’il le veut, c’est aussi un acte médical. Tout, dans le rapport entre patient et médecin devient occasion de profit et le rapport mèdecin patient ne peut être alors que sous le signe de l’exploitation. Comment établir une relation de confiance avec un fournisseur de services qui facture chaque regard qu’il vous jette ?

    Le paiement à l’acte est néfaste pour la relation du médecin avec son patient. Pour sa relation avec la collectivité, il est catastrophique, car quand la société rémunère de cette façon, c’est un chèque en blanc qu’elle donne à ses médecins. Le médecin payé à l’acte détermine sa propre rémunération, puisqu’il n’a qu’à augmenter le nombre des actes médicaux pour chaque patient pour maintenir ou augmenter son revenu, même si le nombre de ses patients diminue.

    Non seulement la société qui veut offrir la médecine gratuite n’a-t-elle donc plus alors le contrôle efficace de son budget de santé, mais elle ne peut plus améliorer la qualité des services en densifiant la couverture médicale ! La demande pour la santé étant infinie, les médecins ne se partagent pas une même somme de travail qui resterait constante et dont chaque médecin accomplirait une part décroissante si le nombre des médecins augmente. En ce cas, c’est la masse de travail - mesurée en "actes médicaux " qui augmente, pour que chaque médecin puisse en faire encore tout autant et donc en retirer le même revenu.

    La seule façon pour l’État de réduire le coût global des services des médecins payés à l’acte est de diminuer le nombre des médecins. C’est ainsi qu’au Québec, en 1996, en pleine pénurie de médecins et chacun travaillant 55 heures par semaine en moyenne, on a mis des centaines de médecins à la retraite, en leur offrant des primes de départ énormes, tout en limitant au plus serré les entrées en Faculté de médecine... On a réduit les services.

    Souvent, on semble penser que la seule alternative au paiement à l’acte est de faire du médecin un salarié. Ce qui est une autre horreur, car qui veut du réconfort d’un médecin qui pointe à 9 h 05 pile et regarde sa montre à partir de 16h 50 ? Heureusement, il existe une troisième solution… On peut mieux contrôler les coûts et permettre un contact humain sincère qui va améliorer les services du médecin, en le payant selon le nombre de ses patients. Cette rémunération "par tête" de client est appelée "capitation ". Ce n’est pas une innovation ; elle est déjà utilisée fréquemment, au Royaume-Uni, en Suisse et un peu partout ailleurs, même dans certaines HMO américains…

    Comment fonctionne un système de paiement par capitation ? D’abord, on demande à chaque adulte de choisir un médecin– qui devient SON médecin - et de s’inscrire au cabinet de celui-ci. Pour chaque adulte et chaque mineur sous sa garde inscrit à son cabinet, le médecin reçoit un montant mensuel. Dans un système de santé universel que gère l’État et où les prix sont fixes, la variable et le nombre de clients et où l’on ne se fait concurrence qu’en offrant de meilleurs services.

    La capitation règle deux problèmes fondamentaux. D’abord l’État peut déterminer sans erreur son budget au poste de la rémunération des médecins. Le montant global que la société désire consacrer à la rémunération de ses médecins est divisé entre tous les médecins, selon la taille de leurs clientèles respectives.

    Le montant de la capitation peut varier selon les clientèles – jeune, âgée, rurale, urbaine, etc – on fait aussi que se résorbent biais et déséquilibres. Le consensus social peut établir tous ces écarts incitatifs qui lui semblent appropriés…

    Le médecin connaît son patient, il le suit comme un ami, comme un patient ... et aussi comme un client. Ayant un intérêt matériel aussi bien que professionnel et amical à ce que ses patients demeurent en bonne santé, le médecin devient encore plus vigilant dans la prévention et le dépistage. La capitation favorise donc l’émergence d’une médecine qui prévoit

    Le patient/client attend du médecin un service amical. Empressé, même, car il peut toujours changer de médecin et, quand le patient s’inscrit au bureau d’un médecin, son inscription vaut son prix ; le patient avec sa famille et ses amis représente un revenu non négligeable pour le médecin, lequel ne peut plus compenser une baisse de sa clientèle par une augmentation des actes médicaux pratiqués sur ses autres patients.

    La relation étroite entre le patient et le médecin modifient aussi le rapport de force entre le patient et le système de santé tout entier. Face aux autorités d’un hôpital où il est accueilli, au régime de compensation pour les accidents reliés au travail et à ses assureurs, l’individu a toujours un expert-conseil avec lui. Il a son manager dans son coin du ring : son médecin.

    Dans un système de santé rationnel, c’est l’État qui paye les frais du patient à l’hôpital, mais l’hôpital doit faire ses frais et ne les fait que s’il a des patients… Si le patient reçoit d’un hôpital une service qui lui déplait, il peut s’en plaindre à son médecin. Le médecin qui craint de perdre des patients parle très fermement à l’hôpital et à l’État. C’est l’État qui nomme les gestionnaires des hôpitaux....

    Quelques gestionnaires disparaîtront, puis c’est la baboune qui disparaîtra du service public … Apres, le reste changera aussi. Je vous invite à lire quelques-uns de ces textes.

    Mots-clés : québec , Médias et Société

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  • 30 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Leprince

    Pourquoi mon commentaire évoquant le commentaire de Demian West qui informait Allard de son interdiction a-t-il été enlevé.

    Vous allez devoir censurer sans arrêt.

    Et interdire combien de commentateurs.

    Vous voulez contrôler l’internet ? C’est une dictature ou une propriété ?

    26 février 2008 | répondre | permalien

    Bonjour, Pierre Allard.

    Intéressant, mais je n’ai pas compris ce que vous appelez "baboune" ?

    26 février 2008 | répondre | permalien
    • pixel

    Et Léon l’hypocrite haineux qui mine de rien nous balance

    "Intéressant, mais je n’ai pas compris ce que vous appelez "baboune" ?"

    26 février 2008 | répondre | permalien

    Pixel

    Votre commentaire est franchement déplacé.

    Pierre R. Chantelois

    26 février 2008 | répondre | permalien
    • La mouche du coche

    Excusez-moi pour ce commentaire encore plus déplacé, mais je trouve très mignonne la publicité "votre email sonne" avec un castor (c’est peut-être une marmotte) quand j’arrive sur ce site québecois. Ne vous fâchez pas, je trouve cela très doux. Excusez-moi

    26 février 2008 | répondre | permalien
    • La mouche du coche

    Il a deux dents qui sortent, ce doit être un castor.

    26 février 2008 | répondre | permalien

    Léon

    « Faire la baboune » : bouder. Revenir à une médecine sans « baboune », face à un médecin qui ne semble pas bouder ».

    Pierre JC me corrigera s’il a voulu donner un autre sens à sa phrase.

    Pierre R. Chantelois

    26 février 2008 | répondre | permalien
    • La mouche du coche

    à moins que ce soit un gros ragondin. (je vais réviser mes rongeurs, moi, je dois tirer cette affaire au clair)

    26 février 2008 | répondre | permalien

    La mouche

    Effectivement, c’est une publicité qui court depuis longtemps au Québec. Merci de l’apprécier. :-)

    Pierre R. Chantelois

    26 février 2008 | répondre | permalien
    • Leprince

    Pierre R le censeur vous parle.

    26 février 2008 | répondre | permalien
    • La mouche du coche

    Ah Pierre R, je viens de voir que le chien de prairie apparait aussi dans un carré à droite de cet article. Je ne l’avais pas vu.

    26 février 2008 | répondre | permalien

    Merci Pierre, expression québécoise, je suppose ?

    26 février 2008 | répondre | permalien

    @ Le prince : le message est sans doute de ne parler sur un fil que du sujet du fil. Est-ce que ça ne vous semble pas une bonne idée ? Faites-moi un article Demian et on en parle.

    @ Leon : Expression québécoise : "montrer ostentatoirement un mécontentement". Pour en comprendre le sens ici, il faut cliquer le lien de l’article de Alain Dubuc, sans lire lequel mon propre article n’a plus de sens.

    @ Pixel : Pourquoi n’aimez-vous pas Leon ? Si vous nous faites un texte sur la haine et l’hypocrisie et qu’il n’est pas censuré je vous répondrai et j’essayerai de vous désarticuler comme une mine personnelle.

    @ Indubitablement... Ça, c’est pour Pixel. Je viens de voir aussi votre réponse à Leon. Merci. Ça m’aprendra à commencer les réponses avant d’avoir lu tpus les commentaires..

    @ Mouche du coche : deux cornes, c’est le Diable ; deux dents, c’est le castor de Bell... et hélas, c’est donc souvent l’enfer :-)

    @ Mouche du coche (a parte) Je tente aillsurs de vous donner une reponse sur Cuba, mais le site ne l’accepte pas. Je me retiens pour ne pas devenir parano. Si elle n’a pas passé demain, dites moi où vous la poster.

    @ Tous : la série de 80 petits articles sur la santé que j’ai publiée peut avoir un intérêt, au moment où l’on va parler beaucoup de Castonguay. Je vous y invite tous.

    PJCA

    26 février 2008 | répondre | permalien

    Pierre JC.

    J’ai donc lu l’article. C’est bizarre, mais si je peux faire des reproches à l’hôpital public en France, ce n’est pas la "baboune". Le personnel est certes souvent débordé, parfois un peu négligent sur ce qui est "confort" et pas "soins", mais je n’ai pas le souvenir d’avoir vu une seule fois du personnel qui faisait la gueule ou avait des comportements méchants.

    Ai-je eu de la chance, où y a-t-il quelque chose de spécifique au Quebec ?

    26 février 2008 | répondre | permalien
    • La mouche du coche

    @ Pierre JC, votre (long et très explicatif )commentaire est passé sur AVox. Merci d’avoir pris de votre temps pour me l’écrire.

    26 février 2008 | répondre | permalien

    @ Leon : Les situations sont TRES différentes au Québec et en France. C’est pour ça que j’ai fait du changement du système de santé mon plus féroce cheval de bataille même si, par formation et expérience, je suis beaucoup plus qualifié pour discuter du système d’éducation

    26 février 2008 | répondre | permalien

    @ La mouche du Coche : Un plaisir. Mon expérience à Cuba alors que j’étais bien jeune a été à l’origine de mon antiaméricanisme primaire, secondaire, tertiaire... :-)

    PJCA

    26 février 2008 | répondre | permalien
    • Adama

    Vous pourriez ajouter ;Depuis lors je me suis laissé pousser la barbe et j’aime pas les circoncis de juifs.

    Beau parcours, hein !

    27 février 2008 | répondre | permalien

    @Adama : ?

    PJCA

    27 février 2008 | répondre | permalien

    Il faut suivre PJCA !

    Anti-américian = antisionise= islamiste=barbu.

    J’ai bon Adama ?

    27 février 2008 | répondre | permalien

    Pardon pour l’orthographe, je recommence :

    Antiaméricain=antisioniste=islamiste barbu.

    27 février 2008 | répondre | permalien

    @ Leon : Merci... mais vous êtes sûr ? Les Islamistes ne sont-ils pas circoncis ? Beaucoup de rabbins ne portent-ils pas la barbe ? Pourquoi confondre antiaméricain et antiaméricaniste, quand une majorité des Américains sont eux-mêmes antiaméricanistes ?

    De toute façon, voici un petit article qui dit du bien des Israeliens......ce qui ne veut pas dire que je les aime quand ils massacrent des Palestiniens...

    Pour Adama... ca dépendra de ce qu’il dira

    PJCA

    27 février 2008 | répondre | permalien

    @ tous : je constate qu’un probleme à Yahoo rend mes liens inopérants. je les reprend ici :

    antiaméricaniste

    petit article qui dit du bien des Israeliens..

    PJCA

    27 février 2008 | répondre | permalien

    La question est immense. Elle pourra devenir plus abordable, le jour où :

    • Le système diminuera sa production insensée de pathologies rémunératrices. • La médecine sera à la hauteur des guérisons qu’elle prétend. • Les futurs médecins accepteront de s’engager (du moins moralement) quant aux performances thérapeutiques dont ils devront être capables.

    Dr J.Grosjean Rédigé par : Dr Jacques Grosjean | le 20 février 2008 à 21:27 /blogrtbf.typepad.com/matin_premiere/2008/02/2102---posez-vo.html#comment-103402670>

    27 février 2008 | répondre | permalien

    Pour les médecins. Je ne crois pas que le paiement à l’acte va se modifier en raison que les médecins sont rois et maîtres dans les hôpitaux. La culture du paiement à l’acte est tellement ancrée, mais pourtant inefficace, je ne vois pas comment modifier la situation. Les forcer ?

    Le privé frappe à la porte avec l’appui du PLQ, ADQ et PQ. Comment renverser la situation alors que le planning et l’acceuil en triomphe du privé semble bien planifié depuis longtemps.

    La solution ? Multiple et complexe et cela débute par l’éducation de la population sur ses responsabilités sur sa santé et ses devoirs de s’informer...

    27 février 2008 | répondre | permalien

    @ aspiral : ce qui exige une redéfinition des tâches. Remplacer le paiement à l’acte par une relation humaine de longue durée entre un patient et un médecin qui "gère sa santé" - prévention incluse ! - est une premiere étape. Il faut aussi redistribuer les tâches entre les intervenants afin que la durée de la formation médicale diminue.

    Folly : Si on ne tente pas de diminuer dans un premier temps la masse de des rémunération, mais seulement leur mode de distribution, on se fait des alliés des éléments les plus dynamiques. Si simultanement on forme PLUS de médecins au lieu de vouloir en réduire le nombre, on modifie le rapport de l’offre à la demande. Il faut seulement un gouvernement intelligent... et qui a des nerfs d’acier

    28 février 2008 | répondre | permalien

    Quel que soit le "système" mis en place, la médecine ne sera bien pratiquée que si elle retrouve ses bases "initiatiques", qui fondent le concept d"honoraires". Bien sûr, il faudra des nerfs d’acier pour que le système change ; plus que cela : il ne faudra pas avoir peur de la mort, de sa mort, car ceux d’en face n’ont pas de limites ! Je parle des firmes pharmaceutiques. Pour illustrer la notions d’honoraires, je me permettrai de vous parler de mon arrière- grand-père, étant moi-même la quatrième génération d’une lignée de médecins que mon fils est en train de perpétuer ! Dans honoraires, il y a "honneur". Au dix neuvième siècle, c’était un honneur pour une femme riche d’épouser un "médecin" et une nécessité pour le médecin, sauf rares exceptions pour quelques professeurs d’université. Mon aïeul était le seul médecin du coron de mineurs où il arrivait le matin avec sa calèche et son cheval de jour. On lui disait TOUT. Il faisait ce qu’il pouvait... gardait un secret médical absolu dit de droit public, et au bout du mois, rédigeait sa note d’honoraires en belle écriture sur un papier à en-tête imprimé. Jamais il ne se serait déshonoré d’envoyer un rappel. Quant aux mineurs, quand ils avaient des fois un faisan, sans doute braconné, il se faisaient un devoir d’honorer leur médecin. Celui-ci mourut pauvre, mais honoré d’un enterrement dont j’ai encore des traces, et qui est ma seule motivation de poursuivre une profession qui s’est déshonorée.

    L’honneur de la médecine actuelle serait entre autre de refuser de greffer un foie à un alcoolique et de ne prescrire des médicalements psys qu’en contrôlant leur bon usage. Soigner les symptômes appelés "maladie" d’un dysfonctionnement, d’un mauvais mode d’emploi de la vie ne suffit pas. Ce type de "traitement" ne fait que renforcer la violence sociale en permettant à leurs "bénéficiaires" d’en profiter pour faire plus de la même chose et rendre... ensuite... les autres, malades... !

    28 février 2008 | répondre | permalien

    C’est Adama...

    28 février 2008 | répondre | permalien

    Houla, le post est mal placé.

    28 février 2008 | répondre | permalien

    @ Aspiral : je ne peux dire que "bravo". J’en suis d’autant plus anxieux d’avoir vos commentaires sur les propositions de réforme que j’apporte pour le système de santé

    @ Leon : Où est passé Adama ? Qu’avez-vous fait d’Adama. Il y aura enquête... :-))

    PJCA

    28 février 2008 | répondre | permalien

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