• Russie-Géorgie : La Stratégie du coup de marteau

    11 octobre 2006 | 0 commentaire(s) | 20 affichage(s)

    L’assassinat de la journaliste Anna Politkovskaya le jour de l’anniversaire de Vladimir Poutine tombe à point pour le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, qui tente de convaincre l’ensemble de la communauté internationale de la dangerosité de la Russie sur le plan régional. Sans faire de lien étroit entre le meurtre d’une journaliste réputée pour ses propos critiques à l’égard des politiques du Kremlin au Caucase, et la montée des tensions entre la Russie et la Géorgie, ces deux événements ont tout de même un effet négatif sur l’image d’État pacifique, médiateur et démocratique que la Russie tente de projeter sur la scène internationale. En effet, le meurtre de Madame Politkovskaya relance le débat sur la fragilité de la liberté d’opinion des journalistes et médias russes post-soviétiques, et montre l’instabilité politique dans laquelle les élections de 2008 plongent la Russie. Pour leur part, l’arrêt des liaisons de la Russie avec la Géorgie et l’offensive russe contre la diaspora géorgienne laissent entrevoir une Russie plus agressive que souhaitée par certains États occidentaux. Alors que les Etats-Unis ont proclamé leur déception face aux sanctions imposées par la Russie à l’égard de la Géorgie, la France, quant à elle, a déclaré craindre qu’un tel comportement ne déstabilise l’ensemble de la région et accroisse les tensions en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

    Les événements récents sont une preuve flagrante de la complexité des relations russo-géorgiennes qui se sont particulièrement détériorées depuis l’arrivée au pouvoir de M. Saakachvili en 2003. Saakachvili, le leader de la Révolution des Roses, n’a jamais caché son désir de rapprochement avec l’Occident par l’adhésion de son pays à l’OTAN. Certes, un tel désir a toujours suscité de vives réactions chez les autorités russes. Ces dernières ne peuvent permettre à leur voisin de rejoindre l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN) qui, créée à l’époque de la guerre froide afin de contrer la puissance de l’URSS et bloquer l’expansion du Pacte de Varsovie, chercherait maintenant à encercler et affaiblir stratégiquement la Russie.

    Pour le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, « il est clair que le principal objectif de M. Saakachvili est l’adhésion à l’OTAN, car il espère par ce moyen régler tous les autres problèmes » [42] et elle jouit d’un plus grand accès à la Mer Noire. Le pouvoir central géorgien cherche bien sûr à reprendre autorité sur ces deux régions et accuse la Russie d’alimenter les tensions en sa faveur. La Russie refuse de telles accusations en disant que sans sa présence en Abkhazie et en Ossétie du Sud, la situation politique géorgienne serait encore plus instable. Toutefois, il est clair que la présence russe empêche la redéfinition du territoire géorgien en une seule autorité et empêche par le fait même la stabilisation de ce territoire où passe le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan, pipeline qui, rappelons-le, a une importance stratégique pour les Etats-Unis.

    Les enjeux de la Russie en Géorgie sont donc nombreux et c’est pourquoi, selon le politologue et chercheur à l’Institut Carnegie de Moscou Alexei Malashenko, la stratégie adoptée par Moscou pour empêcher ses voisins d’être trop ambitieux est celle du coup de marteau [2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Pas encore d'évaluation)

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