
Le dernier opus de la saga Resident Evil sent la décomposition avancée. A trop vouloir côtoyer les zombies...
Resident Evil l’extinction : tout un programme. Ca a le goût d’un plat réchauffé. Car il est question de zombies. Encore.
Bon, disons-le tout de go : c’est un film récréation, de ceux que l’on va voir pour se vider les neurones après une journée harassante. En ressort-on pour autant détendu ? Pas sûr. Car dans cette production taillée sur mesure pour la mystérieuse Milla Jojovitch et son regard tranchant, on se met rapidement à l’évidence : le budget a nourri les effets spéciaux, les fonds de tiroir ayant été consacrés à l’histoire. Un classique. Du coup, les dialogues se dégonflent, ce qui peut pousser le spectateur à s’octroyer une petite pause pipi. On sourit même quand un des tueurs de cannibales léthargiques, sur le point de se sacrifier pour ses potes (c’est beau !), lance à la belle Milla, sous le charme et sur le point de lui susurrer un mot doux sans doute : « Non, ne dis rien. » Séquence mec viril qui assure son courage avec un détachement de spartiate.
Gageons que le jeu vidéo dont est tirée cette trilogie marquera davantage les esprits des amateurs du genre. Car sur la grande toile du 7e art, c’est plate ! Il ne faut pas sortir de la cuisse de Jupiter pour ressasser la recette du gore post-mortem. Je vous résume : un virus a réduit les humains à l’état de zombies. Enfin pas tous, sinon le film n’aurait jamais vu le jour… Mais il y a pis : il a aussi anéanti l’environnement et asséché les étendues d’eau de la planète. Et, petit clin d’œil au mythique Mad Max, l’essence est devenue une denrée rare dans un décor fait de sable et de poussière. Quant aux êtres humains encore dotés d’un cerveau (les autres les mangent), ils sont affublés de costumes qui font aussi écho à la bande à Mel Gibson.
A part ça, du sang en masse, des cris, beaucoup, (eh oui, un zombie ça ne disserte pas sur les accommodements raisonnables), et des personnages qui servent de faire-valoir à l’héroïne du film, version saharienne de Tomb Raider. Au bout d’une heure et demie de castagne – avec un épilogue qui laisse présager un autre épisode à la saga – on se dit que c’est assez. Rien de nouveau au final, si ce n’est la portée du titre. Resident Evil l’extinction, c’est parfait pour un clap de fin. Mais avec un scénario aussi vérolé, on peut craindre une autre contamination.
Petit bon point toutefois : la séquence où un zombie utilise un cellulaire, un appareil photo numérique puis un jeu pour enfants, est assez amusante. Un scientifique était en train de tester un sérum qui leur redonne un peu d’intelligence, à défaut de les transformer en végétariens. C’est dommage, on tenait là une idée originale !
/BOUCLE_video>En total désaccord. Un virus a vraiment réduit tous les humains à l’état de zombies, sinon le film n’aurait jamais vu le jour… :-)
Je sais qu’un jour je m’endormirai devant la TV, que je m’éveillerai en sursaut face à une scène de ce film et que j’aurai été bouffé un peu plus par le système avant d’avoir eu le temps de changer de poste...
Pierre JC Allard

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