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    Qui est Piyush « Bobby » Jindal, colistier potentiel de John McCain ?

    le 2 juillet 2008 | 291 visites | 4.20 / 5 | 0 commentaire(s)
    Qui est Piyush « Bobby » Jindal, colistier potentiel de John McCain ?
    photo : dsb nola (Flickr)

    Sedona semble être à John McCain ce que Kennebunkport est à la famille Bush : le lieu privilégié pour des rendez-vous de stratégie. Nicolas Sarkozy avait, en août 2007, été reçu dans la résidence familiale des Bush. C’était à l’occasion des vacances du président français dans le New Hampshire. Nicolas Sarkozy suivait de près le président russe Vladimir Poutine, invité également à Kennebunkport.

    À la fin du mois de mai, trois candidats potentiels à la vice-présidence des États-Unis, l’ancien gouverneur du Massachusetts, Mitt Romney, le gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal et celui de Floride Charlie, Crist, s’étaient retrouvés, pour le long week-end du Memorial Day, dans le ranch du candidat républicain à la Maison-Blanche, John McCain, situé à Sedona, dans l’Arizona (sud). À l’époque, l’équipe de McCain avait tenté de minimiser l’importance de cette réunion de stratégique : « C’est une réunion purement amicale », avait dit Mark Salter, un proche conseiller. John McCain avait déjà déclaré avoir établi une liste d’environ 20 personnes pour l’accompagner dans la course à la Maison Blanche.

    Piyush « Bobby » Jindal est né en 1971 à Baton Rouge (Louisiane). Diplômé avec les honneurs en biologie et en politique publique à l’université Brown, il bénéficie d’une bourse scolaire Rhodes pour acquérir une maîtrise en politique à l’université d’Oxford. En 2005, il est proclamé India Abroad Person of the Year. Mais, comme le note IndianStylZ, Piyush Jindal n’a jamais mis en avant son identité culturelle indienne : reniant l’Hindouisme, ce républicain s’est converti au Catholicisme à l’adolescence. Très jeune, il commença à se faire appeler Bobby, plus américain qu’indien.

    Élu gouverneur de Louisiane, en octobre 2007, Bobby Jindal a ceci de particulier qu’il est le premier gouverneur américain, d’origine indienne du Punjab. Il est le second Indien à avoir été élu au Congrès fédéral après Dalip Singh Saund. Sa dernière campagne a porté sur les promesses de mettre fin à la corruption politique, de réduire les impôts, et d’améliorer l’éducation.

    En 2003, il tente de se faire élire gouverneur de Louisiane mais il est cependant battu avec 48% des suffrages par le candidat conservateur du parti démocrate, Kathleen Blanco, qui obtient 52% des votes. Les observateurs attribuent sa défaite au fait que les électeurs blancs conservateurs du nord de l’état auraient refusé de voter pour lui parce qu’il n’était pas blanc bien que républicain. En 2004 que Jindal est élu avec 78% des suffrages à la chambre des représentants fédérale. En 2007, Bobby Jindal remporte, au premier tour, deux ans après la catastrophe de Katrina, l’élection avec plus de 50 pour cent des voix.

    À 37 ans, il est très respecté par l’aile conservatrice du parti républicain. Il est marié et père de trois enfants. Depuis février 2008, la rumeur court que cet homme serait le candidat idéal à la vice présidence de la candidature de John McCain.

    Il fait, depuis peu, beaucoup parlé de lui. Devant les difficultés du parti républicain de recruter des afro-américains, John McCain se tourne vers un jeune gouverneur d’origine indienne, élu Selon un sondage en 2006, ce sont seulement 11 % des Afro-Américains qui auraient voté pour le parti Républicain.

    Bobby Jindal se retrouve au premier plan de l’actualité pour avoir signé, la semaine dernière, une loi qui, selon ses adversaires, pourrait permettre l’enseignement du « créationnisme » aux côtés du darwinisme dans les écoles publiques. Certains affirment même qu’il milite activement pour que « l’évolutionisme » ne soit plus enseigné à l’école. L’objectif de cette loi serait de permettre : « une discussion ouverte et objective des théories scientifiques étudiées, dont celle de l’évolution, sans se limiter à elle, celles sur les origines de la vie, sur le réchauffement climatique et le clonage humain ». Le texte de loi a été soutenu par l’organisation chrétienne conservatrice Louisiana Family Forum et par l’Institut Discovery, qui défendent la théorie de la « conception intelligente » (ou dessein intelligent) - théorie qui préserve la complexité de la vie mais en impute l’origine à un grand créateur.

    Bobby Jindal – malgré sa formation de biologiste – croit, comme John McCain, qu’il est préférable d’enseigner toutes les théories et de n’en exclure aucune lors de l’enseignement de l’évolution. Il a même soutenu que la thèse de la « conception intelligente » était la meilleure science qui soit. Jinda souhaite, pour ses enfants, qu’ils aient accès aux vraies théories de la création : « I’d certainly want my kids to be exposed to the very best science. I don’t want them to be-I don’t want any facts or theories or explanations to be withheld from them because of political correctness ».

    Sujatha Samy-Randy, d’origine indienne également, écrit sur son blogue : « Bobby a oublié de ne pas s’inspirer de ce que ce pays peut produire de pire... Il est créationniste et milite activement pour que l’évolutionnisme ne soit plus enseigné à l’école. Il est aussi opposé à l’avortement, quelque soient les circonstances. Pour la première fois, je n’ai ressenti aucune fierté face à la réussite de quelqu’un qui me ressemble. J’ai le sentiment que loin de faire avancer notre communauté, monsieur Jindal contribuera à la faire régresser en prônant l’obscurantisme et une certaine forme d’intolérance. Il faudrait penser à sortir du jardin d’Eden pour parcourir le monde... »

    Opposé à l’avortement et à la recherche embryonnaire, Bobby Jindal soutient sans faille la mise en place d’un amendement interdisant d’incendier le drapeau américain et le droit aux armes. Ses positions personnelles peuvent en surprendre plus d’un. À preuve, cet article de Bobby Jindal, publié en 1994, dans le New Oxford Review, comme le rapport le Time, qui a fait le tour de la blogosphère. Converti dès l’adolescence au catholicisme, Jindal se vante d’avoir pratiqué un exorcisme. « Being a recent convert to Catholicism, I had yet to accept the Catholic doc­trines concerning Mary and considered any form of Marian devotion to be idolatry », écrit d’entrée de jeu Bobby Jindal. Sur la personne qui fait l’objet de l’exorcisme, Susan, le scientifique écrit : « The crucifix had a calming effect on Susan, and her sister was soon brave enough to bring a Bible to her face ».

    La semaine dernière, Bobby Jindal déclarait toute sa fierté d’avoir signé, le même jour où la Cour Suprême des États-Unis invalidait la peine de mort pour les violeurs d’enfants de moins de 12 ans, la loi 144 destinée à mettre fin aux actes de ces monstres. En vertu de cette loi, les violeurs reconnus coupables par les tribunaux devront se soumettre à la castration chimique. Le gouverneur Jindal s’est félicité d’avoir adopté cette loi le même jour où « the Supreme Court has made an atrocious ruling against our state’s ability to sentence those who sexually assault our children to the fullest extent ».

    Le débat n’est pas exclusif aux États-Unis. L’Action démocratique du Québec (ADQ) a demandé, ces dernières semaines, que les délinquants sexuels soient forcés de suivre une thérapie en prison, qu’ils se voient imposer des peines plus sévères et que la castration chimique soit une condition de libération conditionnelle pour certains récidivistes. Lors du sixième congrès des jeunes de l’Action démocratique du Québec (ADQ), qui avait lieu à Montréal, les 15 et 16 juin derniers, ces derniers ont réitéré le vœu que les délinquants sexuels récidivistes subissent la castration chimique avant de bénéficier d’une libération conditionnelle.

    En France, selon la présidente de l’Ange Bleu : « la pédophilie n’est pas un mal qui se soigne à coups de piqûres. On rassure la société avec cette solution, mais l’accompagnement humain est bien plus efficace contre la récidive ».

    (Sources : AFP, Cyberpresse, Huffington Report, New York Times, Politico, Presse canadienne)

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    Mots-clés : états-unis , vidéo , Politique et john mccain

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