• Qui a dit Festival de musique à cordes ?

    11 mai 2007 | 3 commentaire(s) | 61 affichage(s)

    Le rideau est donc définitivement tombé le 29 avril dernier sur la 2ème édition du festival international de musique à cordes. Cette rencontre de quatre jours qui, s’est déroulée sous le signe de “l’ouverture et du dialogue des cultures’’ entre les musiques du Gabon et celles du Mali, de Sao Tomé, du Cameroun et de la France a été organisé conjointement par le Ministère gabonais de la Culture par le biais du Musée National des Arts et Traditions, le Centre Culturel Français de Libreville et l’Association Culture sur Orbite.

    Les instruments à cordes, caractéristiques d’Afrique centrale sont des instruments quotidiens au Gabon et dans certains pays de la Sous Région d’Afrique Centrale. Ils sont pratiquement inconnus dans le monde. C’est pourquoi, le festival de Libreville s’est fixé comme objectif – les faire vivre au même titre que la guitare espagnole, ont tenue à expliquer la veille de l’ouverture les organisateurs en tête desquels l’ethnomusicologue et directeur du Musée national, Ludovic OBIANG, le directeur du Centre culturel français (CCF) Guy Lacroix et le musicien Toups Bebey a qui la direction artistique du festival a été confiée.

    Aussi, en ouvrant officiellement cette deuxième édition le jeudi 26 avril 2007 devant Madame Blandine MARUNDU, Ministre gabonais de la Culture, Jean Marc Simon, Ambassadeur Haut représentant de la France au Gabon a souligné que « le patrimoine du Gabon, souvent méconnu, est remarquable et je suis heureux que la France puisse contribuer au travers de ses projets à sa promotion et à sa valorisation ».

    « La France qui, souhaite aussi accompagner la professionnalisation des artistes gabonais, entends réserver des moyens importants à leur qualification en soutenant certains projets du ministère de la Culture et des Arts, en particulier en direction de l’Ecole Nationale des Arts et Métiers (ENAM) et en finançant des actions exceptionnelles qui visent à mettre en valeur la vitalité de la création contemporaine », a poursuivi M. Simon.

    Contrairement à la première édition il y a trois ans, le programme de la présente manifestation a été focalisé essentiellement sur la tenue de concerts mais aussi dans une moindre mesure des animations musicales qui n’ont pas drainer un grand monde et une exposition sur les instruments anciens de la collection du Musée national des Arts et Traditions et contemporains de musique et des ateliers de confection et de vente de ces articles. Il serait donc honnête de souligner que, cette deuxième édition n’a véritablement pas tenue toutes ses promesses malgré une vaste campagne de communication et toutes les bonnes intentions affichées par les organisateurs.

    Parmi les concerts ayant marqué le public cosmopolite du CCF, il y a cette prestation de l’artiste malien de renommée internationale, Habib KOITE entremêlant les traditions de son pays natal, le Mali et les influences occidentales avec son jeu de guitare mais aussi des apparitions sporadiques du diseur et joueur de “Mwet”, Tisra OWONO MBA, ainsi que de l’un des derniers joueurs de la harpe pygmée à six cordes, Etienne ANGWETSE venu tout droit de Makokou et, qui a eu le devoir en vingt – trente minutes au cours de ses deux et uniques sorties en quatre jours de l’évènement de faire découvrir au public cet instrument sans oublier la voix phénoménale d’Isaac John DJILA à l’ouverture du festival. Le grand concert de clôture placé sous le signe des métissages musicaux de cette deuxième édition du festival de musique à cordes que les organisateurs souhaitent voir se pérenniser a été de loin un concert mémorable.

    Contrairement à l’édition précédente qui, avouons-le a été une réussite parfaite celle-ci n’a pas connu un engouement véritable. En 2004, par exemple, il y a eu sur les dix jours de rencontres entre cinq à six conférences débats et des entretiens musicaux animés par des spécialistes et autres universitaires et initiés aux différends rites traditionnels du Gabon (Abandji, Bwiti…) sur les instruments de musique à cordes ou encore de ces larges commentaires autour de l’esthétique du “Mwet” et du documentaire “Au commencement était le verbe” un film de ABESSOLE MINKO. En 2007 – une seule conférence : Faire musique de tout bois, animé par l’Ethnomusicologue, Ludovic OBIANG.

    Lors de cette première édition, il y a eu également des journées thématiques et des improvisations entre musiciens classiques et musiciens traditionnels. En 2007 le programme a été tout simplement allégé. C’est ainsi qu’il a été consacré, par exemple, les journées du “Mwet”, de la Harpe. Ces journées avaient réuni un grand nombre de “harpistes” et “mwetistes” de renommer nationale. Etait aussi au programme ; la journée de la Kora, de l’Arc musical et de la Musique Classique.

    Pour ce qui est de la Harpe, par exemple, en dehors du concert d’ouverture avec la découverte de Fernand Herbert EYENE ONDO, le plus jeune joueur de la Harpe âgé seulement de 12 ans les sons de cet instrument n’ont plus étaient entendus par le public du CCF constituant ainsi la grande surprise de cette édition. Hors tout le monde sait que, la Harpe comme les autres instruments à cordes du Gabon sont d’une grande importance dans la tradition gabonaise. Ils concentrent à la fois la richesse musicale et l’autorité religieuse. Ces instruments sacrés, objets de ferveur et de vénération sont au cœur de savoir complexes et souvent ésotériques qui en font bien plus que des instruments de musique, mais le condensé même des cultures qui les intègrent.

    A partir de cet instant comment alors comprendre que les organisateurs en tête desquels le Directeur Artistique aient pu négliger cet aspect eux qui, pourtant ambitionnent d’institutionnaliser et de pérenniser cet évènement. Ce détail plein de symboles et qui a été interprété diversement par une bonne partie du public devrait amener ces derniers à rectifier le tir à l’avenir car réaffirmons-le, la Harpe constitue incontestablement un élément fédérateur de la culture gabonaise. Elle est l’emblème par excellence d’un fond culturel commun au-delà des variantes ethniques

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  • 3 commentaires

    • obasix

    Valoriser davantage les instruments en voix de disparition et faite participer les meilleurs instrumentalistes locaux au lieu de dépenser des millions de francs à faire venir des trompétistes, flutistes et autres qui n’ont aucun lien avec le festival même s’il est vrai que c’est aussi de la musique - mais pas à cordes.
    Je souhaite des améliorations pour la prochaine édition.

    • gael

    J’avoue que vous n’êtes pas loin de la vérité. Jai assisté à toutes les rencontres de la première édition, je confirme que l’édition 2007 a été de loin une réussite contrairement à ce qui a été rapporté par le quotidien national “l’Union”.
    C’est vrai que, la Harpe n’a pratiquement pas été entendu, hors Papé NZIENGUI, Marius et son groupe BONGUEMA étaient bel et bien présent au concert de cloture on les a même vu salué le public à la fin du concert.
    Dans tous les cas, les organisateurs ont du pain sur la planche s’ils veulent concurencer les autres festivals et pereniser ces genres de rencontres.
    Mention passable.

    • jean

    C’est dommage que Isaac DJILA a été quasiment absent pendant le festival car lors de sa prestation à l’ouverture de cette deuxième édition, il a non seulement surpris mais surtout séduit le public du CCF par sa voix aux multiples sonorités. Programmé au concert de cloture, lui au moins aurrais du sauver les meubles. Dans tous les cas ; lui et le grand AKENDEGUE ont dignement representé le pays là bàs au Japon.
    Bravo, les Artistes.

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