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    Opinion : Quand le Yediot Aharonot se lâche !

    le 19 février 2008 | 297 visites | 2.86 / 5 | 7 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Quand le Yediot Aharonot se lâche !
    photo : 106fm Jerusalem (Flickr)

    Critique / chronique d’un article paru dans le journal israélien ’Yediot Aharonot’.

    Le Yediot Aharonot se situe à droite sur le champ politique israélien, et l’on peut le qualifier comme sensationnaliste. Pourtant, l’article signé B. Michaël est simplement prodigieux. Pour ceux qui désireraient le lire avant d’attaquer cette critique, celui-ci est disponible pour les abonnés de Courrier International ici, ou tout simplement dans le n°902.

    L’auteur, dans une plume quasi-hallucinée nous livre un court texte, assez fort pour que l’on s’y attarde. Le sujet principal avait déjà eu une petite place dans ce blog, et n’est autre que la polémique des soldats israéliens montrant leurs derrières à des Palestiniens, le tout filmé par des pacifistes outrés. Vous pouvez vous remémorer cet évènement en allant ici.

    Pour B. Michaël, cet acte est une véritable honte : "Qui aurait pu croire que nos enfants, la chair de notre chair, étaient capables de telles abominations ?" Il enchaîne : "fait rare, une enquête disciplinaire a été rondement menée, et les culs (pardon, leurs propriétaires) ont été identifiés, jugés et condamnés à vingt et un jours de prison. Au trou !"

    À partir de ce moment là on se demande où l’on va, et où veux nous mener précisément l’auteur. Et là, rappelant l’affaire d’un officier qui avait tiré sur un civil désarmé, l’avait blessé et été sorti du tribunal "libre comme l’air", il lance tout à trac : "S’il avait eu la cruauté de lui montrer son cul, nul doute qu’il serait allé illico en prison. Mais, dans sa mansuétude, il s’est contenté de lui tirer dessus. Certes, la victime était un Arabe. Mais ce détail n’est certainement pour rien dans la clémence du tribunal."

    Bim, on tape où ça fait mal, avec en prime la phrase assassine, tabou : "certes, la victime était un Arabe." Triste réalité surtout dans un contexte autant moqueur, mais qui peut tout autant jouer sur le rôle de l’ironie et de la dénonciation (ce pour quoi je pencherais).

    L’article ne s’arrête pas là : "Il n’y a pas de quoi être choqué que des soldats israéliens montrent leur cul. Cette gestuelle fessière est un moindre mal. Ce serait même une excellente idée de l’encourager et d’en faire un substitut légal et officiel à la litanie désagréable de nos actes de guerre." Intéressant n’est-ce pas ? Utopique le Michaël ! Et il se prend même pour Martin Luther King ( !) : "Des culs, pas des balles ! Cette nuit, j’ai fait un rêve merveilleux." Et il nous emmène dans son rêve, peuplé de soldats et de raids israéliens fait à coup de fesses, mais tout autant de terroristes qui, "au lieu de déclencher leurs ceintures d’explosifs avaient exhibé leurs beaux torses nus". Il conclue ce rêve sobrement : "j’ai hélas compris que je rêvais de la venue du Messie." Ni plus ni moins ! Le Messie tant attendu fait donc bouger les fesses et sortir les torses !

    On touche là les bas-fond, et, s’en rendant sûrement compte, l’auteur nous ramène à l’ordre : "Bon, assez rigolé !"

    Il déclare alors que, " S’il y a quelque chose de révoltant dans l’ ’affaire des derrières’ " (notez bien l’usage du si il y a), et bien ce n’est pas l’acte lui-même (sic) ; mais le "choc causé dans l’opinion, la mine grave affichée par nos officiers et les cris poussés par nos esprits bien-pensants." Ah ? Et là, nouvelle phrase à souligner de plusieurs traits : "Les préposés à l’occupation, l’armée, le Shabak [services de sécurité intérieure] et la police commettent chaque jour des actes infiniment plus graves et scandaleux" Jusque là on est d’accord... Et ?

    "Mais cela, à force de détourner le regard, nos belles âmes ne le voient pas. Alors, tout ce qu’il leur reste à voir, ce sont des culs. Honte à eux !"

    Pour conclure sur cette grande prose, on notera donc quelques petites "pépites", mais aussi des rêves embrumés qui n’amènent rien, et, plus que tout, la légitimisation de "montrer son cul" pour cause que l’homme (et ici Tsahal) pourrait faire (et fait) bien pire ! Rabaissons donc l’humain, perdons notre sursaut d’humanisme et acceptons que ceux qui souffrent soient rabaissés plus bas que terre, que ceux qui meurent soient moqués !

    Mots-clés : israel et Médias

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  • 7 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Adama

    De tout temps les soldats ont montré leurs fessiers aux ennemies d’en face, pas de quoi en faire un plat et surtout un article !

    Les écossais en avaient fait leur spécialité.

    Vive le cul à bas la guerre !

    19 février 2008 | répondre | permalien
    • Demian West

    On devrait confier l’art de la guerre aux femmes, c’est mieux pour les yeux.

    20 février 2008 | répondre | permalien
    • Adama

    Shyankar est en fin de compte très chiant,si de belles soldates avaient baissé leurs pantalons devant l’ennemi, il se serait voilé les yeux !!!

    20 février 2008 | répondre | permalien

    Si j’ai certes répondu même jeu que l’auteur de cet article, il n’empêche que j’ai beaucoup de mal à rire de la souffrance d’un peuple. Quoi qu’il en soit, Tsahal reste une armée, avec ces dérives comme toute armée...

    Dans un numéro de courrier international j’ai lu que Tsahal avait d’ailleurs sorti un calendrier avec ces ’plus belles femmes’ posant, un peu à la manière de nos rugbymen... Après maintes recherches je n’ai pus le retrouver... Comme quoi, Demian West n’a pas tort !

    20 février 2008 | répondre | permalien

    Ce mélange de pudibonderie et de politically correct qui vient voler la vedette d’un film horreur en N épisodes me pose une interrogation très grave.

    Ce sont les Américains qui ont refilé ce microbe qu’on reconnait vite aux Israéliens... ou le contraire ? Réfléchissez bien : ce n’est pas innocent...

    PJCA

    20 février 2008 | répondre | permalien
    • Adama

    Pierre,

    Personne n’est obligé d’aimer les juifs, comme personne n’est obligé d’aimer Allard.

    Les juifs vous les aimez lorsqu’ils sont martyrisés, dans un ghetto, moi je me préfère libre, combattant pour une liberté très chèrement payée, les armes à la main si nécessaire.

    La parabole du loup et de l’agneau n’existe que dans les contes pour enfants ou bien dans les évangiles.

    21 février 2008 | répondre | permalien

    @ Adama

    Recentrons ici le débat, le fait d’être juif n’a rien à voir avec cet article, et votre ’personne n’est obligé d’aimer les juifs’ est hors de propos. Ce qui est mis ici en exergue est la politique de l’état d’Israël, et non pas ce que vous catégorisez comme Juifs en général ! Ce n’a rien avoir ! Beaucoup de Juifs condamnent la politique d’Israël, comme beaucoup n’adhère pas au sionisme. Ne catégorisons pas ! De même il faudrait que vous m’expliquiez ce que signifie pour vous ’moi je me préfère libre, combattant pour une liberté très chèrement payée, les armes à la main si nécessaire.’ ...

    @ PJCA J’ai lu votre article, et j’aimerais tenter de répondre à vos deux questions. 1) Je ne pense pas que l’Oncle Sam ai appuyé l’état d’Israël, plutôt qu’il l’ai simplement soutenu. Beaucoup d’analystes déclarent qu’il y a une sorte de lien entre Israël et les USA, qui viendrait du fait que chacun se voie comme la ’nation élue de Dieu" etc. De là à dire que les USA ’mènent’ Israël je ne pense pas... 2) Sérieusement oui, peut-être même plus facilement ; mais plus en ’douceur’ (j’entends ici du moins voyant, mais tout autant criminel).

    Cordialement

    21 février 2008 | répondre | permalien

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