Patrick Roy vient de s’excuser. Son fils l’a fait hier. Leur comportement, ainsi que celui de plusieurs autres acteurs du hockey junior a abondemment fait jaser depuis quelques jours. Voyons comment la pratique du hockey pourrait beaucoup mieux servir notre culture si elle devenait encadrée par le monde scolaire !
Je me souviens d’avoir écrit un texte portant sur Patrick Roy à l’occasion de son intronisation au Temple de la renommée du hockey. Je ne regrette pas de lui avoir rendu hommage. Il a été tout un gardien de but. Est-ce à dire que pour la suite, il sera un homme de hockey tout aussi glorieux ? Présentement, il mange son pain noir, comme on dit...
Au moment où les sanctions viennent de tomber dans ce qui est convenu d’être appelé « l’affaire Roy, père et fils », le hockey junior a un oeil au beurre noir. Élément fondamental de notre culture, notre sport national n’en finit plus d’ailleurs de péricliter ces dernières années dans l’estime de ceux qui en ont marre de la compétition à tout prix. Les statistiques de participation en bas âge ne cessent de décroître, les engueulades de parents sont devenues la norme et il ne s’est pas construit d’aréna dans les grandes villes depuis plus de trente ans au Québec.
Pourtant, ici au Québec, nous accordons une ovation debout à un joueur de centre qui remporte une mise au jeu avec seize secondes à écouler en troisième période dans un match de hockey chaudement disputé (Rangers vs Canadiens, le 19 février 2008). Il nous arrive également d’applaudir un combat à coups de poing impliquant deux joueurs même si plusieurs d’entre nous trouvent abrutissant que deux hommes règlent leurs comptes de cette façon. Quand ce sont des jeunes qui jouent aux adultes et qu’un des deux ne veut pas se battre, on trouve ça moins drôle, par contre...
Étant donné que la culture sert bien davantage à montrer ce que nous sommes que ce que nous voulons être, il convient de dire que ce n’est pas demain la veille le jour où nous arrêterons d’aimer les bagarres au hockey. Ça fait partie de notre culture... qu’on aime ou qu’on n’aime pas !
En tant qu’éducateur et amateur de hockey, ça fait longtemps que je privilégie le hockey scolaire comme mode d’organisation pour le junior comme pour les autres niveaux. Aux États-Unis, le calendrier des ligues collégiales est moindre, les jeunes ne sont pas moins repêchés par les équipes de la LNH et ceux qui ne le sont pas ont un diplôme en poches, au moins. Il y aurait beaucoup d’avantages à considérer l’option que les ligues soient scolaires au hockey, comme pour tous les sports, d’ailleurs.
C’est le moyen le plus sûr pour enrayer cette culture de la « fin » qui justifie « les moyens ». Ne soyons pas dupes... Tout le monde sait que l’entraîneur Roy avait le troisième match de la série à préparer samedi dernier à Saguenay. Tirant de l’arrière 7 à 1, il y a une stratégie dans le livre des « grands du hockey » qui commande de brasser la cage aux adversaires pour lui faire sentir qu’on les attendra de pieds fermes au prochain rendez-vous. Personne ne va me faire croire qu’on va réécrire le livre à la suite des incidents malheureux des derniers jours.
Les « connaisseurs » de la LJMHQ auront beau dire ce qu’ils veulent, rien ne changera dans la façon de développer « leur produit » tant que la fin justifiera les moyens.
Si les politiciens veulent vraiment donner un grand coup, ils doivent confier au monde scolaire toutes les ligues de hockey, en partenariat avec le privé, pour que le développement des humains soit au-dessus de tout !
Il y aura des ressources à mettre, mais à un moment où au football on observe de si belles réussites, il faut saisir l’occasion de « cette crise » pour grandir ce sport qui nous fait autant vibrer. Voilà un objet de notre culture que nous n’avons pas le moyen de laisser aller à l’adrénaline du moment !
/BOUCLE_video>Au hockey professionnel, un joueur agressé physiquement par un autre n’a pas le droit de poursuivre son agresseur en Cour criminelle.
De ce fait, il existe un certain lieu de non-droit dans le sport professionnel.
En quoi une agression physique pourrait-elle être exemptée du processus légal d’une poursuite au criminel ? Quant à moi, prétexter que l’action en question ait eu lieu dans le cadre d’une activité sportive ne permet pas de faire fi de la loi..
Une agression délibérée est criminelle peut importe le contexte. Point barre.
Amicalement, GL
Je vais me rendre ici IMMENSEMENT impopulaire en vous disant que je considère le sport professionnel comme un mal nécessaire, aussi indispensable que les latrines, mais à éviter comme sujet de conversation entre gens ayant la moindre autre chose à dire.
PJCA

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