• Quand la colère brûle, la haine rit

    17 août 2008 | 0 commentaire(s) | 31 affichage(s)

    « Le choc entre une voiture de police et une mini-moto, dans lequel deux adolescents, Moushin et Larami, ont trouvé la mort, a-t-il résulté d’un accident ou d’une « bavure » policière ? [4]. L’effacement de « codes sociaux » et le peu de place au compromis laisse croire à une réalité désabusée d’elle-même, se repliant sur ce qu’il y a de plus concret, la survie. L’urgence est au dialogue. Quand parcs, arénas, ruelles deviennent les espaces exploités autrement où s’émancipe une vie hors du cadre sociale a priori, quand la normalité ressemble au seuil de la pauvreté, et que le terrain de jeux devient le terrain non pas des ententes mais des disputes, le racisme ne devient qu’un terme abscond vide d’explication. S’acharner sur le « pourquoi », pourquoi ne pas avoir visé la jambe au lieu de torse, pourquoi ne pas avoir eu plusieurs patrouilleurs sur les lieux, pourquoi tout flamber ? Les enseignant demeure les premiers témoins de certaines incompatibilités sociales et de l’urgence de panser les mentalités heurtées et colériques. Dans ces lieux, l’école se présente donc comme un obstacle, un passage obligé, pénible qui allonge le parcours de ces jeunes dont leurs carrières semblent déjà compromises.

    Bien avant le racisme, et surtout bien avant cet antiracisme qui se réclame équivoquement de la contestation, il y’a l’exclusion, la mécompréhension des communautés installés, la pauvreté qui tapissent la réalité sociale des quartiers chauds de Montréal. Or, l’inverse semble avoir été compris, c’est-à-dire qu’on croit à un racisme évident qui aurait d’une façon tacite exclu, « ghettoisé » les communautés de sorte que celle-ci très sensibles à leur différences culturelles vis-à-vis la majorité exploseraient, « spontaneraient » sans compromission.

    D’avoir changé l’orientation du questionnement par certains libres penseurs modifie la perspective collective de la réalité et des moyens, d’avoir sonné l’alarme du chaos qui nous dépasse semble trop facile à gober. La réflexion ne doit pas se faire dans le sens d’un racisme ou non, de la violence ou pas mais vers les communautés. L’intégration et l’aide semble-t-il demeure la solution la plus apte à cicatriser les profondes plaies sociales. Avions-nous réfléchie à repenser cette intégration. Penser l’intégration après l’immigration en demeurant lié à la réalité sociale qui définie ces nouveau arrivants ou ces descendants d’immigrants. Tristement, il semble y avoir une mode quant aux vives réactions : descendre dans les rues et brûler le paysage. Ces témoignages aussi différents qu’ils soient par leurs origines et leurs provenances ont tous une similitude sociale : l’inégalité, l’intégration, l’exclusion. C’est justement parce qu’il y’a cette sorte « d’exclusion anthropologique », se repoussement des frontières entre les nantis et les Autres, le propre et le lugubre, le marbre et le bitume qu’il se crée une tension qui parfois comme les séismes naturelle s’incarne dans le carnage et la destruction, le seul message universelle de la colère. Ce soit disant racisme n’est que la façade des lacunes de l’intégration, du mépris de la différence. Rien n’excuse la destruction, rien ne pardonne la mort accidentelle. Les morts accidentelles des policiers Valérie Gignac et Daniel Tessier en 2005 n’a en rien enclenchées la haine dans les rues jusqu’au vandalisme sans mesure.

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