• Quand l’absurdité de la communication sur le développement durable à toutes les sauces ne choque personne

    25 novembre 2007 | 3 commentaire(s) | 7 affichage(s)

    Le 10 novembre a eu lieu le baptême du nouveau trimaran de Francis Joyon, son sponsor Idec a diffusé son communiqué de presse, dans lequel se trouve cet extrait surprenant : « L’aventure continue donc avec ce nouveau trimaran de près de 30 mètres. Avec lui, Francis Joyon pense pouvoir tutoyer la barre des 70 jours, en tous cas reprendre à Ellen MacArthur « son » record planétaire. Le tout à bord d’un bateau « propre », respectueux à 100% de l’environnement et qui n’utilisera par exemple aucune énergie fossile et pas le moindre moteur. » source IDEC samedi 10 novembre 2007.

    Ce magnifique trimaran de 30 mètres est un « condensé » des toutes dernières technologies en matière de construction de prototypes. Ces bateaux aujourd’hui que ce soit en monocoque ou en multicoque, ont atteint un niveau de qualité de construction qui pourrait ce comparer à l’aéronautique ou à la formule 1. Les architectes et les coureurs s’en donnent à coeur-joie, ils ont enfin, avec l’évolution des matériaux et la maîtrise de leur mise en oeuvre, la possibilité de dessiner et de mettre en chantier leurs rêves les plus fous. Les quinze dernières années ont été d’un grande productivité en termes d’innovation technique, et en fiabilité des équipements.

    Si vous détaillez l’ensemble du voilier, vous remarquerez le magnifique travail effectué par le chantier et les différents fournisseurs. D’ailleurs faisons un petit point, l’ensemble de ce fier navire annonce un poids total de 11 tonnes, pour 30 mètres, c’est tout à fait étonnant. Que faut il pour atteindre, ou plutôt ne pas dépasser ce devis de poids ? Du tissus et un liant pour construire les coques et le mat, du tissus et un liant pour fabriquer les voiles, de la fibre pour les bouts (cordages) et des techniciens maîtrisant parfaitement toutes les phases de la construction. Les matériaux utilisés sont principalement le carbone, le kevlar®, l’epoxy, le mylar®, et autre Pbo. Tous ces produits sont les résultats des savantes recherches de l’industrie chimique.

    Nous avons donc 11 tonnes de carbone et autres fibres et résines, qui composent un voilier conçu pour effectuer un tour du monde en moins de 70 jours, dans les mains d’un marin ayant déjà fait preuves de ses capacités, et qui souhaite repartir pour un record qu’il a détenu pendant un an, jusqu’à ce que Lady Ellen lui ravisse.

    Le plus extraordinaire de ce projet est en fait la communication qui tourne autour ce projet. Un bateau propre respectueux de l’environnement, qui naviguera autour du monde sans utiliser d’énergie fossile. Faisons les comptes, les besoins en énergie pour un solitaire sont relativement faible, au mieux deux heures de générateur par jour pour recharger les batteries, soit environ 3 litres de gazole par 24 heures, pour 70 jours…. 210 litres, arrondissons à 250 litres. C’est un beau projet d’économiser 250 litres de gazole et quelques kilos de co2, grâce à ces 11 tonnes de carbone et autre dérivés du pétrole, dont on ne connaît pas le coût écologique de sa mise en oeuvre..

    Nous avons là un bel exemple des dérives de la communication qui se jette sur toutes les modes, en l’occurrence celle du moment, la réduction des gaz à effet de serre. Nous devons en effet prendre conscience de l’effort à fournir pour diminuer la pollution, mais il y a peut être des limites à l’absurdité.

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  • 3 commentaires

    • Anonyme

    Il est certain que nous devons nous méfier de tout ce qui est dit biologique, durable, etc… mais sans cette opportunité de marketing, pensez-vous vraiment que les entreprises participeraient à un effort collectif de réduction de notre empreinte écologique ? C’est juste un début, des mécanismes finiront par être mis en place pour valider les dires des entreprises, du moins de leurs étiquettes et publicités, pour les relations publiques, ben là c’est autre chose.

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    • zOoO

    Petit complément à ce billet.
    Aujourd’hui 20 janvier 2008, F Joyon vient de pulvériser le record du tour du monde, ce qui est formidable lorsque l’on connait les conditions de vie à bord de ces engins à trois pattes. Je ne vais pas contester la valeur du travail fournit pour en arriver là.

    Mais je constate que son sponsor continue sa campagne de communication enrobée “d’écologie” absurde avec sa satisfaction de ne pas utiliser d’énergie fossile lors de ce tour du monde.
    Extrait du communiqué du 20/01/08 :« A bord de son trimaran de 30 mètres dessiné par le cabinet d’architectes Irens/Cabaret, Francis Joyon a en prime la satisfaction d’avoir réalisé un tour du monde entièrement « propre », sans aucune énergie fossile (aucun moteur), ne fabriquant son énergie qu’à l’aide d’une éolienne et de panneaux solaires. »

    Que dire de plus…

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    • zOoO

    Fabuleux, même le ministre de l’ecologie y va de son petit couplet ce matin.

    « « Je salue le record du monde d’un marin d’exception qui, recherchant l’équilibre avec la nature, a porté son engagement pour la protection de la mer et de la planète jusque dans la conception de son bateau », a déclaré le ministre dans un communiqué.

    « Il signe ce matin, outre un énorme exploit sportif et humain, le premier tour du monde écologique », souligne Jean-Louis Borloo »

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