• Quand Gesca demande l’avis de ses lecteurs

    17 octobre 2006 | 2 commentaire(s) | 4 affichage(s)

    Une étude de Jupiter Research nous apprenait cette semaine que les Européens passent maintenant plus de temps à s’informer sur Internet qu’à lire les médias écrits conventionels. Voilà de quoi servir une sérieuse mise en garde aux médias d’ici.

    Gesca, propriétaire de plusieurs médias écrits et numériques au Québec, se préoccupait d’ailleurs récemment de l’opinion des visiteurs du site web Cyberpresse.ca. En bon gérant d’estrade de l’univers des médias numériques, je n’allais pas laisser tomber la chance qui s’offrait à moi de leur confier en long et en large ce que je pense de leur produit. Comme mes commentaires sont, à mon sens, plutôt révélateurs de l’état de plusieurs médias accessibles sur le web, je me suis dit qu’il serait intéressant de les poster ici. Question de susciter d’autres observations, d’où des idées nouvelles pourraient peut-être émerger.


    Quels sont les aspects positifs de votre expérience aujourd’hui [sur Cyberpresse.ca] ?

    Force est de constater que Cyberpresse est bâti par une équipe de professionnels. La mise en page est plutôt élégante (comparativement, par exemple, à un ramassis de liens comme Branchez-Vous.com ). Le coup d’oeil devient même très agréable lorsqu’on trouve le moyen d’éliminer les fichues publicités qui ornent Cyberpresse (j’y reviendrai plus loin).

    La vitesse du site lui-même est plus qu’acceptable : les événements récents à Montréal ont fait tomber quelques sites du même genre, mais à ma connaissance Cyberpresse est demeuré en ligne pendant tout ce temps. Chapeau aux administrateurs des serveurs, qui doivent assurément rivaliser d’audace pour fournir un tel service. L’ajout de courtes séquences vidéo ne font qu’améliorer encore plus mon opinion à ce propos !

    Cyberpresse est un site où les éditeurs ne se contentent pas de simplement mettre en ligne du contenu de Reuters et de la Presse Canadienne. Oui, il y en a, mais on retrouve aussi du contenu original provenant du réseau de Gesca lui-même. La Presse. Le Soleil. La Tribune. Et les autres. C’est précisément ce que la plupart des médias numériques n’arrivent pas à fournir en abondance. On peut trouver un fil de presse sur plusieurs sites complètement gratuits, avec peu de publicité, alors pourquoi se casser la tête à visiter un média où l’on se fait mitrailler de messages publicitaires pour le même contenu ? Gesca l’a compris et prend le risque de rendre disponible du contenu ayant habituellement une certaine valeur commerciale et compétitive dans ses médias écrits.

    Quels sont les aspects négatifs de votre expérience aujourd’hui [sur Cyberpresse.ca] ?

    Qui aime bien, châti bien. Attachez-vous.

    Le site Cyberpresse.ca perd une bonne partie, sinon la majeure partie, de sa valeur lorsqu’on le combine à la publicité. Je l’avoue, je n’aime pas la publicité. Pourquoi tolérer des pubs s’adressant à des pré-retraités lorsqu’on a 27 ans ? C’est précisément une des raisons pour lesquelles je n’écoute à peu près jamais la télévision. Les outils technologiques sont disponibles pour rendre la publicité attrayante, focalisée et ciblée vers les lecteurs, et un site comme Cyberpresse ne saisit pas cette opportunité. Peut-être un vieux réflexe de média écrit, où tous les lecteurs se font balancer la même publicité, uniformément, peu importe ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent. Un indice : ce que je suis en tant que consommateur est souvent définit par ce que je lis. Google l’a compris, et je ne m’attend à rien de moins de la part d’un site comme Cyberpresse.

    La publicité sur Cyberpresse n’est pas seulement mal ciblée : elle allourdit le site au point d’en rendre l’utilisation parfois impossible. Toutes ces applications Flash roulant simultanément sont plutôt gourmandes en ressources. À un point tel que vos propre serveurs de publicité ne parviennent pas toujours à répondre à la demande et bloquent, en raison de leur lenteur, l’accès au site. Il s’agit d’une situation pour le moins ironique.

    De quelle manière est-ce que Cyberpresse.ca pourrait-être amélioré ?

    Laissez tomber les publicité construites en Flash. Elles sont lourdes, lentes, fonctionnent mal sur certains systèmes d’exploitation et fureteurs, et brisent tout ce que votre équipe de créateur pourrait arriver à faire de bien. À preuve, en bloquant ces publicités au moyen de filtres, l’ergonomie du site se trouve grandement améliorée. C’est ce que je fais, et cela ne requiert pas un bac en génie informatique. Songez aux publicités purement composées de texte : l’usage du site s’en trouvera améliorée, accélérée, et plus personne ne songera à en bloquer le contenu. Même moi, éternel apôtre des médias libres de publicité, je ne songerais même pas à court-circuiter vos publicités si elles étaient construites correctement.

    Regardez aussi ce qu’un de vos concurrent, Le Devoir pour ne pas le nommer, a réussi à produire avec des moyens probablement incomparables à ceux de Gesca. Je suis personellement abonné à l’édition électronique du Devoir, où on a combiné la qualité du contenu à la facilité d’utilisation du contenant. Même avec les publicités et en payant 15$ par mois, lire Le Devoir en format PDF est un délice qui, si on en croit les 2000 abonnés (chiffre non vérifié mais largement rapporté), en vaut le coût. Le produit offert par Gesca, basé sur un format fermé appelé NewsStand Reader, ne peut tout simplement pas arriver à la cheville d’un format ouvert, connu et supporté partout comme le PDF.

    1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Pas encore d'évaluation)
  • 2 commentaires

    • ClaudeB

    Tout à fait exact au sujet de la version électronique du Devoir. J’y suis abonné depuis trois mois (je suis également abonné à la version électronique du Monde — tuyau c’est le deal du siècle à 6 euros par mois, incluant la version électronique complète d’El País).

    Avec le format Newsstand, la techno est propriétaire, et pas moyen d’archiver sa pile de journaux.

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   23:26, le Lundi 23 octobre 2006
    • Sirius

    ca prend 49 secondes exactement pour changer de page sur cyberpresse.ca aujourd’hui vendredi.
    certains jours ca vas plus vite mais en moyenne c’est tres lent, meme avec les bloqueurs d’annonces flash .

    Si on compare a un site web come la BBC ou Reuter , je dirais meme que la performance de cyberpresse est MINABLE. Certaines pages contienent plus de publicitée que de texte. Le contenue est bon mais le serveur est le plus lent de tous les serveur de nouvelles au monde. Meme aljazeera.net ou Granma.cu ( cuba ) est plus vite.

    Pourquoi avons nous le server de nouvelle le plus lent au monde ? C’est totalement ridicule. Ce n’est pas de la publicité qu’ils devraient mettre, c’est plutot des excuses plattes qui devraient etre écritent sur chaque page, pour s’excuser de faire niaiser le monde qui attendent 49 secondes pour une page pleine d’annonces.

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   17:53, le Vendredi 27 octobre 2006

    Laisser un commentaire

    Vous devez être connecté pour publier un commentaire.