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    Premières Nations : Le regard critique d’Emily Carr

    le 18 décembre 2007 | 232 visites | 3.69 / 5 | 0 commentaire(s)
    Premières Nations : Le regard critique d'Emily Carr
    photo : kk+ (Flickr)

    Les Premières Nations et le Canada vivent depuis toujours des relations tendues. De peuples exclus et méconnus, ils vont même devenir une « race » en voie d’extinction. Perplexe et indignée de cette situation, Emily Carr va saisir l’opportunité de s’engager auprès de ces peuples pour révéler aux Canadiens la richesse de la culture des « North West Coast Native Peoples ».

    Le fil conducteur de l’œuvre artistique et anthropologique de Carr est la mise en valeur d’éléments caractéristiques du peuplement ancien des côtes de la Colombie-Britannique. Elle poursuivait l’objectif de capter la mémoire de cette société qu’elle croyait en danger. De plus, son désir d’empathie va l’amener à mieux les comprendre. L’art moderne canadien s’est alors enrichi de plus de 200 œuvres qui font la promotion des riches symboles de la culture du Pacifique.

    Le rôle des femmes et l’identité familiale au travers les totems sont souvent un objet cher à cette artiste. Au travers cette dimension, il apparaît certain qu’Emily Carr a été influencée par les valeurs traditionnelles de cette société. Ce refus de conformité apparaît comme une forme de résistance passive contribuant à la protestation autochtone contre l’éradication des croyances et du mode de vie amérindien.

    Le travail de Carr coïncide avec l’émergence de l’anthropologie de Franz Boas. Elle va s’appliquer à observer et prendre en note la vie quotidienne de sociétés autochtones (Indian House Interior with Totems et Tanoo, Queen Charlotte Islands). L’artiste deviendra extrêmement critique à l’endroit de la différenciation et de l’autoreprésentation. Ses travaux seront soumis à une indifférence flagrante des autorités pour qui ces traditions ancestrales sont « des preuves évidentes de barbarisme et seulement acceptables comme curiosité d’un passé révolu ».

    On attribue maintenant à cette artiste une action consciente de changer les mentalités. Elle a contribué à transformer la perception négative de la masse dominante envers les communautés minoritaires des côtes de la Colombie-Britannique.

    POST-SCRIPTUM :

    Bibliographie

    Article inspiré du travail de Days Lau, sociologue, Université de Guelph, Ontario, Canada

    HELLAND, Janice. Compte rendu du livre « This woman in particular : contexts for the biographical image of Emily Carr » de S. Kirkwood Walker. Annales d’histoire de l’art canadien, Vol. 18, no 2, 1997, p. 122-128.

    VAN HOOF, Marine. Emily Carr : petite construction blanche sur fond vert. Vie des arts, no 203, été 2006, p 52-56.

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