
L’enfer est pavé de bonnes intentions. C’est connu. Le député libéral de Bourassa, Denis Coderre, entend se rendre en Afghanistan par ses propres moyens, le gouvernement Harper ayant refusé d’encadrer son voyage, pour mieux évaluer la mission militaire canadienne dans ce pays. Les élus fédéraux voyageant habituellement à bord d’avions de l’armée pour se rendre en Afghanistan, monsieur Coderre quittera, sous peu, le Canada, en utilisant des vols commerciaux.
Un ex-agent du SCRS, Michel Juneau-Katsuya, l’a mis en garde : les talibans et Al-Qaïda ont des informateurs au Canada. Ils sauront qu’il est sur place. Jean Lapierre, chroniqueur politique, invite le gouvernement Harper à réviser sa décision et à fournir tout le soutien de sécurité nécessaire pour permettre à Denis Coderre de mener à bien son projet personnel. Sur le ton de la dérision, le Bloc québécois, par la voix de son porte parole, Claude Bachand, ironise en déclarant que, tant qu’à y être, M. Coderre pourrait sauter en parachute au milieu des talibans.
L’objet avoué de son projet réside dans le fait que l’Afghanistan est un enjeu majeur pour les Canadiens : « je pense que, dans l’intérêt du débat, il est important que j’y aille. Comme je n’ai pas eu de réponse, j’ai décidé d’y aller par mes propres moyens ». Monsieur Coderre entend se rendre à Kandahar et à Kaboul pour y rencontrer des travailleurs humanitaires, des responsables du gouvernement afghan et des soldats canadiens. M. Coderre a assuré qu’il ne voulait pas faire un simple coup d’éclat avec ce voyage, mais plutôt bien accomplir son travail.
Stéphane Dion, informé du projet de monsieur Coderre, aurait personnellement avisé le gouvernement du premier ministre Stephen Harper tout en appuyant l’initiative de son député. Monsieur Coderre n’a pas encore reçu la permission du gouvernement canadien pour visiter la base militaire internationale de Kandahar, mais il se dit confiant de pouvoir rencontrer les soldats canadiens.
Que faut-il penser d’un tel projet ? Notre opinion sera brève et directe : c’est un projet insensé, téméraire et profondément inutile. Monsieur Coderre peut, s’il le désire, mettre sa vie en péril. C’est son droit. Mais que cette initiative s’inscrive dans le cadre de ses fonctions de député est inacceptable. Le gouvernement du Canada est dans son droit, pour la sécurité de ses ressortissants, de refuser cette initiative. S’il devait l’endosser et que, par un concours de circonstances, monsieur Coderre soit mis dans une situation dangereuse pour les soldats qui l’accompagnent et pour lui personnellement, le gouvernement aurait démontré qu’il n’a pas su gérer cette initiative tapageuse de façon responsable.
Monsieur Coderre devrait être invité par un comité de la Chambre à expliquer en quoi son initiative fera avancer la question afghane au sein de la Chambre des Communes. Si ses explications sont logiques et porteuses d’une bonification de la question auprès de tous les élus (élues) fédéraux, il appartiendra alors à ce comité d’en faire une recommandation en bonne et due forme.
Si la vie de monsieur Coderre devait être mise en péril, par sa présence en Afghanistan, ce n’est pas seulement sa personne qui serait en cause mais la présence militaire canadienne qui devrait être mise à contribution pour sortir le téméraire député de ce mauvais pas.
Si monsieur Coderre poursuit son initiative, de bon gré ou de mauvais gré, il démontre, à sa face même, son irresponsabilité. La raison est simple : cette initiative est téméraire, irresponsable et inutile. Nul ne sait lire dans l’avenir. Si le Parti libéral est élu aux prochaines élections générales, il prendra en temps et lieu les décisions qui s’imposent dans le cas de la présence canadienne en Afghanistan. Pourtant, Denis Coderre n’est qu’un député d’arrière-ban. Son titre de porte-parole de la défense, au sein de l’Opposition, ne lui confère aucun droit de se placer en situation périlleuse et de faire porter toute la responsabilité de sa sécurité à la présence militaire en Afghanistan qui, on s’en doute, en a déjà plein les bras.
Monsieur Denis Coderre doit annuler son projet. Rien, pour l’instant, n’en démontre la pertinence et l’utilité. À défaut de l’annuler, il en portera l’odieux devant ses pairs et devant la population canadienne qui saura le juger comme il le mérite. En aventurier irresponsable. Et la population doit le faire savoir pour ne pas avoir à regretter a posteriori une initiative aussi vaine qu’encombrante.
/BOUCLE_video>Comment peut on cautionner une telle initiative......... et cette personne est un elu....... arretez d elire des irresponsables...... JL
Laissez le tranquille le povre. Il veut aider son chef. Il met sa vie même en danger pour sauver son chef. C’est un héros Coderre. Il a meme acheté un billet sans retour.
Lesoirtombe

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