• Pour les PME québécoises, la Bavière c’est bien plus que l’Oktoberfest

    21 mai 2006 | 0 commentaire(s) | 5 affichage(s)

    La mondialisation ayant atteint ses limites, un certain retour du balancier tend à amener les entreprises multinationales, ayant étiré au maximum l’élastique de l’internationalisation, à se replier quelque peu et à se recentrer davantage sur certaines régions du globe. Cette tendance au recentrage régional serait également très présente au niveau politique, alors que les bienfaits des regroupements économiques, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, semblent avoir atteint leur paroxysme. Pour plusieurs, c’est le sentiment d’avoir été délaissé par toutes ces vagues de centralisation qui a amené certaines régions du monde à vouloir coopérer, créer des partenariats pour arriver à survivre dans ce contexte bien particulier.

    Dans le cas du Québec, nous pourrions croire que c’est la volonté de demeurer compétitif dans le contexte de la mondialisation qui a poussé ses dirigeants à mettre sur pied ces types de partenariats. Ces ententes de coopération sont en fait la création d’une solide base favorisant surtout les partenariats entre petites et moyennes entreprises. Elles concernent davantage les PME simplement parce que les grandes entreprises ont souvent l’envergure nécessaire pour effectuer de l’intégration mondiale et profiter plus facilement des avantages liés à l’internationalisation sans avoir à créer des partenariats.

    Ayant une économie qui repose quasi entièrement sur les PME, le Québec est sans doute l’un des grands gagnants dans ce type de collaboration interrégionale. L’un des très bons exemples de partenariat impliquant le Québec est celui le liant depuis 1989 à la Bavière, en Allemagne. Y a-t-il meilleure région du monde à avoir comme partenaire ? Cette région du monde est l’une des plus avant-gardistes et plus avancées au plan technologique. Si les sociétés BMW, Siemens vous disent quelque chose, et bien dites-vous que c’est dans cette région qu’elles sont nées et ont grandies.

    Cette entente vise à favoriser l’échange de connaissances, d’expériences et à rendre plus facile la création d’alliances entre les entreprises de ces deux régions. Cette entente prend tout son sens lorsque l’on se penche sur les domaines d’excellence des deux endroits. Tout comme le Québec, la Bavière est un leader dans le secteur des technologies de l’information (20 000 entreprises), dans l’aérospatiale et les biotechnologies.

    Cette relation privilégiée ferait paraît-il des jaloux dans le reste du Canada. Plusieurs provinces comme l’Ontario et l’Alberta se demandent pourquoi la Bavière ne les a pas choisis et leur a préféré la pauvre province québécoise. La réponse repose surtout sur le fait que ces deux régions ont des situations politico-culturelles qui se ressemblent. Tout comme le Québec au sein du Canada, la Bavière se considère comme une entité distincte, en raison de sa langue qui diffère de celle qui est parlée dans le reste de l’Allemagne et en raison de sa puissance économique qui fait d’elle une région presque aussi puissante que tout le pays en entier.

    Plusieurs projets communs sont actuellement en branle entre ces deux régions. D’importantes collaborations existeraient présentement dans les domaines de l’aérospatiale, mais ce serait davantage du côté des sciences de la vie que les partenariats seraient les plus intenses. Bref, un intéressant partenariat qui risque de contribuer à la progression des PME québécoises dans les secteurs de pointe et qui pourrait même leur permettre de mettre un pied sur le continent européen pour d’éventuelles expansions.

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