Avec les Championnats du Monde d’Athlétisme qui se sont déroulés à Osaka, ce mois d’Août 2007 n’aura pas été français ! Peut-être les mois de Septembre et d’Octobre le seront-ils plus avec la Coupe du Monde de Rugby et les hommes de Bernard Laporte ? En attendant, lorsque ce dernier sera nommé secrétaire d’État, deux des ses illustres prédécesseurs, passés par Matignon, ne seront plus de ce Monde depuis longtemps.
En effet, Raymond Barre, puis le jour de ses obsèques Pierre Messmer s’en sont allés. Ce fameux mois d’Août, désormais passé. Passée donc, finie avec leur fin une époque ! Cette époque où l’engagement politique avait un sens.
Pour Pierre Messmer, c’était avant tout la résistance. Et puis, fidèle à ses convictions, il sera fidèle toute sa vie au Général de Gaulle et à tout ce qui le concerne. Ainsi, il s’effacera de la course à l’Élysée en 1974 devant son prédécesseur Jacques Chaban-Delmas et sa détermination. Le 16 Mai 2007, il assistera du haut de sa canne qui l’aide à marcher à l’investiture de Nicolas Sarkozy. Un évènement dit gaulliste.
Pour Raymond Barre, le travail politique ne devait pas dépendre des sondages. Pour lui, être impopulaire était même avant tout le signe d’un bon travail. Se multiplièrent alors à son égard une multitude de surnoms et de caricatures qui n’influencèrent jamais sa tâche. Et loin de la politique, il se verra toujours d’abord en économiste. Nous sommes bien loin de cela aujourd’hui.
L’époque politique actuelle commence en 1974 avec l’entrée à Matignon de celui qui est désormais avec le décès de Pierre Messmer le plus ancien Premier Ministre de la France : Jacques Chirac. Également plus récent ex-Président. Le bulldozer innova la façon de faire de la politique. Certes, le préjugé de « tous pourris, tous corrompus » existe certainement depuis la nuit des temps. Mais avec « ce jeune loup » qui mena une campagne présidentielle à l’américaine en 1981 et qui rêvait de rencontrer le Président des Etats-Unis Jimmy Carter une fois maire de Paris, l’homme politique apparût plus que jamais comme prêt à tout pour parvenir au pouvoir. Il ne s’agissait plus de changer la vie, mais de parvenir à ses fins personnelles.
Si aujourd’hui en France, un homme politique doit montrer qu’il croit fermement en ses idées pour être cru, les « spin doctors » n’ont pas disparu et la politique est désormais un show. Comme c’est le cas aux Etats-Unis depuis longtemps. Ainsi, le Président n’est plus un arbitre comme le veut pourtant la Constitution actuelle, mais un incollable des faits divers. Demandant alors une nouvelle loi à chaque crime commis. Incarnant à merveille ce Président, Nicolas Sarkozy n’apparaît pourtant plus en premier élu de la nation, mais en gardien méprisant. Comme l’alerte Elisabeth Lévy dans son article « Le Président de toutes les victimes » pour Marianne (1er au 7 Septembre 2007), la notion de justice est profondément remise en cause et l’opinion publique est tombée dans le désir de vengeance.
C’est la conséquence de cette politique spectacle, ce show à l’américaine qui a fini par gagner les Pays non anglo-saxons dont la France. L’émotion a remplacé la réflexion alors que seule cette dernière peut accoucher d’une bonne loi. Comble d’ironie ! Dans son discours prononcé à La Rochelle ce week-end, François Hollande a demandé à ses camarades de revenir à la réflexion pour contrer la politique de l’émotion. De quoi une fois de plus couper le PS de l’opinion ! Et la Gauche française parle de rénovation ? Rénover serait donc revenir à la vieille recette qui est la seule qui marche, mais qui ne plaît plus ? De quoi remporter autant de voix pour le PS que l’équipe de France a remporté de médailles aux Mondiaux d’Athlétisme. Et après il est dit qu’ils veulent changer pour gagner !
/BOUCLE_video>
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.
À propos de Cent papiers | Tous droits réservés, Cent Papiers 2006-2007 | Roule sous Spip 1.9.2b | Design: Olivier Niquet | Écrivez-nous !