• Pauline Marois bouscule, Diane Lemieux quitte !

    21 août 2007 | 5 commentaire(s) | 4 affichage(s)

    Olivier Niquet a parlé sur href="http://www.centpapiers.com/Demission-de-Diane-Lemieux,1879">centpapiers des réactions que suscite la décision de la chef du Parti québécois de rétrograder Diane Lemieux. Pour ma part, il m’apparaît évident que madame Pauline Marois est pressée. Trop pressée. « Je souhaite une élection complémentaire dans Charlevoix le plus rapidement possible. Je veux être avec mes collègues à l’Assemblée nationale cet automne », disait-elle. D’aucuns lui reconnaissent des qualités de ministre. Elle vient de trébucher à titre de chef du Parti québécois. Avant même d’être élue, madame Marois bouleverse son équipe parlementaire. Madame Marois se voit déjà Première ministre. Dans un emportement très téméraire, elle humilie sa « leader parlementaire », Diane Lemieux. Si madame Marois devait se rendre aux prochaines élections générales du Québec, c’est là une piètre décision pour inciter des femmes de grande valeur à se présenter sous sa bannière.

    Madame Marois a trébuché pour deux raisons majeures :

    a) Rosaire Bertrand, dans un geste d’une grande solidarité, démissionne pour céder la place à Pauline Marois : « Ma réflexion sur l’avenir de Charlevoix et celle du Québec va au-delà de mes aspirations personnelles. Pour cette raison, j’ai offert à Pauline l’opportunité d’être candidate dans la circonscription de Charlevoix donc dans la région de la Capitale nationale ». En réponse, madame Marois a soutenue que : « Je souhaite également que le premier ministre déclenche rapidement l’élection partielle afin de, je l’espère, pouvoir représenter dignement, efficacement et pour longtemps les gens de Charlevoix dès la rentrée à l’Assemblée nationale ». Malheureusement, le souhait de madame Marois de représenter dignement les gens de Charlevoix vient d’être entaché : Madame Lemieux confirme qu’elle quittera ses fonctions de députée de Bourget à la rentrée parlementaire. Décision précipitée, sous le coup de la colère. Madame Lemieux aurait pu siéger à titre de députée indépendante. Madame Marois l’a dit : « D’autres comtés m’ont été offerts, mais j’ai choisi Charlevoix, et je suis là pour y rester  ». À moins que la tentation de Bourget soit trop forte.

    Le fait que Mario Dumont pourrait refuser de laisser le champ libre à madame Marois compliquerait l’arrivée de cette dernière à l’Assemblée nationale. Il est possible qu’elle puisse perdre ses élections. Rien n’est acquis dans ce bas monde. Son comportement désobligeant et altier à l’égard d’un membre de sa députation parlementaire ne devrait avoir d’autre issue qu’un sévère avertissement de la part de l’exécutif de Charlevoix. Il est impératif que les électeurs de cette circonscription fassent entendre leur mécontentement à madame Marois par suite d’une décision aussi cavalière à l’égard d’une députée dûment élue, d’une femme qui accomplissait avec compétence ses obligations parlementaires. D’autre part, l’exécutif de Bourget devrait prier instamment madame Diane Lemieux de revenir sur sa décision et de siéger à titre de députée indépendante.

    Le Parti québécois montre quel point il sombre dans les règlements de compte profondément regrettables. Il faut d’abord se rappeler que ce parti avait tenté de faire battre le libéral Robert Bourassa lors d’une élection complémentaire en juin 1985. Aujourd’hui, c’est au tour de Jean-Pierre Charbonneau de profiter, au passage, de la crise pour commenter, lui aussi, en toute indignité la présente situation : « Non seulement Diane Lemieux en menait large comme leader parlementaire, mais elle a souvent imposé ses vues, elle a souvent frustré ou heurté de front plusieurs députés dans différents dossiers. Parfois, elle intervenait dans des dossiers qui n’étaient pas le sien ». Monsieur Charbonneau oublie qu’il n’a pas toujours été à la hauteur de ses responsabilités ministérielles, notamment dans le cas de la réforme électorale et parlementaire. Un simple survol des revues de presse nous le confirmerait.

    b) Les jeux de coulisses auxquels s’est livrée madame Marois montrent qu’elle pourrait éprouver des difficultés à rassembler et à réunir : avant même son élection, elle bouleverse une équipe par la pire des décisions qu’un chef peut prendre, la rétrogradation et l’humiliation. Cela augure bien mal. Y aura-t-il d’autres défections ? Lors de la la course à la chefferie du Parti québécois, contre André Boisclair, madame Marois avait été soupçonnée de ne pas jouer fairplay.

    Madame Marois, pour l’heure, n’est pas encore élue. Seul le Premier ministre peut dire quand l’élection complémentaire sera déclenchée dans Charlevoix mais il doit adopter le décret au plus tard six mois après que le siège soit devenu vacant. Une longue route attend madame Marois. Une nouvelle élection dans Bourget pourrait lui en coûter si elle perd cette circonscription. Ce faux pas de la chef du Parti québécois laissera des marques dans la population. Madame Marois devra vivre avec les conséquences de ses décisions. Il faudra alors tirer les conclusions qui s’imposent.

    Ce n’est pas parce que le premier ministre lui laisse le champ libre que madame Marois fera l’unanimité dans la circonscription où elle se présentera, quelle qu’elle soit. Mario Dumont, s’il décide de présenter un ou une candidate dans la même circonscription que madame Marois, pourrait brouiller les cartes. Et lorsque Diane Lemieux aura quitté de manière définitive sa circonscription, il y aura en moins d’un an deux élections complémentaires.


    En raison de son trop grand empressement et d’une absence d’apathie à l’égard de son équipe parlementaire, madame Marois pourrait ne pas réaliser son grand rêve en raison d’une certaine témérité. Les limites de la tolérance de la populatikon risquent d’être atteintes. La date du 9 septembre a été choisie pour la tenue de l’assemblée d’investiture, dans Charlevoix, qui rendra vraisemblablement officielle la candidature de Pauline Marois à l’élection complémentaire dans les six prochains mois. Il faudra surveiller cette élection pour connaître la capacité des électeurs et des électrices à la tolérance.

    En tant que chef du Parti québécois, madame Marois pourrait-elle également statuer sur l’avenir de André Boisclair ? Est-il en congé indéfini ?

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  • 5 commentaires

    • François Raymond

    Bonjour,
    Je suis tout à fait d’accord avec Pierre R. auteur de l’article. Il est décevant, mais pas surprenant de voir l’attitude hautaine et méprisante de P. Marois : « Tassez-vous j’arrive, c’est moi la reine ». Voilà pourquoi la dame a toujours rêvé d’être « le chef » du parti. Imposer, imposer, imposer Sa Volonté. Je ne sais pas si un jour les politiciens comprendront à quel point les citoyens en ont marre de ses attitudes arrogantes, jamais je crois, que trop constipé. Voilà pourquoi la reine à besoin d’une toilette silencieuse !

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    • Philippe

    Quelle attitude cavalière envers Diane Lemieux ?

    Elle a nommé un autre leader, c’est tout.

    C’est Lemieux qui joue aux divas. Elle siège à l’Assemblée nationale. Si elle avait un peu plus de respect pour ses citoyens, elle serait restée. Mais quand on met les intérêts personnels avant la démocratie, c’est ce qui arrive.

    C’est dommage que Madame Lemieux parte. Mais on n’y peut rien.

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    • Pierre R.

    Philippe

    Bien évidemment, je respecte votre point de vue. Mais convenez qu’il y a la manière d’être chef. L’avenir nous dira si madame Marois a fait les bons choix. Le Parti québécois n’a pas besoin de deux élections complémentaires (et d’une troisième si monsieur Boisclair quitte) dans une même année.

    Pierre R.

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    • Denise

    Vous parlez de rétrogradation de Diane Lemieux… Vous auriez pu parler de promotion de François Gendron et du besoin du PQ de renouer avec les régions.

    Pauline Marois est chef du PQ et Diane Lemieux refuse de changer de rôle. La diva dans ce cas s’appelle bien Diane.

    Trop pressée Marois ? Chef d’un Parti qui recule depuis 15 ans, il est urgent que quelqu’un se presse un peu, vous ne croyez pas ?

    Denise

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    • Pierre R.

    @ Denise

    Je suis d’accord. Madame Marois est chef du PQ. Vous dites vous-même : parti qui recule depuis 15 ans. Ce n’est pas en bousculant - avant d’être élue à l’Assemblée nationale - que madame Marois aidera sa cause. Diane Lemieux accomplissait très bien son rôle. Il aurait été normal que madame Marois attende d’être élue pour reconstituer son équipe parlementaire. Promotion pour François Gendron ? Allons Denise : en vieux routier, François Gendron a occupé toutes les fonctions : président, chef de l’opposition, leader parlementaire, et quoi encore. Enfin, quel message madame Marois envoie-t-elle aux femmes ?

    Pierre R.

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   7:52, le Lundi 27 août 2007

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