Un an après le début de la crise du crédit, les contestataires se fédèrent pour dénoncer la main-mise des fonds d’investissement sur l’économie mondiale. Ils ont choisi d’organiser une journée mondiale de protestation contre les fonds d’investissement
La crise du crédit a engendré plusieurs autres crises majeures
Alors que le monde développé traverse une grave crise financière dans la foulée de la crise des subprimes,
les conséquences économiques de cette crise majeure continuent d’ébranler l’Amérique du Nord et l’Europe. Le coût humain et financier de cette déroute est multiple, depuis les expropriations d’emprunteurs incapables de rembourser leurs crédits aux licenciements des grandes banques affectées par des pertes énormes.
La crise a de plus engendré des réactions en cascade, comme la spéculation sur l’or, la spéculation sur les matières premières et peut-être, comme l’affirment certains analystes, la spéculation sur le pétrole, spéculation qui à son tour engendre une hausse des prix et de nouvelles difficultés pour des millions de personnes.
Un an après le début de la crise, la contestation s’organise
Bien qu’il soit fort possible que le monde développé se remette de ces crises à répétition et ressorte de l’épreuve avec un dynamisme accru, de nombreuses voix se font entendre pour demander une remise en cause des méthodes de fonctionnement des circuits financiers mondiaux et fédérer les populations et le front syndical sur cet objectif.
Les fonds d’investissements sont la cible principale de ces critiques. Les fonds d’investissement sont des sociétés internationales qui ont pour mission de faire fructifier les fonds qui leur ont été confiés. Pour ce faire, ces sociétés investissement massivement dans des opérations de capital-rique dans le but de dégager rapidement des bénéfices.
Environ un an après le début de la crise du crédit, le Syndicat International des Employés des Services (SEIU) qui a son siège à Washington D.C. et qui rassemble près de 2 millions d’employés et de fonctionnaires américains a décidé de fédérer un mouvement mondial et il a organisé jeudi 17 juillet la première journée de protestation contre les fonds d’investissement, avec des rassemblements qui ont eu lieu dans un certain nombre de grandes villes à travers le monde.
Parmi les critiques les plus virulents de ces fonds d’investissement, on trouve des militants politiques habitués à dénoncer la logique spéculative du capitalisme et qui voient là l’occasion de remettre en cause la conception mondialiste et libérale de l’économie. Avec par exemple quelques 50 manifestants à Londres, les rassemblements ont été essentiellement symboliques mais les organisateurs comptent capitaliser sur le mécontentement ambiant pour que les activités de ces mystérieux fonds d’investissement soient connues de tous. Ainsi, la SEIU s’attaque particulièrement à l’un de ces fonds d’investissement, KKR (Kohlberg Kravis Roberts & Co) dont le nom est quasiment inconnu de l’homme de la rue et qui pourtant peut influer sur la vie quotidienne de millions de personnes. KKR gère des fonds d’un montant de 53 milliards de dollars US et c’est lui qui aurait inventé le Leverage Buy Out (LBO), un mécanisme permettant de racheter des entreprises en s’endettant. A Paris, Philippe Matzkowski, le fondateur du Collectif LBO qui est aussi cadre du syndicat CGT et intervenant dans de nombreux débats au Parti Communiste Français , a organisé ce jour là un rassemblement devant l’AFIC, une association d’investisseurs, au cours duquel il a affirmé la relation directe entre le « Leverage Buy Out » et les licenciements.
Aux Etats-Unis, le SEIU, qui est fortement engagé aux cotés du candidat démocrate Barak Obama, a dénoncé les relations entre KKR et le candidat républicain John McCain.
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