• OPINION : lorsque je regarde la culture, je vois une forêt. Stephen Harper n’y voit que des graines insignifiantes

    9 octobre 2008 | 0 commentaire(s) | 11 affichage(s)

    Stephen Harper ne coupe pas dans la culture pour des raisons financières. Cela devient évident lorsqu’on songe que chaque dollar investi dans la culture en rapporte 11 et que M. Harper trouve toujours des milliards à injecter dans les domaines qui comptent le plus pour lui comme l’armée ou les pétrolières. Si ne n’est pas pour des raisons économiques que ces coupures sont pratiquées, c’est pour des raisons bassement idéologiques.

    M. Harper aime avoir le contrôle. Le contrôle des membres de son équipe, de ses ministres, des médias. La culture, elle, est plus difficile à contrôler. Traditionnellement, elle n’obéit à aucune règle. La culture ouvre l’esprit, fait découvrir d’autres points de vue, d’autres façons de voir les choses. Elle nous sort de notre zone de confort. Parfois, elle nous bouscule, nous choque. Elle nourrit notre esprit et nous donne l’opportunité de nous abreuver à plusieurs sources.

    Les artistes sont le plus souvent des gens qui ne veulent pas être contrôlé-es. Ce sont des esprits libres, des libres penseurs, des indociles. Ce n’est pas pour rien que les artistes sont, avec les intellectuel-les, les premiers à être persécutés dans les pays totalitaires. La liberté que les artistes se donnent fait peur au pouvoir.

    Les gouvernements de droite, totalitaires ou nom, ne supportent aucune concurrence. Ils veulent être les seuls à décider de ce qui influencera notre esprit. La culture muselée, ça laisse plus de place à la propagande. Un projet de loi comme le C-10 (retiré depuis par monsieur Harper), s’inscrivait dans la volonté de M. Harper de rendre le financement d’un film conditionnel au fait de ne pas trop indisposer sa royale personne. Vous connaissez le dicton : on ne mord pas la main qui nous nourrit…

    Le plus grand fantasme d’un gouvernement de droite, c’est un peuple où personne ne se pose de question, où personne n’a de doute. Un peuple uniforme, sans aspérités, sans passions, sans couleurs, où tout le monde pense pareils. Un peuple éteint. Un tel peuple est plus facile à endormir. Et à contrôler.

    Nous sommes devenus paresseux-euses. Nous voulons seulement nous divertir en faisant le moins d’effort mental possible. Cependant, en faisant ce choix, nous renonçons à une partie de notre liberté. Nous devenons passifs-ves.

    Pourtant, de tout temps, les sociétés n’ont pu évoluer que lorsque des hommes et des femmes, ont décidé de nager à contre-courant, de protester ou de critiquer. Ces personnes ont pris le risque de penser différemment, quitte à susciter l’incompréhension, la dérision ou le ressentiment.

    Un autre dicton dit : « Qui veut noyer son chien l’accuse de rage ». On veut actuellement tenter de noyer la culture en prétextant qu’elle est onéreuse et inutile. On n’aime pas les chiens enragés. Les toutous, on les aime dociles…

    Moi, lorsque je regarde la culture, je vois une forêt. Stephen Harper, lui, veut nous ne voyons que des graines insignifiantes…

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