• L’Occident se déculpabilise

    19 juin 2007 | 1 commentaire(s) | 5 affichage(s)

    On aime ça chez l’Oncle Sam faire de grands discours sur le choix des peuples, sur leur capacité à décider de ce qui est le mieux pour eux, sur leur désir de s’exprimer dans des élections démocratiques. La démocratie, oui, mais faut surtout pas qu’elle s’exprime du mauvais bord ! Si la population du Vénézuela élit Chavez démocratiquement, ça ne tient plus ! Si les Palestiniens votent pour le Hamas, ça ne tient plus. Quelle sorte de message lance-t-on aux Palestiniens victimes de décennies d’apartheid et de racisme israélien leur enlevant jusqu’à la dignité ? « Nous allons vous aider… si vous votez du bon bord. »

    Pourtant, ils ont déjà été du bon bord les Palestiniens. Mais ils ne sont pas caves. Ils ont vu la paix d’Oslo de 1993 foulée aux pieds par l’implantation de centaines de colonies juives illégales en territoires palestiniens. Ils ont vu Yasser Arafat en discussion à Camp David en 1998 avec Bill Clinton et Ehud Barak, au moment où ce dernier doublait le nombre de colonies juives sur les meilleures terres palestiniennes. Ils ont constaté ce que valait la parole des États-Unis quand ceux-ci disaient qu’une fois Arafat mort un gros obstacle à la paix serait disparu et que tout pourrait enfin fonctionner rondement !

    Non, les Palestiniens ne sont pas des idiots.

    Ils ont constaté qu’ils n’ont pas de poids dans le grand jeu politique mondial. Ils ne sont bons qu’à crever sous des tirs israéliens ou par des bombes juives payées grâce à l’aide militaire étatsunienne de 3 milliards $ consentie annuellement à ce pays. Ils doivent assister calmement à la destruction systématique de leur pays, qui fût entreprise en 1948, puis consolidée par la guerre des six jours en 1967, puis maintenant élargie avec la construction du mur d’apartheid d’Israël volant les meilleures terres et séparant les villages palestiniens.

    « Par ses actions, le Hamas a cherché à diviser les Palestiniens. C’est une chose que nous rejetons », a déclaré Mme Rice. Mensonge ! Ce sont bel et bien les actions de l’État juif, appuyé par des dirigeants étatsuniens cooptés par le capital sioniste, qui sont responsables de la situation actuelle.

    En effet, c’est l’État juif qui a volé les terres palestiniennes, poussé à l’exil des centaines de milliers d’Arabes. C’est aussi l’État juif qui a implanté des colonies extrémistes en territoires palestiniens - dans l’illégalité la plus complète - en cherchant à couper Jérusalem-Est des villages avoisinants pour éventuellement enlever toute possibilité que la capitale palestinienne puisse y être. Et c’est aussi Israël qui adopte des politiques racistes et humiliantes, se servant de la main d’oeuvre palestinienne comme du cheap labor de proximité et servant à doper artificiellement son PIB sur le dos de la population palestinienne.

    Comment peut-on leur en vouloir aux Palestiniens, de s’être radicalisés ? À chaque fois qu’ils ont négocié la paix, on les a volé. À chaque fois qu’ils ont tendu un rameau d’olivier, on leur a enfoncé dans l’oeil. Et quand ils font le choix - démocratique - de voter pour un parti radical, on leur retire toute les miettes qu’on consentait à leur donner sous prétexte qu’ils n’ont pas le droit d’avoir un gouvernement terroriste.

    Mais la terreur, le vrai terrorisme, il est en Israël, et le Hamas a l’air d’une bande d’écolières à côté du monstre israélien, de ses milliards $ d’aide américaine, de ses bombes atomiques, de ses incursions quasi-quotidiennes en territoires palestiniens où elle sème la peur et la mort.

    Avant de prétendre décider de ce qui est bien pour les Palestiniens, et de les inciter à rejeter un gouvernement élu démocratiquement, bref avant de corrompre le semblant de démocratie qu’on espère installer en Palestine, il serait peut-être temps de cesser d’appuyer le terrorisme israélien. Mais il n’y a pas de lobby palestinien dans les haut-lieux du pouvoir à Washington.

    Ainsi donc, le grand jeu continue : pendant que nos gouvernements appuient l’État terroriste d’Israël, et financent ses entreprises de terreur et de destruction, nous pouvons nous déculpabiliser en envoyant quelques miettes à la Palestine et nous régaler de ces images de gens désespérés se battant pour celles-ci.

    De plus en plus de gens appellent au boycott d’Israël, du pays et de ses produits. Ne serait-ce pas là notre dernier recours, puisque nos gouvernements ne nous écoutent plus, confirmant notre passage de citoyen à consommateur ?

    Comment l’Occident se déculpabilise en donnant quelques miettes aux Palestiniens tout en soutenant le terrorisme de l’État d’Israël.

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  • Un commentaire

    • Anonyme

    Et bien marre toi Louis ! super ton article !

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   12:28, le Mardi 19 juin 2007

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