• Raymond Viger

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    • Rédacteur en chef du magazine d'information et de sensibilisation Reflet de Société et directeur du Café-Graffiti pour les artistes urbains. Raymond Viger fait du journalisme depuis 1974, il est aussi écrivain et intervenant social spécialisés dans les milieux marginalisés et la crise suicidaire.

    Nouveau regard sur les jeunes de Montréal-Nord

    23 octobre 2008 | 2 commentaire(s) | 149 affichage(s)

    Dossier Montréal-Nord :

    On parle de violence à Montréal-Nord, de gangs de rue et d’émeutes. Comment doit-on regarder ces jeunes ?

    Un jeune, qu’il soit à Montréal-Nord ou dans tout autre quartier, qu’il soit Blanc, Noir, basané ou de toute autre couleur est-il un prospect pour un gang de rue, un artiste, un sportif ou un citoyen ?

    Si je dérape avec mon automobile, pour reprendre ma route, on nous enseigne qu’il faut regarder là où je veux aller. Si je regarde la route, je risque fort de pouvoir reprendre le contrôle de la situation. Si je regarde le fossé, c’est là que je vais terminer ma course.

    Est-ce que nous focalisons notre attention sur le problème ou sur ses solutions ? Si je regarde chaque jeune en ayant peur qu’il soit membre d’un gang de rue, est-ce que je l’aide dans son épanouissement ? Si je l’aide à définir ses besoins et que je le traite comme un citoyen à part entière, n’est-ce pas plus facile d’établir une relation significative avec lui ?

    Si au lieu de voir un membre de gang de rue je voyais en lui un artiste, un sportif, un citoyen qui a des besoins. Si nos investissements sociaux, au lieu de mettre l’accent sur la prévention gang de rue, mettaient leurs énergies sur le développement artistique, sportif et social des jeunes ? Si nos interventions se concentraient sur un espace citoyen à mettre à la disposition des jeunes ?

    Je rêve pour les jeunes de Montréal-Nord, non pas de voir débarquer une présence policière accrue, mais qu’émerge des bénévoles qui veulent s’impliquer comme entraîneur de boxe, soccer, baseball, ballon-panier… Que l’on puisse y avoir plus de terrains de jeux. Une nouvelle bibliothèque avec plus d’ordinateurs et de livres. Des studios de musique pour que les jeunes puissent enregistrer leur musique, des caméras pour les prêter aux jeunes et qu’ils réalisent des vidéo-clips, des documentaires… Des pinceaux, des canettes pour créer des murales… Chaque artiste, chaque sportif, chaque exemple positif qui provient d’un quartier devient un exemple positif à suivre pour la génération qui va suivre.

    Combien d’Anthony Kavanagh, Grégory Charles ou de Luck Mervil sommes-nous en train de tuer dans Montréal-Nord ? Et qui sait, la prochaine Céline Dion ou un futur Premier Ministre ? Un proverbe africain mentionne que ça prend un village pour élever un enfant. Quel village voulons-nous offrir aux jeunes de Montréal-Nord ?

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  • 2 commentaires

    • Pierre Lefebvre

    Vous avez vu juste ! Ce que vous proposez (en gros, offrir des loisirs structurés, favoriser la scolarisation, augmenter la fréquentation de pairs positifs via divers média, etc.) sont des facteurs de protection contre la délinquance scientifiquement reconnus depuis belle lurette ! En faits, c’est précisément sur ce type de facteurs que nous, les cliniciens, intervenons avec les jeunes déjà encrés dans la délinquance. Il y a deux autres facteurs sur lesquels on peut intervenir au niveau de la collectivité : les liens affectifs et la discipline intra familiale ainsi que la prévention de la toxicomanie. Il ne me reste qu’à vous souhaiter d’avoir le plus d’influence possible et de militer dans votre collectivité ; une approche telle que vous la proposez aura un impact direct et durable sur la délinquance.

    Pierre Lefebvre,
    Spécialiste en activités cliniques
    CJM-IU

    • Raymond Viger

    Merci M. Lefebvre pour votre commentaire. Je ne connaissais pas votre organisme : Centre Jeunesse Montréal - Institut Universitaire.

    Je suis heureux de voir que des gens impliqués ont une vision similaire. J’ai l’impression que ce que je propose n’a rien de sorcier ou de magique. Sauf qu’il est difficile d’impliquer le politique dans des solutions long terme.

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