• Nouveau départ dans les relations Russo-africaine

    21 mars 2007 | 1 commentaire(s) | 51 affichage(s)

    Au lendemain de l’éclatement de l’Union soviétique la Fédération de Russie s’était engagée en décembre 1991 et janvier 1992 à assumer la politique extérieure de la défunte Urss dans plusieurs domaines. Cette décision prise dans l’euphorie des évènements répondait avant tout à des questions de propagande politique et de prestige international dont elle attendait aide et compréhension.

    Après quelques années d’inertie c’est seulement à partir de l’année 2000 que les relations entre la Russie et les pays du continent vont connaître une nouvelle dynamique par ce qu’il est convenu d’appeler – la « renaissance africaine » dans la politique extérieure russe : on assistera d’ailleurs à un ballet diplomatique au Kremlin, le président Vladimir Poutine va recevoir en octobre 2006 à Moscou le président angolais José Eduardo dos Santos. Entre 2001 et 2004, il a accueilli également les présidents de l’Algérie, de l’Égypte, du Gabon, de la Guinée et du Nigeria. En décembre 2001, le chef de la diplomatie russe à l’époque, Igor Ivanov a même fait une vaste tournée en Afrique noire, visitant l’Angola, la Namibie, l’Afrique du Sud et la Tanzanie, suivi en avril 2002 par un voyage dans deux pays du Maghreb, la Tunisie et le Maroc. Son successeur, Sergueï Lavrov s’est rendu successivement en Angola et en Ethiopie, en septembre 2006.

    Aussi, en rendant tout dernièrement la nouvelle approche des relations de la Russie avec les pays de l’Afrique subsaharienne, le Vice-ministre des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie, A.V Saltanov a souligné que son pays accordait une place importante à l’approfondissement du dialogue politique avec les états du continent africain, à l’élargissement des contacts de haut niveau, au renforcement des relations internationales.

    C’est dans ce cadre là que, le président russe après avoir reçu certains chefs d’états africains à Moscou a effectué une visite en République Sud-africaine. Cet évènement historique a été l’occasion d’insuffler une nouvelle dynamique au développement de l’ensemble des relations bilatérales entre Moscou avec cette partie du continent dans tous les domaines : politique, culturel, économique, scientifique et technique, investissement et autres.

    Le nouveau départ dans les relations Russo-africaine vise non seulement à reconstituer les liens d’autrefois, mais aussi à les élargir sur la base des liens historiques et aussi des fondements politiques et économiques entretenus pendant les décennies précédentes.

    La Russie et les pays du continent partagent des objectifs communs et des visions communes en matière de politique internationale : construire un monde multipolaire avec des contrepoids à la suprématie des États-Unis dans le cadre d’un nouvel ordre démocratique, consolider le rôle de l’ONU et d’autres instruments multilatéraux, renforcer le régime de non-prolifération, développer la coopération internationale en matière de maintien de la paix et du règlement des conflits régionaux.

    Sur le plan pratique, la Russie post-soviétique, malgré les énormes difficultés de sa transformation, envisage de donner une nouvelle impulsion aux activités des commissions bilatérales avec les pays africains en matière de coopération économique et commerciale, scientifique et technique, afin de développer les liens dans les domaines de l’éducation et de la culture, ainsi que d’encourager les contacts directs au niveau régional.

    Moscou compte réaliser justement une percée dans le domaine de la coopération commerciale et économique. Actuellement plusieurs projets d’investissement sont en chantier sur le continent avec la participation des entreprises russes, à l’exemple, de la compagnie Alrosa, spécialisée dans l’exploitation des gisements des diamants en Angola (à Katoka et Luo), en République Démocratique du Congo ; Technopromexport – construction des centrales hydro-électrique de Kanpanda et hydrochikapa en Angola ; Roussal – exploitation des gisements des bauxites et de la production de l’alumine en Guinée Conakry. La société russe Renova, exploite au Gabon un projet mixte de gisement de manganèse. Cette structure est également présente en Afrique du Sud, en RDC. Plusieurs compagnies russes opèrent aussi dans la prospection et l’exploitation de blocs pétrolifères sur le continent, notamment au Nigeria, en Algérie etc.

    Moscou veut prêter une oreille attentive aux difficultés de la plupart des pays du continent. C’est dans ce sens que les problèmes de l’assistance à l’Afrique ont été exposés lors du sommet du G8 que la ville russe de Saint Petersbourg avait abrité tout récemment et auquel avait pris part le président de l’Union Africaine et Président de la République du Congo, Dénis Sassou Nguesso et le Président de la République Sud Africaine, Thabo Mbéki.

    Le gouvernement russe maintient une bonne tradition de l’époque soviétique dans le domaine de la formation des cadres africains en offrant chaque année environ 750 bourses d’études en Russie pour les étudiants et chercheurs africains. Actuellement plus de 4, 5 mille jeunes africains font leurs études dans les grandes écoles et universités russes. Aussi, la Fédération de Russie participe à l’initiative de financement accéléré du programme « Enseignement pour tous » Moscou promet de verser sa contribution à hauteur de 7, 2 millions de dollars entre 2006 et 2008.

    La Russie participe également au financement des programmes du Fonds Monétaire International pour la création des centres régionaux africains de renforcement des capacités (Afri-Tac). En 2003 et 2005, elle a contribué à hauteur de 250 mille dollars. En 2006, elle s’est engagée à verser d’ici 2009, 250 mille autres.

    Dans le domaine de la santé, les autorités russes affirment avoir verser entre 2002 et 2006, 20 millions de dollars au Fonds Global de lutte contre le VIH/SIDA, la Tuberculose et la Malaria conformément à leur engagement pris auparavant. En 2005, l’apport russe à ce Fonds à été doublé et atteint 40 millions de dollars. Entre 2006 et 2008, Moscou prévoit de verser 10 millions de dollars à l’Initiative Mondiale de liquidation de la poliomyélite.

    La Russie qui soutient l’intégration régionale et sous régionale des états africains souhaite renforcer et développer les relations de partenariat avec l’ensemble des pâys du continent. C’est dans cette perspective qu’elle entend élargir le dialogue avec l’Union Africaine, renforcer les contacts avec la Communauté de Développement de l’Afrique Australe, la Communauté économique des Etats de l’Afrique Occidentale etc.

    Même si le mandat du président Vladimir Poutine arrive à échéance, aux yeux des africains, il aura tout de même le mérite d’avoir pu élaborer la nouvelle plate forme des relations bilatérales entre son pays et ses partenaires africains.

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  • Un commentaire

    • MARIAM

    Bjr, en dehord de l’éducation, dans quel domaine concretement, Moscou peut se targuer d’être à l’écoute des africains ?

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