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À peine 37% de nos députés, sur les 200 que nous élisons (125 à Québec, 75 à Ottawa), ont un site Web : soit moins du quart de ceux siégeant à l’Assemblée nationale du Québec et 58% des députés québécois de la Chambre des communes.
Les sites des députés québécois, pour la très grande majorité, ne sont que des vitrines comme il s’en faisait au début du WWW. Quelques députés, tous fédéraux, ont inclus un forum ; quatre députés seulement, les quatre siégeant à l’Assemblée nationale, ont osé démarrer un blogue : l’adéquiste Gilles Taillon (Chauveau), le péquiste Stéphane Bergeron (Verchère) et les libéraux Henri-François Gautrin (Verdun) et Vincent Auclair (Vimont).
Les sites (pour accéder aux sites des députés, rendez-vous sur Québecpédia et cliquez, dans la barre latérale de gauche, sur les liens appropriés qui vous mèneront aux pages donnant la liste des députés québécois à Québec ou à Ottawa) ont à peu près tous le même contenu, essentiellement promotionnel : un mot de présentation du député, les communiqués émis par ce dernier et les nouvelles le concernant, ses interventions en chambre, des photos le mettant en valeur. Quelques députés ont pensé à présenter leur personnel. Tous donnent une adresse de courriel pour les joindre, mais une minorité seulement prend la peine d’ajouter un formulaire en ligne.
Musée des horreurs à Otttawa
La députée bloquiste de Drummond Pauline Picard a un forum de discussion, mais sans sujet de discussion. Même chose pour les bloquistes Christiane Gagnon, du comté de Québec, et Paule Brunelle, de Trois-Rivières, qui a par contre eu la décence d’y mettre « Page en construction ». Le bloquiste de Rosemont, Bernard Bigras, aura au moins mis une question. Il pourrait suggérer à son collègue Pierre Paquette, le député bloquiste de Joliette, d’en faire autant. Paquette a mis un lien « Forum », dont la page dit ceci : « Votre opinion est importante pour votre député. Envoyez vos commentaires à l’adresse suivante : paquep@parl.gc.ca / Bureau 398, Édifice de la Confédération. Chambre des communes. Ottawa (Ontario) K1A 0A6 ». Bravo pour le forum !
Le bloquiste Richard Nadeau, de Gatineau, propose de réagir à ses chroniques, mais le seul moyen de le faire est par courriel.
Le site du bloquiste Serge Cardin, comté de Sherbrooke, est du type minimaliste : une page de photos avec un mot : merci ! Marcel Lussier de Brossard-La-Prairie, un autre bloquiste, a pour sa part un contenu très évocateur, compte tenu du nom de son parti : site en construction.
C’est déjà mieux que les députés libéraux Pablo Rodriguez du comté Honoré-Mercier, Marcel Proulx de Hull-Aylmer et Massimo Pacettice, Saint-Léonard-Saint-Michel, dont l’adresse du site aboutit sur ceci : This Virtual Directory does not allow contents to be listed.
Paul Martin, le député libéral de LaSalle-Émard et ex premier ministre, ne s’embarrasse pas de tenir un site bilingue. Why should he ?
Steven Blaney, le député conservateur de Lévis-Bellechasse a un lien intitulé Livre de visite. On clique sur ce lien et une fenêtre s’ouvre qui nous invite à donner nos coordonnées complètes. C’est pour le Service des renseignements canadiens ?
Le prix citron des sites Web de députés fédéraux va à la députée bloquiste de Laval, Nicole Demers.
Y aurait-il une lueur d’espoir du côté de Québec ? C’est ce que nous saurons dans un prochain article.
/BOUCLE_video>Excellent article que celui-ci monsieur Monette.
Quelle belle preuve de l’éloignement de nos députés face à une réalité qui visiblement les dépasse...
Merci pour cet article !
Ex-premier ministre du Canada, député d’un comté du Québec où la majorité des électeurs parle le français, membre d’un parti qui tente désespérément de refaire son image au Québec, que faut-il de plus à Paul Martin pour que ce politicien respecte la seule langue officielle de la province où il s’est fait élire ?
Un site web unilingue anglais au Québec n’a pas sa raison d’être, encore moins lorsqu’il émane du bureau d’un politicien. Merci d’avoir relevé cette abération que je n’hésiterai pas à qualifier de pur scandale.
J’ai lu avec intérêt votre billet. J’en conviens, il serait heureux que l’on retrouve davantage de liens avec la population tels que sont les blogues. Je crois qu’il y a là aussi une question d’avoir la possibilité de le maintenir, spécialement au début alors que le nombre de visiteurs ne semble pas toujours justifier les efforts que demande l’exercice. Mais c’est pour moi j’en conviens, un loisir autant qu’un devoir envers les citoyens. Mais je comprends celà dit les autres députés qui utilisent des voies plus traditionnelles pour communiquer avec la population. Au plaisir !
@DD : les sites unilingues anglais en Ontario ne semblent pas faire l’unanimité non plus...
Merci monsieur Taillon d’avoir pris la peine de commenter mon article. Je me permets de vous suggérer la lecture d’une excellente étude de David C. Wyld, qui dirige la Strategic e-Commerce/e-Government Initiative de l’université Southeastern Louisiana : « The Blogging Revolution : Government in the Age of Web 2.0 ». Cette étude, financée par le IBM Center for The Business of Government, montre que les réseaux sociaux et les blogues ont fait leur entrée au sein même des gouvernements aux États-Unis. Élus du Congrès, Gouverneurs, maires (y-a-t-il un maire québécois qui blogue ?), directeurs des départements de la police, etc., n’en sont pas encore à envahir Facebook ou les autres réseaux sociaux, comme il l’écrit, mais ils sont de plus en plus nombreux à utiliser les blogues pour rejoindre le public. Wyld s’est attardé sur ceux qu’il appelle les blogoneers, ces pionniers qui tracent la route d’une nouvelle forme de relation, plus directe, avec leurs commettants.
J’en parle dans le billet suivant : « Élus et hauts fonctionnaires bloguent de plus en plus, aux États-Unis » (http://blogueurcitoyen.com/ ?p=449).
Il y a même des blogues en lien avec les travaux de commissions du Sénat.
En lisant l’étude, on se met à rêver que les commissaires qui vont se pencher sur la question des accomodements raisonnables, ou ceux qui vont mener les travaux sur l’avenir du système de santé au Québec, ouvrent des blogues... Et que dire de blogues en lien avec des travaux parlementaires.
Non seulement Wyld a-t-il fait une analyse approfondie du phénomène, mais encore y va-t-il de conseils pour les élus (et hauts fonctionnaires) américains qui veulent tenir un blogue afin, comme vous l’écrivez avec justesse, trouver davantage de liens avec la population. Il va s’en dire que le rapprochement avec les citoyens par Internet en est à ses balbutiements au Québec mais qu’il s’agit d’une voie à privilégier. Bravo d’être parmi les pionniers au Québec.
Bien sûr, en ce qui concerne les hauts fonctionnaires, ceux-ci doivent faire preuve d’une stricte réserve politique, mais ils retirent tout de même un grand bénéfice de leur contact direct avec les citoyens. Verrons-nous un jour de haut fonctionnaires québécois oser tenir un blogue ?
Un dernier point : il me semble que les députés devraient avoir davantage de soutien technique et professionnel de l’Assemblée nationale en ce qui concerne leur présence sur le Web. Nous ne manquons pas d’expertise de ce côté, seulement une volonté politique de soutenir les efforts des députés et de leur personnel, sans évidemment s’ingérer dans la dimension politique de leurs rapports avec leurs commettants.

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