• Nations Unies – « Les cibles canadiennes ne prévoient pas de résultats avant mes vieux jours ». Catherine Gauthier, 18 ans

    25 septembre 2007 | 2 commentaire(s) | 5 affichage(s)

    Lors de la réunion de haut niveau
    convoquée par le secrétaire général, intitulée « l’avenir entre nos mains : les changements climatiques, un défi à
    relever pour nos dirigeants
     », M. Ban Ki-Moon,
    Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé qu’il y a deux décennies, dans
    cette même salle de l’Assemblée générale, les changements climatiques étaient
    apparus pour la première fois à l’agenda mondial, grâce à un sujet proposé par
    l’île de Malte. Aujourd’hui, les leaders
    mondiaux se trouvent à nouveau réunis pour tenter de faire progresser l’agenda
    international sur les changements climatiques.

    Le sujet est aussi pertinent
    aujourd’hui qu’il l’était alors : « La
    protection du climat mondial pour les générations présentes et futures de
    l’humanité
     », a ajouté M. Ban. « Beaucoup a été fait depuis, selon lui, mais le défi fondamental demeure inchangé et
    n’a fait que gagner en urgence
     ».
    Il s’est ainsi dit convaincu que : « les changements climatiques et ce que nous faisons à cet égard,
    définiront notre ère, au bout du compte, l’héritage mondial que nous laissons
    aux générations futures
     ».

    Une jeune Québécoise de 18 ans,
    Catherine Gauthier, a par ailleurs été invitée par le Secrétaire général, Ban Ki-Moon. Catherine Gauthier est membre de l’association Environnement Jeunesse et de la Coalition de la jeunesse canadienne pour le
    climat
    . Elle s’est adressée aux dirigeants présents aux Nations Unies pour
    discuter des changements climatiques. Comme le rapporte le href="http://www.un.org/News/fr-press/docs/2007/AG10618_a.doc.htm">procès-verbal
    de cette réunion prestigieuse, Catherine Gauthier a estimé que le temps des
    excuses était révolu. Citant les récents rapports scientifiques, elle a
    expliqué que la jeunesse ne tolérerait plus des élus qu’ils ne prennent pas
    conscience de l’ampleur du problème des changements climatiques. « Il ne peut pas y avoir de petite avancée à
    Bali
     », a-t-elle poursuivi, « car
    cette conférence doit marquer un tournant
     ». Mme Gauthier a dénoncé
    ceux qui, dans certaines capitales, tentent de faire croire autre chose. «  Il
    n’y a qu’une seule voie vers un climat sûr et elle passe par Bali
     »,
    a-t-elle conclu.

    Catherine Gauthier a indiqué que
    des cibles à court, moyen et long terme étaient requises pour s’attaquer au
    réchauffement climatique. Elle a demandé aux pays industrialisés de faire
    preuve de leadership, mettant en garde contre les spécialistes des relations
    publiques qui tenteront de déguiser des compromis insuffisants en percées
    diplomatiques. Elle a rappelé aux puissants de la planète que son avenir et
    celui de ses enfants est entre leurs mains. Elle a blâmé lapidairement du haut
    de la prestigieuse tribune onusienne le manque de détermination du gouvernement
    Harper. « Les cibles canadiennes, a-t-elle
    dit devant les 80 chefs d’État, ne
    prévoient pas de résultats concrets avant mes vieux jours, ce qui est pour le
    moins absurde sachant que les scientifiques nous pressent d’agir sans plus
    tarder. Nous ne serons simplement pas en mesure [au Canada] de jouer un rôle
    constructif dans les négociations internationales tant que le plan canadien
    restera dans son état actuel
     ».

    Sourd au message de Catherine
    Gauthier, Stephen Harper n’a rien trouvé
    de mieux à faire que de se joindre à un groupe sélect qui rejette le protocole
    de Kyoto : le Canada se joindra à l’AP6. Regroupés sous l’appellation
    d’AP6, ou Partenariat Asie-Pacifique sur le développement propre et le climat,
    ce groupe a été mis sur pied l’an dernier par des ministres d’Australie, de
    Chine, de Corée du Sud, des États-Unis, de l’Inde et du Japon. Selon la href="http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5gUBfob2nsweDLQv2DS2RBakpOyFQ">Presse
    canadienne, ce Partenariat est fortement critiqué par les
    environnementalistes qui décrivent les pays membres comme des « délinquants de Kyoto ». Ces pays,
    parmi les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre de la planète,
    préfèrent une approche basée sur des cibles volontaires et sur des objectifs de
    réduction à long terme. A l’opposé, le Protocole de Kyoto comporte des cibles
    contraignantes, mais celles-ci viennent à échéance en 2012. Devant l’organisation
    des Nations Unies, M. Harper n’avait fait aucune allusion à l’intention de son
    gouvernement d’abandonner la démarche internationale pour s’allier plutôt au
    procédé des pays du Partenariat Asie-Pacifique.

    Le député néo-démocrate nouvellement
    élu au Québec, Thomas Mulcair, estime que le Canada
    est très mal placé pour tenter de se poser en leader sur la question des
    changements climatiques alors que le gouvernement Harper refuse de se plier aux
    objectifs de Kyoto. A son avis, sur la scène internationale, personne n’est
    dupe et le Canada coiffe le bonnet d’âne : « On aurait eu besoin d’un homme d’État venant
    d’un pays qui respecte le droit international pour avoir la moindre
    crédibilité, ce qui n’est pas le cas avec M. Harper 
     ».

    George W. Bush doit tenir son
    propre rassemblement des plus grands pollueurs au monde dans une semaine, à
    Washington, avec l’Union européenne et 15 autres pays. Le ministre canadien de
    l’Environnement, John Baird, y sera présent. En réponse à cette initiative, le
    président français a déclaré : « le
    défi climatique est un défi collectif et universel. Seules les Nations unies
    offrent un cadre efficace et légitime pour apporter cette réponse. Cette
    réponse sera universelle ou elle ne sera pas. Et il n’y a que les Nations unies
    qui peuvent la garantir
     ».

    Tranchant avec le discours
    canadien, le président Nicolas Sarkozy a exhorté « tous les pays
    développés et les grands pays émetteurs » à s’engager sur « l’objectif
    de réduire de 50% les émissions des gaz à effet de serre d’ici 2050 ». Le
    président français a rappelé que l’Union européenne, au nom de laquelle il
    parlait, s’était fixé « l’objectif
    ambitieux de réduire ses émissions de gaz à effet de
    serre de 20 % d’ici 2020 
     ». « La
    France a inscrit dans sa loi l’obligation de réduire ses émissions de 75% d’ici
    à 2050
     », a souligné Nicolas Sarkozy tout en rappelant que : « l’inaction ce serait se résoudre à une
    brutale diminution du PIB mondial, de l’ordre de 5 à 20 % par an, si nous
    attendons que des dégâts irréparables aient été commis
     ».

    Mais les déclarations du
    président de la France n’ont laissé personne indifférent : « Les déclarations de Nicolas Sarkozy à l’ONU
    sur le réchauffement climatique ont le mérite de la clarté. Le réchauffement
    climatique n’est qu’un enrobage et un prétexte de ses véritables intentions :
    vendre le nucléaire made in France
     », a affirmé Yann Wehrling, porte-parole des Verts. Monsieur Sarkozy avait en
    effet souligné l’importance du nucléaire dans le débat sur l’environnement :
    « Il faut en parler du nucléaire,
    comme de toutes les autres énergies renouvelables 
     ». Il a défendu « la voie d’une croissance propre et le
    choix français du nucléaire civil, une énergie peu carbonée
     ». Yann Wehrling a signifié son désaccord avec l’approche du
    président français sur ce choix énergétique qui contribuera aussi à « trouver la voie d’une croissance propre qui
    est notre première ambition
     », a dit Nicolas Sarkozy, accompagné de
    Jean-Louis Borloo : « Que le
    candidat Sarkozy ait fait des promesses au lobby nucléaire français est une
    chose. Mais le président de la République, martelant son nucléaire français à
    chacun de ses déplacements à l’étranger, est en train de dégrader l’image de la
    France en rabaissant sa fonction à celle d’agent commercial du nucléaire
     ».

    Pendant que les grands s’interrogent,
    les petits états subissent. Pendant que les grands protègent des économies
    monstrueuses, les petits états pâtissent. M. Emmanuel Mori, Président des États fédérés de Micronésie, est
    venu dire à l’Organisation des Nations Unies que : « les effets des changements climatiques
    commençaient à se faire sentir dans son pays, en citant l’élévation du niveau
    de la mer, les attaques contre la barrière de corail et les glissements de
    terrain. Les petits États insulaires en développement sont limités dans
    leurs moyens pour lutter contre les changements climatiques,
    a-t-il plaidé. Face à l’élévation du niveau de la mer, les
    habitants du littoral commencent à se déplacer vers les zones montagneuses des
    îles de son pays. La réinstallation de ces personnes a un coût
    économique, politique et social très élevé,
    a-t-il déclaré, en s’inquiétant de voir apparaître des
    réfugiés en raison des changements climatiques
     »Monsieur Mori a estimé que la
    destruction d’atolls peuplés depuis des centaines de milliers d’années serait
    une grande perte pour l’humanité, en invitant les négociateurs de Bali à garder
    cela à l’esprit. « Nous sommes
    tous responsables de la survie de cette planète 
     », a-t-il conclu, en
    estimant que les États membres ne s’étaient pas encore acquittés correctement
    de cette responsabilité.

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  • 2 commentaires

    L’environnement, c’est notre maison, notre famille, notre vie. Il est prémordiale que tous ensemble on fasse un effort et qu’on pousse nos dirigeants a agir avec de nouvelles normes très sérieuses et des projets concrets. Des statistiques doivent démontrer que le réchauffement de la planète se stabilise a cours et moyen terme et qu’il y aura un avenir pour les générations prochaines.

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    • Pierre R.

    Jules

    Vos commentaires sont pertinents. Ils devraient être lus et endossés par le plus grand nombre.

    Merci de votre visite.

    Pierre R.

     Vote: Add rating 0  Subtract rating 0   21:48, le Vendredi 7 décembre 2007

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