5 mars 2005 |
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Dans un monde où porter du Nike est mal venu, où le café sans équité se boit rarement sans un ressentiment, où conduire une américaine porte un direct préjudice à Kyoto, où le végétarisme n’a plus cette cote qui en faisait le code nourricier du tournant du siècle, où la musique pop s’apparente plus à une Beyoncé massacrant Molière comme un Américain démocratisant Bagdad à coups de balles de plomb qu’à cette époque où Springsteen faisait l’Amérique, il devient difficile de soutenir le facile, le prêt à jeter.
Pourtant, il est des fois où ce prêt à jeter s’appelle végétarien, s’appelle environnement, s’appelle la paix, s’appelle social-démocratie et qu’il soit tout de même difficile à afficher. C’est la cas du pauvre Moby, si gentil inoffensif Disc Jockey du grand New York, devenu grandiosement riche en vendant de la porcelaine accessible à tout un peuple, et maintenant honni d’un milieu musical snobant ce sans talent brut survenant du firmament musical mondial.
En cette année de démocratisation, où cette ignominie venue du fondamentalisme vicieux de Washington pollue la planète en nous faisant haïr ce à quoi on croyait, le petit chauve souriant de ce pays devenu anti-modèle délivre à la population mondiale un disque d’une gratuité déconcertante.
Deuxième machination depuis le fameux Play qui fit tourner la planète durant trop d’années, l’Hôtel de Moby est un immense édifice fait de tout ce qui a de plus honnêtes et fréquents matériaux. Tout comme ses anciennes fortunes, Moby entame et complète son plus bel événement par de nombreuses pistes qui restent en tête, comme Porcelain a eu la bonne idée de le faire.
Ce n’est pas un coup de génie, car cela reste dans l’engrenage de Moby, mais c’est tout de même un coup de chapeau, en plein dans le mille, qui rebâtit avec fierté le malheureux 18 qui fit tomber l’étoile filante du jeune homme chauve qui n’en veut pas plus que ce qu’il en demande. À travers toute cette pression épuisante, il demeure que Moby, bien qu’il soit gênant de le dire, reste une valeur certaine pour ceux et celles qui recherchent un tout petit peu de sourire d’ambiance.
Le Moby, il a sûrement fait plus d’argent avec ses pubs de char qu’avec ses shows plutôt plats…
C’est vrai que cet album est pas mauvais, mais on se tanne assez vite. Je ne suis pas encore prêt à le jeter, mais ça ne devrait pas tarder !
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