23 septembre 2008 |
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Fait très significatif : madame Céline Dion s’est prononcée en faveur de Barack Obama. Elle n’a pas cru bon de se prononcer sur les compressions budgétaires canadiennes à l’encontre des artistes. Autre pays, autres mœurs. Dans leur style qui leur sied si bien, Céline et René pensent tous les deux que l’image des États-Unis serait meilleure avec Barack Obama qu’avec le républicain John McCain. René Angélil dit que si McCain est un homme bon, Barack Obama est davantage un gage de paix.
Monsieur Angelil a confié au Journal de Montréal que : « On pense qu’au niveau international, Barack Obama donnerait une meilleure image des États-Unis et de l’Amérique ». Le couple Dion-Angélil possède deux propriétés aux États-Unis, en Floride et à Las Vegas, mais ne peut y voter, n’ayant pas la nationalité américaine.
Pourquoi madame Dion se montrerait-elle préoccupée par les compressions budgétaires qui affectent l’ensemble de la colonie artistique canadienne et québécoise ? Comme ce témoignage d’Anne Dorval à Tout le monde en parle : « Les gens s’imaginent qu’on roule sur l’or, qu’on est millionnaires ! Je suis une actrice choyée, j’ai la chance de travailler beaucoup. Mais ma réalité à moi, c’est que j’ai terminé de tourner Les Parents en août. Je n’ai pas de revenus avant le mois de mai prochain, quand on recommencera le tournage ». Madame Dion sait-elle que les artistes organisent aussi un concert anti-Harper mardi soir au club Soda ?
Intervenir dans la politique américaine, c’est bien. Ignorer la politique culturelle canadienne, c’est mieux. Madame Dion confiait à Denise Bombardier : « J’ai emprunté des mots, j’ai écouté beaucoup les autres, je n’ai pas fait d’études, ça m’a nuit beaucoup, parce que, sans prétention, je pense que je suis une femme très intelligente ». Pourtant, dans tous ces mots, aucun n’est adressé à la colonie artistique canadienne qui vit des heures bien sombres avec les conservateurs. Nous aurions aimé que l’intelligence de madame Dion soit mise également au service d’une cause importante au Canada et au Québec : l’avenir des arts.
Madame Dion connaît-elle Josée Verner ? J’en doute. Un simple appel ou un simple rappel aurait été bienvenu. Deux femmes intelligentes auraient eu le mérite de passer en revue les grandes et les petites misères des artistes. Dans une entrevue au quotidien Le Soleil, madame Verner insiste pour dire que les artistes, sans être gâtés, ne sont pas maltraités. Il ne manquerait plus que cela. Pour la ministre du patrimoine, le gouvernement a agi selon les intérêts des citoyens, et que d’avoir sabré 45 millions dans le financement de la culture montre bien que les impôts sont gérés de façon responsable.
Bon, il est difficile de reprocher à madame Verner de ne pas posséder des leçons d’économie de base. Comme le rappelle très justement Yvan Gauthier, président-directeur général du Conseil des arts et des lettres du Québec, dans le quotidien Le Devoir : « Chaque dollar d’aide publique accordé engendre plus de 3 $ principalement en vente de spectacles et de coproductions. Concrètement, pour l’année 2005-2006, le soutien public total de 3,2 millions de dollars accordé aux organismes en arts de la scène pour 101 projets de tournées à l’extérieur du Québec a généré des revenus de 9,5 millions ». Résumons. Trois millions d’investissements, 9 millions de revenus. Un dollar d’investi pour trois dollars de revenus. L’ensemble des activités de ces organismes a rejoint 417 673 spectateurs à l’étranger.
Les conservateurs préfèrent les bouffonneries du ministre de la santé, Tony Clement, à l’étranger ou des blagues inqualifiables du ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, aux représentations des artistes canadiens à l’étranger. Pour rappel, Tony Clement avait préféré rester à Denver pour le congrès du Parti républicain américain plutôt que de revenir au Canada pour gérer la crise sanitaire face à l’épidémie de listériose.
Pour madame Verner, les impôts sont gérés de façon responsable. J’en doute. Plutôt que de créer un programme national de garderies, son gouvernement a opté pour des prestations mensuelles aux parents pour les aider à élever leurs enfants à la maison. Son gouvernement veut aussi annuler les crédits d’impôt aux films jugés offensants et la décriminalisation de la marijuana a été reléguée aux oubliettes. Son collègue, ministre de la Santé, s’est pourfendu d’une déclaration selon laquelle les sites d’injection supervisée pour les toxicomanes soulevaient des questions d’éthique, déclaration appuyée par la droite religieuse pour qui les valeurs morales doivent faire partie du débat public.
Madame Céline Dion prend le temps d’appuyer Barack Obama, là où elle n’a pas le droit de vote, et ignore le débat sur les arts au Canada, là où elle a droit de vote. Madame Dion n’a aucune opinion sur cette déclaration de Stéphane Dion : « La communauté artistique et culturelle diversifiée du Canada joue un rôle important pour notre identité nationale » ? Madame Dion n’a aucun avis sur cette proposition libérale, formulée en période électorale, suivant laquelle un gouvernement libéral améliorerait les programmes de promotion internationale des arts, qui augmentent la visibilité du Canada dans le monde, grâce à un financement supplémentaire de 26 millions de dollars sur quatre ans, tout en relevant de 16 millions de dollars, en quatre ans également, le budget du Programme d’aide aux musées ?
Comme l’indique Cyberpresse, de 2007-2008 à 2008-2009, la proportion du financement de Patrimoine Canada aux « expériences culturelles » passera ainsi de 57 à 54,6%. L’argent de ces compressions, 45 millions de dollars, est réaffecté à des éléments comme le relais de la flamme olympique (49 millions en deux ans), le soutien aux athlètes pour les Jeux d’été (24 millions) et le Plan d’action sur les langues officielles (24,7 millions).
Madame Dion qui est intervenue de manière exemplaire lors de la catastrophe de Katrina n’a rien à dire sur le désastre financier appréhendé des arts canadiens. Elle n’a aucune opinion sur l’option que privilégie le Premier ministre du Québec : il ne réclame rien de moins qu’une entente qui garantirait au Québec l’entière gestion des fonds fédéraux destinés à la culture et aux communications. « Ce que je veux c’est de la maîtrise d’œuvre, je ne veux pas qu’on donne l’impression qu’on en vient à un débat constitutionnel. Mais la maîtrise d’œuvre en pratique ça veut dire que le Québec est celui qui décide des orientations et qu’on met en place des programmes qui reflètent ce que nous sommes », a déclaré le Premier ministre.
Comme l’indique Jean Charest : « Il faut reconnaître les moments dans notre vie et dans la vie de la nation québécoise où un enjeu comme celui là doit être mis sur la table ». Qu’en pense Céline Dion, une artiste canadienne qui rayonne partout dans le monde et qui a pris le temps d’appuyer la candidature de Barack Obama ?
Je ne comprend pas cet acharnement sur Céline Dion..
En quoi sa position sur les coupures budgétaires aurait changée la situation ?
Est-ce que quelqu’un lui a posé la question sur ce sujet ? Qui d’ailleurs est beaucoup plus pointilleux et complexe que d’appuyer un candidat de façon générale.
De plus, dans l’entrevue avec Mme Bombardier, qui date du mois de juillet, la “crise” sur les coupures budgétaires n’était pas exposée dans les médias, alors pourquoi celle-ci aurait-elle parler d’un sujet aussi moche dans une entrevue portant sur sa vie et sa carrière ???
Cet article est d’un ridicule et ne sert à rien… Céline Dion est une chanteuse, pas une entité politique. Elle n’est pas chasseuse d’Harper(s) et ne nous en délivra pas..
Adressez-vous aux électeurs, eux seuls pourront faire la différence…
Michaël Bédard
Michael
Merci de votre commentaire. En quoi la position de madame Dion sur les candidats américains peut faire évoluer la situation ? Pourtant, madame Dion et son gérant n’ont pas hésité à faire connaître leur choix.
Pierre R. Chantelois
Aucun rapport,
La question avait été posée dans une entrevue, et ils y ont répondue.
Ils n’ont pas annoncé de conférence de presse annonçant leur appui à Monsieur Obama…
Posez la question sur les coupures budgétaires à monsieur Angélil et à madame Dion et ils vous répondront comme ils ont fait pour le journaliste américain portant sur le candidat qu’il appuyait.
Votre article est très mal fondé…
“Mais ignore les artistes d’ici”
Qu’est-ce que vous en savez ?
Vous vous fondez sur une seule réponse dans une entrevue pour fonder un article comme celui-là ?
Si je résume bien votre pensé vous dites que :
“Puisque Céline Dion a dit appuyer Barack Obama lors d’une question pendant une entrevue elle ignore donc les artistes d’ici et se fou des problèmes relatifs à la culture québécoise”….
Il est très fallacieux votre article…
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