Qu’est-ce que le Temps, finalement ? « Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne sais plus." Cette célèbre phrase de Saint-Augustin illustre à quel point le temps peut être difficile à définir.
Nous pouvons le mesurer, mais pas l’observer en le mettant à distance car il nous affecte sans cesse. Nous sommes inexorablement dans le temps. Ne vous en faites pas, même les physiciens n’arrivent pas à en préciser clairement la nature. Et pourtant, il nous occupe l’esprit (et l’agenda…) à chaque jour, à chaque heure pour certains d’entre nous.
Avez-vous remarqué comment le temps se déroule lentement lorsqu’on s’ennuie alors qu’il file à pleine vitesse lorsque nous sommes absorbés par une activité agréable ? Si l’on ne peut clairement définir le temps qui passe, nous arrivons à en mesurer la durée. Du moins, la montre, l’horloge et tous les bidules de l’industrie technologique nous donnent l’impression d’y parvenir.
L’origine de la mesure du temps remonte à l’Égypte ancienne - environ 4 000 ans av. J.C. Grâce à l’observation des crues régulières du Nil, les lettrés de l’époque ont d’abord mis au point un calendrier agricole de douze mois de trente jours. Il faudra attendre 1500 av. J.-C. pour que ces mêmes Égyptiens divisent en douze parties égales le secteur parcouru par l’ombre portée sur le sol par un gnomon, bientôt remplacé par une horloge à eau, lorsqu’il s’agissait de compter les heures nocturnes. Ces horloges à eau, appelées par les Grecs « clepsydres », se sont répandues dès lors dans le monde dit civilisé. Ainsi, elles constituent la première ouverture vers des instruments mécanisés permettant le suivi régulier de l’écoulement des heures.
Plus tard, en 1641, Galilée dessina un projet d’horloge mais ce sont Christiaan Huygens et Salomon Coster qui construisirent la première horloge à pendule en 1657. Quant aux premières montres portables, elles datent du début du XVIe siècle, lorsque les artisans horlogers se mirent à réaliser des réductions d’horloges de table devenues transportables grâce à l’invention du ressort. Certains historiens affirment que l’intérêt de posséder une horloge mobile aurait débuté avec les riches marchands de la Renaissance qui souhaitaient connaître l’heure dans la "voiture" qui leur tenait lieu de bureau. La montre de carrosse naquit de ce besoin. La montre pendentif, puis la montre de poche, en sont la réduction.
Saviez-vous que les horloges, lorsqu’elles ont été inventées ne donnaient pas toutes la même heure parce que les ressorts qu’elles contenaient n’avaient pas tous le même niveau de tension ? Les secondes étaient plus courtes sur certaines et plus longues sur d’autres. Par la suite, heureusement, des références à suivre ont été établies pour qu’une seconde soit la même pour tout le monde. Un voltmètre, par exemple, mesure une différence de potentiel électrique entre deux points, mais une horloge ça ne mesure rien. Alors, on a choisi de mettre 60 secondes dans une minute alors qu’on aurait tout aussi bien pu en mettre 20, 40 ou 100.
Si vous portez une montre – car il existe encore des affranchis – combien de fois y jetez-vous un coup d’œil dans la journée ? Observez le phénomène, demain par exemple ; vous risquez d’être surpris.
Il faut dire que dans notre société de consommation on « pousse » sur le temps qui passe. Les modèles de voitures sont annoncés plus d’un an d’avance et, dans les grands magasins, on parle du retour en classe dès le 1er juillet !
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