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    Maman est chez le coiffeur

    le 7 mai 2008 | 112 visites | 4.00 / 5 | 0 commentaire(s)

    Cet article de Patricia Roy est gracieusement offert par Sep7. La version originale a été publiée à cet endroit.

    Maman est chez le coiffeur
    La folie des années 60

    Maman est chez le coiffeur, un film de Léa Pool avec Marianne Fortier, Céline Bonnier, Laurent Lucas, Gabriel Arcand et Hugo St-Onge-Paquin, Québec, 99 min.

    Été 1966. Le moment tant attendu des écoliers a enfin sonné. C’est au son du hit de Pierre Lalonde C’est le temps des vacances, que les jeunes enfourchent leur bicyclette et envahissent les rues du quartier afin de se récompenser pour ces longs mois passés sur les bancs d’école. Malgré l’espoir que suscite la période estivale, l’été 66 sera lourd de sens pour Élise et les membres de sa famille. La séparation subite de ses parents, le départ de sa mère pour Londres, les troubles de comportements de son petit frère... Tous ces éléments contribueront à lui faire prendre conscience que l’enfance est derrière elle et qu’elle doit maintenant faire le grand saut dans l’adolescence.

    Extrêmement solide, Maman est chez le coiffeur est une œuvre affirmée à travers laquelle les 30 années de métier de Léa Pool se font bien sentir. Un rythme vivant, des images colorées, un montage énergique… Tous les éléments filmiques de cette production traduisent merveilleusement la préadolescence ; période cruciale qu’entament Élise et ses copains. Le film constitue une véritable réussite en ce sens qu’il garde le spectateur intéressé tout au long de la projection, et ce, malgré la lenteur avec laquelle s’installe l’action. L’insistance avec laquelle on nous martèle les oreilles avec les hits musicaux de l’époque peut également représenter un léger dérangement, mais ces petites incartades se font facilement pardonner vu l’enchantement que suscite le produit final.

    Il faut dire que Pool avait un bon point d’appui avec ce scénario d’Isabelle Hébert. La scénariste a su mettre l’enfance sous les feux de la rampe en attirant l’attention sur leur force intérieure. De répliques sombres à d’autres plus cocasses, Hébert dépeint l’univers des enfants et des préados avec un amour et un respect évident.

    Un autre des nombreux points positifs de cette production est le travail accompli par le département de la direction artistique. Les costumes, les accessoires, les décors… Tout colle. Sans jamais voler la vedette, ces détails contribuent à accentuer l’effet d’entraînement provoqué par le film et nous gardent en haleine durant 99 minutes, et ce, pour notre plus grand plaisir.

    Malgré toutes les fleurs qui viennent d’être lancées à la production dans les lignes précédentes, le bouquet ne saurait être complété sans l’extraordinaire apport des comédiens. Coup de foudre sans borne pour cette nouvelle venue qu’est Marianne Fortier (Élise). Bien que nous l’ayons découvert dans le rôle d’Aurore (du film éponyme de Luc Dionne), le rôle qu’elle tient dans Maman est chez les coiffeur la propulsera sans l’ombre d’un doute au titre d’enfant chérie du Québec. D’une subtilité et d’une maturité presque inquiétante pour une si jeune fille, elle rayonne dans ce rôle complexe qui aurait pu occasionner bien des cafouillages pour une si jeune comédienne. À cela s’ajoutent les performances sans tache de la toujours merveilleuse Céline Bonnier et de l’excellent Laurent Lucas. Considérés comme des valeurs sûres, ces deux comédiens ont su ajouter de la force au film tout en laissant la place qui leur revenait aux jeunes comédiens de la distribution. Dernière mention, celle de Hugo St-Onge-Paquin dans le rôle de Benoît, le petit frère « particulier » d’Élise. Mais comment donc un si petit être peut livrer une performance aussi solide ? Si Mme Pool a su l’encadrer adéquatement, ce garçon fait montre d’un naturel rarissime pour un bout de choux.

    Maman est chez le coiffeur est un film qui en plus de vous faire rire, pleurer et de vous rendre nostalgique, vous fera passer un merveilleux moment. De plus, ce film a la qualité de s’adresser à un très large public. De ceux ayant véritablement vécu leur enfance dans les années 60 aux jeunes d’aujourd’hui, tous y trouveront leur compte.

    Mots-clés : québec , affilié et Cinéma

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