Il y a toujours un certain malaise à écrire à propos des maladies mentales, pire, du suicide. Tout en souhaitant rester ouvert et réceptif, l’effet tabou demeure. Telle est la situation, en 2008, même si l’on estime qu’une personne sur six sera touchée par un trouble mental, que ce soit un épisode ou un diagnostic inguérissable.
Ces statistiques augmentent-elles avec les années, l’industrialisation, ou encore la société de consommation ? C’est très difficile à déterminer. S’il en est ainsi, c’est qu’il n’existe pas énormément de compilations de cas ou de recherches nous permettant d’évaluer les fluctuations du nombre de personnes atteintes d’une maladie mentale. Enfin, jusqu’à récemment.
Néanmoins, on ne peut nier le caractère génétique de la grande majorité de ces maladies. En effet, on rapporte qu’à toutes les étapes du développement du Québec, certains indices de notre passé indiquent assez clairement la présence de plusieurs maux de l’âme. Ces indices, on les retrouve à la fois dans les correspondances entre la colonie française et la métropole, dans le courrier que s’envoyaient entre eux les religieux, ainsi qu’à l’intérieur d’anciens livres de ‘médecine’.
D’entrée de jeu, si l’on retourne au tout début de la colonisation française au Canada, on constate que l’on connaissait déjà ces maladies et que certaines techniques étaient utilisées afin de tenter de les contrer. À ce sujet, les Jésuites pouvaient poser trois diagnostics différents, soit la possession du diable, la punition de Dieu ou encore la maladie naturelle. Toutefois, peu importe le diagnostic, le traitement demeurait passablement le même : l’exorcisme.
On rapporte également que jusque vers la fin du XIXe siècle, on pratiquait des techniques médicales extraites du Moyen-âge, notamment celles qui consistaient à enchaîner les malades en tout temps. À cette même époque, toujours chez les Canadiens français, les dirigeants des asiles de confession catholiques croyaient fermement que c’était par la prière, le renoncement et un certain dévouement obscur que l’on arriverait à sauver les pauvres âmes. On percevait aussi les maladies mentales comme étant partie prenante du destin d’un individu, partie qui annonçait l’absolue finalité.
Puis, vient le XXe siècle, les deux guerres européennes, l’ouverture sur le monde et l’ouverture sur soi-même. Mais encore, dans le Québec des années 1960, c’est le clergé, par l’entremise des congrégations religieuses qui ont le contrôle sur presque tous les asiles. Bien que certains soulignent l’humanitarisme et le dévouement des religieux à l’égard des malades, d’autres parlent plutôt de fausse prétention à la médecine et de pratiques douteuses.
En fait, c’est à partir de la seconde moitié du XXe siècle que l’on s’est mis à mieux comprendre en quoi consistaient les différentes maladies mentales. Peu à peu, l’euphorie s’est divisée en manie, en schizophrénie et en psychose. Puis, on arriva, avec le développement de la science moderne, à formuler des médicaments capables de contrôler les symptômes et les états maladifs. Vous pourrez en dire ce que vous voudrez, mais le système de santé publique du Québec a su développer des programmes d’aide efficaces pour venir apporter un soutien considérable aux personnes atteintes.
Alors pourquoi, à une époque où la science peut pratiquement tout expliquer, entendons-nous encore tous ces préjugés à propos de la dépression, des troubles anxieux, de la maniacodépression, de la schizophrénie, des troubles alimentaires, des troubles obsessionnels compulsifs et du stress post-traumatique ? On sait que l’on guérit rarement une maladie mentale, mais il est possible de la traiter efficacement en agençant intelligemment médicaments, activités physiques et mode de vie sain. Le congé de maladie de votre collègue de travail dépressif ne devrait-il pas être perçu au même niveau que celui de votre autre collègue qui souffre d’une maladie intestinale ?
Quelques sites intéressant :
Fondation des maladies mentale
Association canadienne pour la santé mentale
Rapport sur les maladies mentales au Canada
/BOUCLE_video>C’est pas bien pour un malade "mental "de lire rien que le titre :cela retarderait sa guérison et puis il n’ya plus de malades mentaux :il y a des patients.

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.
À propos de Cent papiers | Tous droits réservés, Cent Papiers 2006-2007 | Roule sous Spip 1.9.2b | Design: Olivier Niquet | Écrivez-nous !