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Mi-juillet, 4 hommes présentés devant la Woolwich Crown Court, Muktar Said Ibrahim, Yassin Omar, Ramzi Mohammed et Hussain Osman, ont été jugés coupables de complot en vue de commettre des meurtres lors de l’attaque terroriste manquée du 21 juillet 2005 à Londres. Si ce verdict est évidemment clair et sans appel, comment expliquer que les Britanniques apparaissent très laxistes dans la lutte contre le terrorisme ?
C’est ce que semble en effet penser le Secrétaire général d’Interpol, Ronald K. Noble, dans une lettre ouverte publiée sur le site internet de l’organisation internationale, interpol.int.
Dans cette lettre, il explique que la Grande-Bretagne ne consulte pas systématiquement la base de données d’Interpol lors de la vérification des passeports de visiteurs étrangers par les officiers d’immigration. Une base de données qui fournit pourtant des détails sur plus de sept millions de passeports perdus ou volés (seuls 17 des 186 pays membres d’Interpol effectue actuellement cette vérification). Ce qui induit un risque accru de laisser entrer dans le pays des terroristes ne figurant pas dans la liste noire britannique.
Noble accuse également Londres de ne pas partager ses renseignements sur les terroristes avec les autres pays, ni avec Interpol. Dans une interview publiée ce week-end, le Premier ministre Gordon Brown, a jugé nécessaire que les renseignements obtenus par un pays sur le recrutement des terroristes soient communiqués à d’autres pays. Ce que le secrétaire général d’Interpol reproche précisément à la Grande-Bretagne de ne pas avoir fait, ajoutant qu’elle : « risque de laisser lui échapper une piste importante ; un pays consultant Interpol n’obtiendrait pas de renseignements, ou incomplets ; et les individus inscrits sur la liste de terroristes présumés du Royaume-Uni pourraient planifier et perpétrer d’autres attentats terroristes. »
Il semblerait que la Grande-Bretagne partage bien ses renseignements, mais avec les Etats-Unis. La « special relationship » (la relation spéciale) entre les deux pays, imposerait que les Britanniques ne puissent partager ses informations avec aucun autre pays, même européen !
Le Home Office (ministère de l’Intérieur) a quant-à lui assuré que la Grande-Bretagne coopérait étroitement avec Interpol et que ses services consultaient activement les bases de données de l’organisation. Même Jacqui Smith, la nouvelle ministre de l’Intérieur britannique, a affirmé que tous les terroristes suspects fichés par Interpol figuraient sur les listes d’alerte des autorités britanniques.
Ronald K. Noble n’en démord pas. Selon lui, « les efforts du Royaume-Uni contre le terrorisme ne se situent pas dans le bon siècle. » Des propos plutôt embarrassant pour les autorités britanniques alors même qu’elles enquêtent sur les attentats ratés de la fin juin à Londres et Glasgow. « Et pour moi, cibler ou discriminer les immigrants ou les docteurs nés à l’étranger n’aura aucun impact significatif sur la diminution de la menace terroriste globale », ajoute t-il, se référant aux appels de certains à revoir la politique d’entrée des migrants dans le pays.
Quant-aux services du ministère des Affaires étrangères, ils ont transféré le 27 février dernier la responsabilité des vérifications de sécurité pour les futurs migrants de certains pays, comme le Pakistan ou l’Inde, à une société privée basée à Mumbai, en Inde, VFS Global Ltd. Tous ses employés sont locaux et ont même la tâche « sensible » de prendre les empreintes digitales des demandeurs de visa et les enregistrer électroniquement. Ce à quoi Liam Clifford de globalvisas.com, une compagnie d’expertise, affirme que « lorsque vous donner ce genre de travail à des sociétés privées à l’étranger, vous n’avez certainement plus la même protection. »
Note de l’auteur - Ronald Kenneth Noble a été élu Secrétaire général d’Interpol en 2000 et réélu en 2005. Il est aussi Professeur de Droit à la New York University School of Law.
POST-SCRIPTUM : Article tiré de l’EditoBlog de J.N. PAQUET : www.jnpaquet.fr

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