3 octobre 2008 |
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A Paris, les chiffonniers ont précédé les marchés aux puces et les vide-greniers
Les marchés aux puces parisiens sont en quelque sorte l’ancêtre sédentarisé des vide-greniers. Les chiffonniers et brocanteurs vendaient jusque vers la fin du 19ème siècle leurs objets et matériaux de récupération en divers endroits de Paris. En 1885, alors que Paris se modernise très vite, ils sont chassés du centre de la Capitale et poursuivent leur commerce à la périphérie de la ville. C’est ainsi que nos marchés aux puces actuels se sont installés aux portes de Paris. Les chiffonniers se regroupent à la limite de Paris sur la commune de Saint Ouen pour vendre leur bric-à-brac dans un environnement mal famé et boueux. Le marché aux puces de Saint Ouen est né. Les guinguettes et les premières structures en dur suivront bientôt, donnant au lieu un caractère populaire irremplaçable, et en même temps mieux ordonné.
Paris, la Tour Eiffel, Montmartre…et ses marchés aux puces
Le paysage de la brocante parisienne ne se réduit pas aux puces de Saint Ouen, également appelées puces de Clignancourt. D’autres marchés aux puces, chacun avec un style et un caractère propre, viennent apporter de la diversité aux chineurs amateurs et professionnels : le marché aux puces de la Porte de Montreuil, celui de la porte de Vanves, et des petits marchés aux puces moins connus comme celui de la place d’Aligre qui a lieu tous les jours sauf le lundi. Chacun de ces marchés ont suivi une route différente, le marché aux puces de la porte de Montreuil par exemple n’offrant plus que quelques rares étals de brocanteurs au milieu de stands vendant de la marchandise neuve sans grand intérêt. Ce marché conserve ses aficionados qui continuent à faire des affaires malgré la raréfaction des vrais brocanteurs. Le marché de Vanves, avec son ambiance conviviale et chaleureuse, se démarque aussi de ses cousins de Saint Ouen et de Montreuil. Quant au marché de Saint Ouen, il est composé de plusieurs parties distinctes qui ne se mélangent pas : les antiquaires sont situés en retrait par rapport au périphérique, dans des allées tranquilles et cloisonnées qui sont visitées par une clientèle plutôt bourgeoise. Les commerces installés le long du périphérique, vendant d’ailleurs souvent des vêtements neufs, attirent quant à eux une population parfois turbulente venue des quartiers populaires de Seine-Saint-Denis. Une promenade aux puces de Saint Ouen garde ce parfum de danger que ces puces avaient à leur origine. En tout état de cause, la brocante parisienne est le détour obligé des touristes, comme la descente des Champs-Elysées ou la ballade en bateau mouche.
Les vide-greniers viennent concurrencer les marchés aux puces de Paris
Le phénomène des vide-greniers qui a conquis les campagnes et les villages de France ne pouvait pas passer à coté de Paris : désormais il ne se passe pas un weekend sans que les déballages de vieux objets ne viennent animer plusieurs quartiers de Paris. Le site dédié aux vide-greniers recense ainsi tous ces petits marchés aux puces improvisés et il n’est pas rare que Paris soit le théâtre de 10 brocantes le même jour. Et paradoxalement, ces marchés aux puces d’un jour que sont les vide-greniers redonnent vie à cet esprit de la brocante qui plait tant à toutes les générations. La brocante a encore de beaux jours devant elle et les chiffonniers d’antan auraient été heureux de savoir que leur tradition est solidement ancrée dans la France du 21ème siècle.
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