3 juin 2006 |
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Offert en amuse-gueule anniversaire, le dernier livre de Maxime-Olivier Moutier faisait du va-et-viens entre la table de chevet et la causeuse de Bélinda depuis quelques semaines déjà. Faisant l’éloge du quotidien, Les trois modes de conservation des viandes raconte de façon doucement originale le banal de l’existence en y ajoutant adroitement une touche d’exotisme dans la forme qu’il donne à son propos. Jouant dans les voix narratives et nous emmêlant un peu l’esprit en nous interpelant parfois directement, d’autres fois moins, l’auteur nous offre un roman lentement attachant. Dire que l’amour de sa vie de père et d’amant enrobe son récit d’un aura de tranquille bonheur serait sans doute simpliste, mais quand on le termine comme ça, un samedi matin pluvieux, on a presque le goût, nous aussi, d’avoir une fournaise que Chiri pourra prendre d’assaut…
« Ma femme dans ses équipements de femme, éparpillés partout ailleurs que là où ils devraient se trouver, déplacés : dans le salon, la salle de bain, le frigidaire, la voiture, le coffre de la voiture, la chambre, le lit, les tiroirs. Des souliers partout, des élastiques pour attacher les cheveux partout, des bobépines, des bas collants, des papiers, le bottin de téléphone n’importe où, sauf à sa placce. Cent mille milliards de petites traces, l’ubiquité de ma femme dans ma vie, ma maison, ma voiture et mon frigidaire. »
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