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    Les sans-culottes ou la dérive conformiste de l’hypersexualisation

    le 12 juillet 2007 | 5290 visites | 3.13 / 5 | 2 commentaire(s)
    Les sans-culottes ou la dérive conformiste de l'hypersexualisation
    photo : don jambo

    Un phénomène semble prendre de plus en plus d’ampleur : les sorties sans petite culotte, tant chez les hommes que chez les femmes. Cette manière d’aborder la sexualité n’a rien de nouveau, mais la généralisation de cette façon d’agir et d’être, à la suite des vedettes d’Hollywood, dessine cette nouvelle tendance. Plusieurs qualifient ces « freeballers » et « freebuffers » de personnes libérées, mais est-ce vraiment le cas ?

    En effet, si dans les années soixante la libération sexuelle semblait correspondre avec une émancipation plus générale de la population, le constat est différent aujourd’hui. Les sans-culottes (à ne pas confondre évidemment avec les révolutionnaires français) n’ont pas la moindre revendication politique et leur action en est surtout une d’affirmation individuelle, la participation à une sorte de nouvelle mode vestimentaire devant, supposément, affirmer la différence de celui ou celle qui y participe.

    Bref, en ce sens, ce mouvement n’est pas différent de celui des tatouages dans le bas du dos chez les filles, ou sur l’avant-bras chez les hommes, ou des piercings dans la langue ou dans le nez : d’un processus d’individualisation, au début, il y a eu dérive vers une uniformisation, voire un conformisme. De gens qui désiraient afficher leur affranchissement sexuel on est passé à un groupe quasi-homogène d’individus se conformant à cette nouvelle mode.

    Christian Ghasarian pose la question dans le dernier Diplo :

    « Une contre-culture institutionnalisée demeure-t-elle une contre-culture ? L’actuelle diversification sociale se caractérise par un mélange des genres et une difficulté récurrente à classer les actions des uns et des autres dans la norme ou la déviance, dans le conformisme ou "l’ avant-garde". »

    En somme, qui est le plus individuel : celui qui fait comme les autres soi-disant libérés ou celui qui est réellement lui-même et n’obéit à aucune mode ?

    Parallèlement, on peut se poser la question à savoir si cette hypersexualisation ne serait pas plutôt le signe d’un manque de liberté plutôt que le contraire. Aldous Huxley soulignait, dans son mythique roman « Le meilleur des mondes », que plus une société est contrôlée et totalitaire plus la liberté sexuelle y est encouragée. Cela se comprend : la sexualité libère une grande partie des tensions accumulées par des gens en manque de liberté et la canalisation de cette frustration vers le sexe ne nuit pas au pouvoir en place.

    En ce sens, l’hypersexualisation que constitue le phénomène des sans-culottes ne constitue pas une preuve d’avancée sociétale, mais plutôt le signe d’un manque de liberté et d’un conformisme triomphant instituant de nouvelles normes à respecter pour qui désire retrouver un sens d’identification collective dans une société de plus en plus désintégrée socialement.

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    Mots-clés : international , Société et Général

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  • 2 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Guillaume D

    La question est posée : L’hypersexualisation s’accorde-t-elle comme phénomène de contre-culture (dans un sens générationnel), à savoir une réponse à celle qui l’a précédée ? Est-ce encore là une émancipation sociale réelle, ou plutôt l’amenuisement des efforts féministes du XXe siècle et un retour -dans sa nouvelle configuration -à l’homme dominateur ?

    L’atomisation du sujet social -l’individualisme plus généralement- rend compte de cette perte d’autorité et de resserrement donnant ainsi lieu à ce qu’on pourrait appeler des « ’déviances ’’ outre mesure, ou des pratiques sociales hypersexualisées.

    Le recul historique nous permettra mieux de saisir ce pullulement de comportements sexualisant. Jusqu’ici ces comportements brumeux rendent difficile l’analyse à moins de se référer au livre empoussiéré de Freud, d’Adler et de C. Jung.

    12 juillet 2007 | répondre | permalien
    • martine travestie

    je ne porte pas de culotte sous mes minijupes hypercourte et j’adore, même l’hiver je suis toujours très courte avec les cuisses nues !

    28 août 2007 | répondre | permalien

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