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    Les retards de l’A380

    le 25 octobre 2007 | 279 visites | 2.98 / 5 | 0 commentaire(s)
    Les retards de l'A380
    photo : all the glory to ...

    Ce retard n’est qu’une péripétie de fabrication...

    Les articles sur le retard de 18 mois de l’A380 sont affligeants ! Ils ne méritent pas d’être lus. Bref, encore une fois, force est de constater que le monde journalistique est totalement étranger au monde industriel.

    Pour leur information rappelons qu’un grand projet c’est une prise de risque en terme de retour sur investissement, de technologie, de coûts et de planning. On ne sait pas tout à fait où l’on va, ni comment, ni avec qui, ni pour combien, ni quand on arrivera et ce que l’on gagnera. C’est ainsi. Il faut également savoir que la grande complexité de tels projets échappe en partie à l’analyse : le « système A 380 », comme tous les grands systèmes complexes n’est pas totalement observable. Il a suffi que, dans l’une des usines, ne soit pas utilisé le bon logiciel pour monter le cablage, pour que toute la chaîne de fabrication grippe. Un grain de sable au mauvais moment... Il en est de même, par exemple, pour les Navettes de la NASA : trop complexes pour être totalement maîtrisées, les Navettes enregistrent des dérapages budgétaires et des retards de lancement - sans oublier les accidents au sol et en vol. Il en est ainsi des projets innovants ; d’autres, plus classiques, – comme par exemple le Tunnel sous la Manche – prennent aussi des retards importants. Parfois on réussit le pari industriel – en terme de coût, de délais, de rentabilité etc. – comme, par exemple, ce fut le cas pour le Viaduc de Milau ou encore celui de Corinthe, sans remonter à la Tour de Monsieur Eiffel (encore que ce dernier n’ait pas anticipé les recettes d’une fréquentation centenaire !). Mais malgré ces bons exemples, il n’est pas possible d’éliminer le risque ; le facteur chance s’invite dans le système...

    L’aéronautique mérite donc mieux que ce traitement « petit bras » de la presse qui monte en épingle un retard comme en connaissent tous les grands programmes industriels. Cet avion devra voler cinquante ans ou plus ; alors que représente un retard de livraison de quelques mois ? Le surcoût qui en est résulté sera rapidement effacé si le succès commercial est là. Dans le cas contraire... c’est un nouveau Concorde qu’on aura sur les bras ! Et ce retard de 18 mois n’apparaîtra que comme une péripétie par rapport au gouffre financier abyssal qui s’ouvrirait devant l’aéronautique européenne. Mais le succès est là... c’est certain.

    Reste le cas du « délit d’initié » de quelques dirigeants. C’est un autre sujet qui n’a rien à voir avec le programme de l’A380.

    Ce billet fait suite à cette nouvelle:

    Et Boeing est peut-être dans une situation aussi difficile avec son Dreamlinair...
    Mots-clés : france et Économie

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