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    Les réalisatrices sont sous-financées au Québec

    le 31 mars 2008 | 78 visites | 2.92 / 5 | 1 commentaire(s)

    La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.

    Les réalisatrices sont sous-financées au Québec

    Réalisatrices Équitables a publié récemment une étude démontrant un sérieux problème et demande des correctifs en faveur des réalisatrices.

    Pouvez-vous nommer autant de réalisatrices que de réalisateurs de longs métrages québécois ? Non ? Cela n’a rien d’étonnant puisque les femmes réalisatrices sont nettement sous-financées au Québec, selon une étude produite pour le groupe Réalisatrices équitables. Pourtant, elles forment près de la moitié (45%) de la clientèle étudiante des principales institutions d’enseignement du cinéma et de la télévision au Québec.

    De plus en plus de femmes sortent avec un diplôme qui leur permettrait de devenir réalisatrices, sans toutefois réussir à s’imposer. En 2007, l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) comptait plus de 70% de membres masculins. Tout un écart. Il est de toute évidence plus facile de faire carrière dans ce domaine quand on est un homme.

    L’argent va surtout aux hommes

    Intitulée La Place des réalisatrices dans le financement public du cinéma et de la télévision au Québec (2002-2007) (pdf), l’étude réalisée avec l’appui de l’ARRQ), en collaboration avec l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF) de l’UQAM, démontre un biais évident en faveur des hommes.

    Les réalisateurs masculins ont la plus grosse part du gâteau du financement public. De tous les organismes publics de financement, c’est le Fonds canadien de télévision qui est le plus défavorable aux réalisatrices. De fait, plus les budgets sont élevés (Long métrage fiction, Variétés-Spectacles), plus les femmes se font rares.

    Dans le cas de la catégorie « long métrage fiction », la plus prestigieuse et convoitée de l’univers audiovisuel, l’imaginaire des femmes s’en trouve cruellement sous-représenté, font remarquer les Réalisatrices équitables.

    Une situation qui ne s’améliore guère

    Rien ne laisse présager une amélioration de la situation dans un proche avenir. Tout au contraire, la courbe de tendance indique une situation de plus en plus défavorable à l’égard des femmes.

    Dans le cas de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), la proportion des fonds accordés aux femmes diminue depuis 25 ans. Elles avaient reçu 16% des fonds accordés en 1984-85, contre 14% en 2005-2006 ! La Sodec a réagi dans un communiqué niant tout biais discriminatoire dans l’octroi des subventions.

    Radio-Canada n’est guère mieux : dans les catégories d’émissions où les budgets de production sont les plus élevés, notamment les « séries fiction » et les émissions de variétés-spectacles, les réalisatrices sont totalement absentes.

    Même les jeunes réalisatrices sont défavorisées

    La sous-représentation des femmes dans le programme Jeunes créateurs de la SODEC qui s’adresse à la relève déçoit particulièrement les Réalisatrices équitables. Avec 28% des projets féminins financés, ce programme est loin d’atteindre la proportion de femmes diplômées des principales écoles de cinéma (43 à 45%).

    Que se passe-t-il entre la sortie des écoles et l’entrée sur le marché du travail ? Prenant l’exemple plus favorable du Conseil des Arts du Canada, un organisme auquel les réalisatrices peuvent s’adresser directement pour obtenir du financement, sans producteur, distributeur, ni télédiffuseur, Réalisatrices Équitables semble avoir mis le doigt sur le bobo. Quand les critères d’évaluation sont d’abord d’ordre artistique comme c’est le cas au Conseil des arts et des lettres du Canada, les femmes réussissent nettement mieux.

    Le choc des univers ?

    L’étude constate une différence très nette entre l’univers industriel et l’univers culturel. Là où les réalisatrices doivent composer avec plusieurs intermédiaires (producteur, distributeur, télédiffuseur…) et « davantage de contraintes de nature industrielle », elles ont beaucoup plus de difficulté à s’imposer.

    Faudrait-il corriger cette discrimination systémique en favorisant davantage les réalisatrices à l’avenir ? Le groupe Réalisatrices équitables penche pour cette solution, tout en rappelant que la sous-représentation concerne aussi les minorités culturelles.

    Pour le moment, aucun programme ne prévoit de mesures concrètes ou de critères incitatifs susceptibles de favoriser une meilleure répartition du financement selon le sexe.

    Réalisatrices Équitables se décrit sur son site comme « un groupe de pression constitué d’une trentaine de réalisatrices et appuyé par plus de 140 réalisatrices ». Il a été formé au printemps 2007.

    Mots-clés : québec , Arts , Société et Télévision

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  • 1 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • Gilles

    À mon avis, la raison en est que les réalisateurs font des films qui s’adressent aux hommes et aux femmes, alors que les réalisatrices ont tendance à ne s’adresser qu’aux femmes (un peu comme les auteurs de télé-romans, d’ailleurs). Voilà. Traitez-moi de macho si ça vous fait plaisir.

    31 mars 2008 | répondre | permalien

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