La version originale de cet article a été publiée à cet endroit.
Jean Chrétien doit bien rire dans sa barbe. Le juge de la Cour fédérale, Max Teitelbaum, vient de blanchir à toute fin pratique l’ancien premier ministre libéral et son ancien chef de cabinet, Jean Pelletier, des accusations émises dans le rapport Gomery de novembre 2005 concernant le scandale des commandites.
John Gomery aurait fait preuve de partialité dans l’élaboration des conclusions du rapport de la commission. En puisant dans diverses déclarations du juge à la retraite pendant la tenue des audiences, le jugement conclut que Monsieur Chrétien et Pelletier auraient subi un traitement injuste car l’idée du président de la commission aurait été toute faite dès le départ.
Et alors ? Cela démontre-t-il qu’il ait eu tort ? Existe-t-il des preuves déniant que le programme des commandites ait été commandé par le bureau du premier ministre et que sa gestion ait été faite à la petite semaine sans contrôle externe ? Même la très intègre vérificatrice générale, Sheila Fraser, a tiré à l’époque de semblables conclusions. Ces deux personnes seraient-elles « dans le champ » à ce point ?
Information intéressante : Max. M. Teitelbaum a été nommé à la Cour Fédérale en janvier 2003 par le parlement canadien sous un mandat majoritaire du Parti Libéral du Canada avec en tête Jean Chrétien. S’agit-il d’un possible retour d’ascenseur ? Ce juge devrait se regarder dans le miroir avant d’accuser John Gomery de manque d’impartialité.
Le fait est que le système politique cherche toujours à protéger la légitimité de ses institutions. Si l’on affirmait, sans l’ombre d’un doute, qu’un premier ministre avait commis une faute grave ou une erreur de jugement flagrante, c’est tout l’édifice du pouvoir gouvernemental qui en serait ébranlé. Alors, on étouffe le plus possible les faits au risque de perdre de vue la vérité.
Malgré la loi sur l’imputabilité entérinée par les conservateurs de Stephen Harper, le même réflexe d’auto-protection de l’élite politique demeure. Les agissements concrets de ce nouveau gouvernement vont à l’encontre de cette loi votée en grande pompe pour épater la galerie à la suite du scandale des commandites. Toute l’information fédérale est contrôlée par le premier ministre conservateur en pure contradiction avec la pensée de transparence de la loi sur l’imputabilité (voir Stephen Harper, le tout-puissant).
Finalement, rien ne change, indépendamment du parti au pouvoir, car les politiciens ne sont jamais responsables de leurs erreurs ou de leur incompétence.
Cet article a paru le 28 juin 2008 dans le journal “Le Devoir”
/BOUCLE_video>...et le peuple qui dort au gaz jugea que ça ne valait pas la peine d’en faire une histoire, car après tout, ce ne sont que quelques centaines de millions de dollars volés de nos poches. Le peuple impuissant accepta le jugement de la cour comme si Dieu lui-même avait parlé et continua son petit bonhomme de chemin sans broncher. Boooon petit peuple, bon petiiiiiit peuple.
C’est pas beau d’être en colère. Crisse-toi un sourire dan’ face pis ferme ta yeule. Il n’y a rien que tu puisses faire, right ?
La justice à deux vitesse, c’est pour toi seulement mon jack ! Quand la justice ne s’applique qu’à certaines classes de gens et pas à d’autres, retourne à ton Star Académie et Loft Story. La vie est belle et les pires criminels se promènent en habit-cravate à la tête de nos institutions.
Aller, fait dodo... nous retournons au programme régulier après la pause publicitaire. Continuez de voter Conservateur et Libéral. Ils vont vous sauver....
Les électeurs canadiens ne sont jamais responsable de leur ignorance.
RÉVEILLEZ-VOUS !
Le cout total du jugement est bien supérieur à l’argent détourné dans l’affaire des commandites qui représente trois fois rien par rapport au budget fédéral accumulé sur 10 ans. L’utilisation de ce scandale des commandites a permis à un Stephen Harper de devenir 1er ministre du Canada avec les conséquences qu’on connait aujourd’hui pour entre autres la diplomatie/politique international et l’environnement. Des erreurs de gestion peuvent couter bien plus cher qu’une minuscule fraude.
Ça me fait penser aux américains qui ont voté Bush Junior 2 fois pour baisser leur impôts. Pas brillant comme résultat sur le long terme.
Paul,
Si je comprends bien, je peux aller vous voler un 100$ sans que cela ne vous dérange parce que comparé à votre budget sur 10 ans, cela est minuscule ? Vous n’appelerez même pas la police parce que des erreurs de gestion peuvent coûter bien plus cher qu’une minuscule fraude ?
$311 millions est trois fois rien ?
Le fait que Harper soit devenu 1er ministre tient au reste des provinces et non au Québec. S’il y a toujours des gens qui pensent qu’un des partis politiques va nous sauver, ça n’a rien à voir avec le scandale des commandites, c’est plutôt dû à une profonde incompréhension du système dans lequel on vit. Conservateurs, Libéraux, NPD, Bloc Québécois, tous prêts à être transformés en composte. La seule option valable que j’ai pu trouvé c’est le Parti Action Canadienne.
Si vous permettez que "nos" politiciens volent et gaspillent notre argent durement gagné, vous ouvrez la porte à tout le reste. Je suis d’accord que les frais d’enquête sont énormes. C’est une autre raison pour laquelle je suis très fâché. Tout ça pour blanchir Chrétien ? Pour moi, c’est une raison de plus pour faire la révolution. Il n’y a pas de justice, de principes, d’éthique, de liberté et de démocratie qui peuvent exister si on a un système complètement corrompu et hors de contrôle.
Si un pauvre fait de la prison pour avoir volé du pain alors que nos premiers ministres volent notre argent et nous plantent des coûteaux dans le dos sans être inquiétés de faire face à la même justice qui a mis notre pauvre ami en prison, que nous reste t-il ?
Une illusion.
François,
Si un gestionnaire expérimenté me ramène $100.000 d’économie chaque année pendant 10 ans avec de bons investissements et qu’au passage un ami à lui se prend une seule fois $100 en frais indus je vais fermer les yeux plutôt que de prendre un jeune "honnête" qui servira mal mes intérêts à moyen terme.
Je regarde le bilan. Et pas que le bilan purement financier mais aussi les services offerts et infrastructures construites.
Quel est le budget fédéral canadien par année ?
Pour 2007, 244.000 Millions de dollars. Une bonne partie sert à payer les intérêt de la dette (33.000 M$) qui a commencé d’exploser sous le gouvernement conservateur de Brian Mulroney avec pour l’année 1993 un déficit fédéral supérieur à 35.000 Millions $.
Le budget provincial du Québec : 63.000 millions pour l’année 2008-2009.
La Canada a ridiculisé les règles du jeu démocratique, s’en sort gagnant et maintenant se proclâme vierge et martyr et le tout sur le dos des aspirations du peuple fondateur qui n’a toujours pas signé la constitution du pays dont il est supposément partie prenante.
Du grand guignol !
Merci Mindfuck Inc.,la couleuvre est avalée, reste à digérer sans régurgiter...
"L’histoire de la confédération canadienne, c’est la série lamentable de nos déchéances et de nos défaites par la fausse conciliation." - Henri Bourassa
"Depuis 1763, nous n’avons plus d’Histoire, sinon celle, par réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d’autant plus facile que nous secrétons nos propres bourreaux." - Léon Dion
"Quelle sorte de violence peut-on utiliser contre l’émancipation d’un peuple ? De quelle sorte de violence peut-on user face au désir d’émancipation d’un peuple ? Les forces armées, le trucage, le vol, les dépenses électorales ? L’un des éléments fondamentaux d’une démocratie, c’est la liberté. Alors jusqu’où va-t-on aller pour bafouer la liberté des individus et d’un peuple finalement ?" - Pierre-F. Côté
"Nos efforts auront-ils été vains ? Tant de labeur et de sacrifices auront-ils été passés à profits et pertes au silence de l’Histoire ou servis de paravents à l’indifférence de citoyens sans nation, déracinés, en perte de repères, grotesques apatrides d’un monde déboussolé, sans foi ni loi, esclave du marché et de la « main invisible » qui le conduit au non-être et à l’insignifiance ?" - Yves Michaud
" Quand on a réussi à faire croire à l’esclave que ses chaînes sont disparues, il ne croit plus à la liberté." - Doris Lussier
BONNE FÊTE SALAUD !
Paul,
Je comprends bien votre exemple, mais j’ai bien peur qu’on parle ici de nos élus gouvernementaux et eux, ils sont supposés nous représenter, non nous voler. C’est une question de principe. J’avoue ici que le modèle de la mafia nous montre à quel point il est important de garder la confiance intacte. Si de l’argent disparaît, même des traces, vous risquez de vous faire tabasser. Question de principe. Non pas que je prône cette approche ( !!!), mais on devrait trouver un moyen de se faire respecter par nos "élus".
Tu me voles une fois, ma confiance est brisé. Mais si ça vient de personnes qui ont un pouvoir comme nos premiers ministres, je trouve ça franchement dérangeant. De plus, je ne sais pas pour vous, mais je n’ai pas encore reçu mon chèque de $100 000 pour retour d’investissement. Comment comparer ces deux situations ?
Maintenant, la question de la dette et des intérêts que vous avez soulevé est fort intéressante, parce qu’il s’agit là d’une autre fraude aux proportions infiniment plus grande que le scandale des commandites. Depuis que j’ai appris le fonctionnement de la Banque du Canada et comment on s’est monté une dette aussi élevée, je dois avouer que la question des commandites est des peanuts.
Au lieu d’imprimer l’argent sans intérêts que le pays a besoin pour financer ses programmes et projets, ils ont commencé à l’emprunter des banquiers privés, avec intérêts depuis à peu près le temps de Mulroney comme vous le disiez. On est passé d’une dette de $37 milliards à plus de $600 milliards en 3-4 décennies, et ce, pour rien ! On avait même pas besoin de l’emprunter en premier lieu ! Alors maintenant on doit repayer des intérêts faramineux à chaque année, ce qui est probablement la plus grosse fraude de l’histoire du Canada. On parle de centaines de milliards de dollars ! Ça c’est un scandale !!!!
Et puisque vous voulez faire la comparaison entre un investisseur et notre gouvernement, je ne suis pas trop impressionné par leur accomplissement : premier ministre qui a des intérêts dans des paradis fiscaux pour ne pas payer d’impôts au Canada (Paul Martin), un autre totalement corrumpu qui recevait des enveloppes brunes (Mulroney), un autre qui nous a volé au moins $300 M (Chrétien), sans parler de la vente aux enchères du Canada et de ses ressources, et le pétrole qu’on donne pratiquement aux compagnies pétrolières qui nous donnent 1% seulement en redevances, et j’en passe.
Nous sommes supposés être un pays extrêmement riche où les impôts aux particuliers ne sont mêmes plus nécessaires, mais on est saigné à blanc. Sans compter le PSP signé par Paul Martin et endossé par Harper qui est en train d’intégrer le Canada avec les É-U et le Mexique.
Si c’est ça un bon investisseur, je remarque qu’il est bon pour ses petits amis de la finance et des grosses corporations, mais le peuple, lui, s’appauvri de plus en plus.
Enfin, j’apprécie cet échange stimulant. À bientôt !
François,
Regardez donc le bilan global du gouvernement libéral sur 10 ans et pas juste les détails à scandale diffusés par les média de masse.
Les principes c’est bien joli encore faut il savoir les appliquer avec le bon responsable. Harper a davantage de quoi rire de son vol électoral à si bon marché. A mes yeux, la démocratie n’en ressort pas grandit.
Pour le scandale financier lié aux intérêts de la dette publique, je vous rassure, l’état français emprunte aussi aux banques privées mais avec un taux qui me semble d’après mes souvenirs un peu plus avantageux que celui du gouvernement canadien (et québécois). Ce taux devrait être identique ou presque à l’inflation vu un risque d’insolvabilité quasi-nul.

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